Ameublement. Il faut écouter Jacques Culioli et Vincent Heuraux, respectivement directeur général et responsable du développement du groupe Parisot, premier fabricant français de meubles en kit implanté à Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône), pour comprendre l’extraordinaire évolution du marché (*) de ce composant domestique indispensable de la maison.

«Le meuble patrimonial en bois massif perd de la vitesse au profit depuis une quinzaine d’années de produits plus contemporains, moins chers et distribués, le plus souvent en kit, par les réseaux de la grande distribution spécialisée : But, Conforama, Fly, Alinea, sans oublier bien sûr, Ikea», explique le directeur du développement.

Cette nouvelle donne économique influe sur les mentalités et modifie les habitudes de consommation.

Devenus des éléments de décor, qui obéissent à des modes, les meubles se renouvellent plus souvent, grâce à la possibilité de les revendre plus facilement, via des sites Internet ou des magasins spécialisés dans ce négoce.

«Il y a dix ans, nos gammes bénéficiaient d’une durée de vie de six ans, aujourd’hui de seulement trois ans et demain ce sera de deux, voire moins», précise Jacques Culioli.

Face à cette évolution, les produire implique une parfaite adaptation de l’outil industriel, en termes de productivité comme de flexibilité. «D’autant que nous multiplions les références et devons en changer plus souvent, ce qui implique de savoir fabriquer des plus petites séries, en restant compétitif», souligne Vincent Heuraux.

Un engagement très écologique

Contrôlée depuis février dernier, à hauteur de 51% de son capital, par le groupe français Windhurst Industries, la société Parisot (250 millions d’euros de chiffre d’affaires, 2500 salariés, dont 1500 en France) s’engage dans cette voie. Un programme d’une douzaine de millions d’euros d’investissement annuel pour ses trois sites français (**) améliore le parc d’équipements.

Au sein de l’usine historique de Saint-Loup-sur-Semouse, étendue sur une cinquantaine d’hectares, dont 110 000 m2 couverts, la différence se voit déjà. L’activité de perçage à plat en ligne, avec des temps infinis pour changer les mèches, deviendra bientôt un vieux souvenir. Deux nouvelles lignes jumelles à perçage vertical, en cours de montage, longues de 25 mètres et dotées de préhenseurs six axes, permettront de changer en 5 secondes jusqu’à 300 outils différents. Coût de l’opération : 1,5 million d’euros.

Pour concevoir ses meubles, Parisot dispose de sept designers intégrés et d’un bureau d’études fort de 80 ingénieurs et techniciens. Son studio photo, rénové à neuf pour 200 000 euros, lui permet de réaliser jusqu’à 500 ambiances différentes et de travailler en ligne les catalogues de ses distributeurs.

Pour se démarquer d’une concurrence étrangère très agressive, le fabricant joue également la carte du « green business ». Bois PEFC, cela va sans dire, réduction de moitié des colles, utilisation réduite de polystyrène pour caler les meubles lors de l’emballage, ingénieux système de palettisation permettant d’économiser la rotation de 1000 camions par an. «Je n’indique pas en outre que nous chauffons nos locaux au bois et que nous recyclons 95% de nos déchets», ponctue Jacques Colioli.

(*) Il s’élevait en 2010 à environ 10 milliards d’euros, en incluant le matelas. 30% de cette somme concerne le meuble meublant et 25% ceux de la cuisine et de la salle de bain.

(**) En dehors de Saint-Loup-sur-Semouse, le groupe Parisot est également présent dans la commune voisine de Corbenay, avec la Compagnie Française de Panneaux (CEP) qui lui fournit 40% de ses besoins en panneaux de particules et, à Mattaincourt (Vosges), site dédié aux meubles de cuisine et salle de bain. Il exploite par ailleurs deux usines en Roumanie, à Bucarest et Sovata, dans le nord du Pays.

Crédit photo: Groupe Parisot

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Chaise Ergonomiquedit :

    J'adore ce site.

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