La start-up Papkot à Strasbourg veut révolutionner le monde de l’emballage en éliminant les plastiques. Elle a mis au point et breveté une technologie qui confère au papier les qualités du plastique, et le rend totalement recyclable et biodégradable.
Créée en 2020 à Strasbourg, la société Papkot porte une grande ambition : remplacer tous les emballages plastiques par des emballages en papier recyclable et biodégradable. Comment ? En produisant du papier enduit d’un revêtement à base de céramique qui offre au produit les mêmes propriétés que le plastique : légèreté, imperméabilité, résistance au gras...
Tout est parti d'une sorte d'agacement. Le fondateur de Papkot, l’Italien Manuel Milliery, en a eu assez des discours qui tiennent le consommateur en partie responsable de la pollution de la planète alors que « lorsque vous allez faire vos courses en supermarché, vous n’avez pas d’autres choix que d’acheter des produits emballés dans du plastique », observe-t-il. Histoire d'enfoncer le clou, il ajoute que s’il existe aujourd’hui des emballages recyclables, 60% des habitants de la planète ignorent ce que sont les bacs de poubelle jaunes. Par conséquent, des quantités énormes de déchets se retrouvent dans les océans…
Ingénieur dans le monde automobile et diplômé de l’école de commerce Essec, Manuel Milliery a décliné à l'univers de l’emballage une technologie qu'il connaissait de son secteur d'origine. Le revêtement à base de céramique qu'il a conçu permet de transformer le papier, à la base fragile, en un « super » matériau résistant, 100% recyclable et biodégradable. Le dirigeant a déjà déposé quatre brevets et un cinquième est en cours.
De ces innovations est née Papkot. L’entreprise est incubée dans la structure Semia d'hébergement de nouvelles sociétés depuis mars 2021. Un an plus tard, elle a été désignée lauréate du Circular Challenge, programme d'innovation de Citéo l'éco-organisme français des emballages, ce qui lui permet d'être accompagnée par celui-ci pendant douze mois. Le créateur de la start-up dit apprécier les conseils prodigués sur la stratégie et surtout sur l’approche normative.
Une transition lente

De 4 salariés aujourd’hui, les effectifs passeront à une dizaine en 2023. Papkot envisage désormais une levée de fonds pour accélérer son développement.
Sa clientèle est constituée des fabricants d’emballages et des grandes marques. Elle travaille déjà avec un grand groupe du tabac et elle intéresse de nombreuses marques dans l’agroalimentaire et les cosmétiques. Elle a déjà obtenu l’agrément de la FDA (Food and Drug Administration) américaine pour l’aptitude de ses emballages au contact alimentaire. « La maturité de notre technologie a été prouvée. Aujourd’hui, nous sommes capables de produire des tonnes d’emballages. Mais le principal obstacle est de convaincre les clients. Le plastique a 75 ans, c’est un matériau qu’on connaît bien, donc la transition vers autre chose est longue », explique l’entrepreneur.
Pas découragé pour autant, il conserve des ambitions mondiales et souhaite implanter, d’ici au premier semestre 2023, des laboratoires de prototypage en Chine et aux États-Unis, afin d'élaborer les produits en amont avec les clients. Son modèle économique est basé sur la licence unique et le « manufacturing distribué ». « Nous sommes capables d’installer une machine de fabrication automatique directement chez nos clients », affirme Manuel Milliery.


















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