L’entrepreneur Franck Thomsen remet sur le chemin du développement le fabricant précédemment dénommé Nevers Armatures à Fourchambault (Nièvre). Il l’a repris l’an dernier et engagé un plan d’investissement de 2,7 millions d’€, autour de la mise en œuvre d’une technique particulière, différente du treillis soudé, dont il espère la percée en France.


Menacée de disparaître, la fabrication d’armatures en acier pour le béton dans la Nièvre va se poursuivre finalement. L’incertitude découlait du choix du dirigeant de Nevers Armatures, Pascal Vitteaut, d’arrêter son activité qu’il avait créée au début des années 2000 à Fourchambault, à l’heure où il arrivait à l’âge de la retraite. Et ce, qu’il y ait un successeur ou pas, dans un contexte économique compliqué pour l’entreprise.
 

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La production s'effectue dans un vaste atelier de 6.000 m2.


Repreneur, il y a eu, finalement, en la personne de Franck Thomsen. Cet entrepreneur actif depuis une vingtaine d’années dans le négoce d’acier a créé sur le même site Nov’Arma. La SAS ainsi dénommée succède depuis avril 2023 à Nevers Armatures qui s’était retrouvée en redressement judiciaire. « Nous avons tout repris, les 9 emplois d’alors et le bâtiment de 6.000 m2 », expose le nouveau dirigeant.

Depuis, les effectifs sont passés à 13 et doivent atteindre le seuil de 15 dans le courant de cette année à la faveur du recrutement de deux soudeurs. Quant aux ateliers, Nov’Arma les a rachetés en soldant le crédit-bail qui leur était attaché. Ils ont fait l’objet d’un relifting de fond en comble rendu nécessaire par leur vétusté, pour un montant d’1 million d’€ qui s’inscrit dans un plan d’investissement en cours de 2,7 millions d’€.

 

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Soutenu par la région Bourgogne-Franche-Comté, l’agglomération de Nevers et Bpifrance, ce programme comprend le renouvellement et la modernisation des équipements, dont l’acquisition d’une machine auprès du constructeur Bamtec sur lequel Nov’Arma fonde une bonne partie de son plan de développement : des rouleaux de confection des armatures. Schématiquement, le process permet d’enrouler des barres soudées sur un feuillard puis de les dérouler pour en faire des tapis d’armatures, en alternative à la technique conventionnelle des treillis soudés. « Il en résulte une optimisation des quantités d’acier utilisées. Cette solution permet de réaliser des dalles et planchers mais aussi des voiles de murs sur-mesure, exactement aux dimensions demandées. Elle économise du poids d’acier (de l’ordre de 20 %) et plus encore du temps de mise en œuvre sur chantier, à hauteur de 70 % », argumente Franck Thomsen.

« Ces gains compensent la différence de prix de vente, qui reste d’ailleurs limitée, par rapport au treillis soudé. L’élément nécessaire éventuellement supplémentaire par rapport à une mise en œuvre classique, c’est d‘être équipé d’un moyen de levage », ajoute-t-il. La forme initiale rend également possible la confection de radiers de formes complexes autres que rectangulaires, jusqu’à des versions circulaires.

 

Synergies avec le négoce et un fabricant dans le sud-ouest

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Les armatures nivernaises rejoignent les chantiers de gros oeuvre du bâtiment.


Franck Thomsen est convaincu que l’avenir appartient à de telles solutions « souples » par rouleaux, sans renoncer au treillis soudé, qui figure également au catalogue des offres de Nov’Arma. « Elle a de la marge de progression devant elle : les rouleaux représentent 5.000 à 6.000 tonnes vendues annuellement en France, contre un volume de l’ordre d’1 million de tonnes pour le treillis. »  Le matériel de Bamtec atteint une taille qui requiert des locaux dimensionnés en conséquence. « Tel est le cas de l'atelier de Fourchambault, long de 100 mètres et large de 56 m », relève Franck Thomsen.

La PME nivernaise prévoit de conclure à 1,3 million d’€ le chiffre d’affaires d’un premier exercice complet, le 30 juin prochain, soit 30 % de plus que Nevers Armatures dans ses derniers temps. Elle considère ce montant comme une première étape vers des performances bine supérieures rapidement. Elle travaille in fine pour les entreprises de gros œuvre du bâtiment, qu’elle compte de plus en plus prospecter en direct, l’embauche récente d’un commercial s’inscrivant dans cet objectif.

 

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Un vecteur important de développement doit venir des synergies que Nov'Arma commence à tirer de son intégration dans le groupe de sociétés piloté par Franck Thomsen. Le président de la société nivernaise, rejoint récemment par son fils Loris, est en effet aussi l’actionnaire principal de Seringes Armatures, un fabricant comptant un peu plus de 20 salariés dans le Tarn-et-Garonne et réalisant un chiffre d’affaires annuel de 7 millions d’€. Il exerce aussi sa spécialité d’origine, le négoce, dans la société Sica. L’ensemble totalise ainsi un montant de 30 millions d’€ qui le hisse au rang d’une PME déjà conséquente. 

Photos fournies par l'entreprise

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