Peu connu en soi, mais beaucoup plus par ses marques (Jardimat, Aluconcept, Thiebaut...), l'entreprise familiale de menuiseries extérieures devient un acteur national de poids de son secteur (550 salariés et un chiffre d'affaires supérieur à 80 millions d'€) grâce à l'acquisition en moins d'un an de deux PME réputées, en Occitanie et dans le Limousin.


Après le sud, Burgermeister met le cap à l’ouest. Ce groupe familial qui fabrique des menuiseries extérieures pour le bâtiment à partir d’usines dans l’Est de la France – dont Serre-les-Sapins (Doubs) où se trouve son siège – a bouclé, en fin d’année dernière, l’acquisition de son confrère Solisystème de 60 salariés, établi dans le Limousin à  Avanton, dont le dirigeant avait allègrement atteint l’âge de la retraite.

Cette croissance externe a suivi de seulement un an l’intégration d’un autre acteur notoire du marché, KSM Production à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Elle amène les effectifs du groupe à 550 salariés et son chiffre d’affaires à 85 millions d’euros en 2022.

Burgermeister a orienté ses visées sur ces deux sociétés, dans la mesure où elles lui ressemblent : « Elles sont ancrées dans leur territoire, fidèles à des valeurs fortes, et porteuses de marques à notoriété », observe Antoine Burgermeister, le directeur général. Ce dernier point importait beaucoup à l’acquéreur : il mise sur la solidité de la réputation de ses marques pour créer un facteur différenciant sur le marché disputé des portails, clôtures et autres éléments de fermeture.

 

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C’est sous ces « casquettes » diverses qu’il a construit son portefeuille de clientèle. Très peu connu sous sa raison sociale, Burgermeister l’est par contre à travers Jardimat, son activité de portails acquise dès 2004, Aluconcept autre rachat opéré à Dijon en 2007 (garde-corps), ou encore Thiebaut dans les Vosges, « qui a été pionnière de l’industrialisation du volet battant », rappelle Antoine Burgermeister. De même, KSM constitue une référence nationale des portails, tandis que Solisytème « est la PME qui a introduit sur le marché la pergola bioclimatique », souligne le dirigeant de sa nouvelle maison-mère. Mais cette pépite recherchait son second souffle, selon l’analyse de son repreneur… qui souhaite à présent la lui faire trouver.

 

usine
Burgermeister compte à présent six sites de production, dont Avanton (Vienne) le fief de Solisystème (ci-dessus).

 

Les capacités de production du groupe totalisent ainsi aujourd’hui 46.000 m² bâtis, répartis entre six sites : Vieux-Thann (Haut-Rhin) pour les persiennes aluminium entre autres, Dommartin-sur-Vraine (Vosges) pour les volets battants Thiebaut, Serre-les-Sapins (portails), Dijon (garde-corps au sein d’une nouvelle usine Aluconcept depuis 2016) et donc désormais Argelès-sur-Mer et Avanton (Vienne). Elles lui permettent d’apporter des solutions pour la plupart des parties extérieures d’une construction : portails, clôtures, portes de garage, pergolas, volets battants, volets coulissants, garde-corps, marquises et claustras. Essentiellement en aluminium qui représente 80 % des consommations de matières premières, complété par le bois et le PVC pour les volets d’habitations traditionnelles ou contemporaines.

« Cette palette d’offre nous aide à nous prémunir contre l’effet de la saisonnalité de certains produits. Elle est conçue à 90 % en sur-mesure et nous veillons à maintenir un approvisionnement de proximité en matière. L’ensemble de nos usines sont labellisées « Origine France Garantie », poursuit le dirigeant.

 

Aller vers l'artisan

portail coulissant
Les portails forment un socle de l'offre du groupe de 550 salariés pour un chiffre d'affaires porté à 85 millions d'€ suite aux récents rachats.


Outre l’extension de l’offre, Burgermeister a été guidé dans sa politique de croissance par l’objectif d’une diversification des canaux de distribution.
Jardimat, qui a lancé son essor, est tourné vers le négoce et la GSB (Castorama, Lapeyre, Point.P…) pour la mise en œuvre par les particuliers bricoleurs. Mais s’en tenir à cette typologie aurait privé du potentiel des professionnels, autrement dit, toute la galaxie des artisans. Approchée via les réseaux dédiés (Komilfo, La boutique du menuisier, Lorénove…), elle représente 80 % du chiffre d’affaires. Le solde provient de la prescription des maîtres d’œuvre pour la réalisation de projets pour le compte des entreprises du bâtiment.

 

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La dernière acquisition apporte, en outre, l’opportunité d’une ouverture à l’international, qui restait jusqu’alors marginale. En effet, Solisystème réalise environ un tiers de son chiffre d’affaires (total de 13,5 millions d’€) à l’export, à savoir le Bénélux, la Suisse, l’Espagne, l’Italie, un bout d’Europe centrale et même les Etats-Unis et le Canada pour les offres premium : « On trouve des pergolas venues du Poitou sur les rooftops à New York », sourit René Burgermeister, le père d’Antoine, et président du groupe.

 

Une « task force » pour cimenter les filiales

volet battant
La filiale Thiebaut installée dans les Vosges fait partie des principaux fabricants français de volets battants.


Tout en continuant à capitaliser sur les marques, Burgermeister va chercher à présent, compte tenu de la taille atteinte, à les revêtir d’un « ciment commun ». En atteste le fait d’apposer le nom du groupe, discrètement en petits caractères, au pied de celui des Volets Thiebaut et des autres marques dédiées aux professionnels. Dans ce but, le groupe renforce son équipe support, conçue comme une « task force » de 60 personnes apportant aux filiales les expertises de gestion de systèmes informatiques, digitalisation, commercialisation, gestion des ressources humaines… 

« Un point fort que nous travaillons en particulier réside dans l’interface entre le commerce et la technique qu’assure notre équipe développement. Celle-ci se situe vraiment au croisement des deux enjeux, dans un but clair : faire gagner du temps à nos clients, dont on sait qu’ils en ont de moins en moins hors de leur cœur d’activité » relève Antoine Burgermeister.

 

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Cette organisation traduit une priorité accordée à la « consolidation », après l’intense montée en puissance de la croissance externe qui vient de s’opérer : les deux acquisitions à douze mois d’intervalle succédaient à une période de cinq ans durant laquelle le périmètre du groupe n’avait pas évolué. Mais rien n’est figé, l’ « appétit » de Burgermeister pourrait être aiguisé selon les opportunités qui se présenteraient à plus ou moins court terme.  

 

Qui est Antoine Burgermeister ?

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Antoine Burgermeister a fait ses armes dans la fusion-acquisition chez Edmond de Rothschild
avant d'intégrer l'entreprise familiale en 2014.

Haut-Rhinois, le jeune dirigeant du groupe familial diplômé de l’EM Lyon, a fait ses armes dans la finance en démarrant sa carrière au sein d’Edmond de Rothschild. De ce parcours, il a notamment tiré une expérience des fusions-acquisitions précieuse pour la conduite de la politique de croissance externe du groupe, développée à partir de 2004 par son père René, qui avait exercé auparavant chez Saint-Gobain. Entré dans l’affaire familiale en 2014, le directeur général s’est attaché à constituer un équipe managériale aux profils variés, issus en partie comme lui de la finance, ainsi que du conseil aux entreprise (KPMG), du capital-investissement (Siparex), du bâtiment et de ses équipements, avec un directeur industriel ex-Somfy.

 

Photos fournies par l'entreprise.

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