Il se revendique ancien cancre notoire passé au rang d’épicurien convaincu et multiplie depuis, les activités proches de la nature. À la vinification d’une dizaine d’appellations de bourgognes en Côte-de-Nuits, il y ajoute l’élevage de porcs en plein air, celle de vaches corses et, maintenant des poules pondeuses version Gauloises Noires, tout en voulant devenir demain aussi brasseur et commerçant. Quelle énergie ! Portrait d’un touche à tout insatiable autant qu'intarissable.

 

Un look tendance hipster, mais sans plus, une poignée de main chaleureuse et, par-dessus tout d’une voix profonde, l’envie irrépressible de faire partager ses passions. Avec Oronce de Beler, il faut savoir écouter pour suivre un parcours varié, riche et viscéralement ancré au terroir. On pourrait dire à tous les terroirs, tant il aime ce pays qui le vit naître il y a quarante et un ans. Sauf que par un beau jour de 2004, il s’est arrêté en Bourgogne, déjà à Beaune pour se former (*), puis à Vosne-Romanée et enfin à Nuits-Saint-Georges.

 

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En nous faisant découvrir sa cuverie et sa superbe cave de 70 pièces de vin, le vinificateur négociant qu’il est depuis une quinzaine d’années évoque de suite un projet qui lui tient à coeur : la création de bureaux dignes de ce nom, d’un atelier de découpe et d’un séchoir. L’ensemble représente un investissement de 150.000 € qui devrait être opérationnel au printemps 2020. Mais ne brûlons pas les étapes pour comprendre ce qui anime ce professionnel polyculteur et éleveur, autant de vin que d’animaux typiques et typés.

Tout commence à Paris ou il naît quatre décennies plus tôt, reçoit une éducation chrétienne et subit une scolarité heurtée. « J’étais un cancre notoire qui a fait pas moins de 13 écoles », confesse-t-il. S’il n’entre pas trop dans le moule de l’Éducation nationale, cela ne l’empêche pas de décrocher un bac économique et social, suivi d’un BTS d’action commerciale en alternance.
Entré chez un caviste, Oronce de Beler y découvre l’univers du vin. Trois années passées ensuite comme chef de pub à la Revue des Vins de France achèvent de le convaincre que le sang de la vigne coule aussi dans ses veines.

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Oronce de Beler en compagnie de quelques-uns de ses 60 porcs, un élevage qui devrait doubler à terme. © Traces Ecrites

« Le vin a quelque chose d’humain, de spirituel, les miens élaborés en vendange entière et pigés trois semaines après leur mise en cuve, sont légers et respirent. » On l’aura compris, sa touche personnelle n’est pas directive, elle accompagne juste la nature. Sa petite maison de négoce, baptisée La Maison Romane, née en 2007 et implantée à Nuits-Saint-Georges (chiffre d’affaires de 400.000 €), commercialise en moyenne 20.000 bouteilles chaque année, dont plus des deux tiers à l’export : Asie, Canada, Danemark, Espagne...

 

Des travaux au rythme des saisons

Comme Oronce de Beler achète les raisins et n’a donc pas à s’occuper de vignes, il s’adonne à d’autres tâches. Ce fut durant sept ans des prestations de labour à cheval entre les rangs de ceps avec un percheron qu’il a lui-même dressé. Il fonde parallèlement la société Equivinum qui conçoit et fait réaliser de l’outillage pour le labour : collier, sous-ventrière, bride, dossière... Bourrelier deux années de suite, il transmet l’affaire à son premier client : un Champenois.

 

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Une incursion en Corse courant 2010 lui fait connaître trois frères qui élèvent autant des cochons noirs que des petites vaches du cru. Le déclic s’opère et Oronce devient éleveur de porcs  de plein air. « Avant toute commercialisation, j’ai voulu créer ma propre race avec des croisements judicieux », explique-t-il. À les voir bauger avec délectation, les 60 mastards de 130 kilogrammes de son cheptel deviennent quand c’est le moment de délicieux jambons, saucissons, rillettes…

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Ces petites vaches corses paissent sur les pelouses sèches des Hautes Côtes de Nuits. On devine les vignes en contrebas. © Traces Ecrites

Nova Villa, seconde société maison, s’occupe de vendre cette charcuterie. Comme cela ne lui suffisait pas, l’entrepreneur, décidément insatiable, a fait venir des petites vaches corses qu’il élève sur les pelouses sèches des Hautes Côtes de Nuits. Entre pâturage et viticulture, notre homme est dans son élément. Pour ses bovidés, là encore, il attendra trois ou quatre ans avant toute mise  sur le marché de viande de veau.

 

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Mais avec lui, n’oublions pas que la fable de la Fontaine évoque aussi la couvée. Bingo ! Oronce de Beler se lance également en 2019 dans l’élevage de poules Gauloises Noires pour proposer à terme sur les marchés des poulets de chair et des œufs frais, en allant progressivement jusqu'à la certification bio.
Et comme cela ne suffit pas, celui qui fait mentir le fabuliste, deviendra aussi brasseur, mais ceci est une aventure encore à faire mousser…

(*) Durant un congé individuel de formation, il obtient un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole, option viticulture.

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Embouteillage et bouchonnage manuels dans la cuverie de la Maison Romane. © Traces Ecrites

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