Un prototype de Nipson en cours de test : la vitesse d'impression est deux fois plus importante que celle commercialisée. © Pierre-Yves Ratti.
Un prototype de Nipson en cours de test : la vitesse d'impression est deux fois plus importante que celle commercialisée.
© Pierre-Yves Ratti.

IMPRIMANTES. Lointain descendant de Bull Belfort, qui a fermé en 1991, Nipson Technology est resté centré sur le domaine des imprimantes.

Après avoir repris les actifs de Nipson SAS, l'entreprise s'est restructurée, investit dans la recherche et le développement et vise dans les trois ans à venir de nouveaux marchés avec de nouveaux produits.

Découverte à l'occasion des Informelles de l'été, rencontre organisée le 18 juin par l'agence de développement économique de Belfort et de son Territoire (Adebt).

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Les moins jeunes se souviennent de Mathilde, l'imprimante qui aurait dû faire le bonheur et l'avenir de Bull et de Belfort. L'histoire de l'informatique et de l'économie en a décidé autrement : Bull Belfort a fermé en 1991.

Nipson est née de cette branche d'activité de Bull, les imprimantes, avec des hauts et des bas au fil des ans.

« J'ai connu Mathilde, » sourit Étienne Membre, le directeur de Nipson Technology, basée au Techn'hom à Belfort. Le dirigeant a exercé diverses fonctions d'encadrement chez Bull : ingénieur en développement, commercial, production, etc. De quoi forger une solide expérience pour prendre la tête d'une société.

C'est ce qu'Etienne Membre a fait en 2011. Il a créé Nipson Technology  (26 salariés), avec pour vocation de produire les consommables destinés à Nipson SAS, fabricant d'imprimantes à Belfort.

Détenue par des capitaux essentiellement belges, cette dernière connaissait cependant des difficultés et finissait par disparaître en avril 2013 (Lire ici l'article de Traces Ecrites News).

Pour autant, l'aventure ne s'est pas achevée, grâce notamment à la motivation de certains clients soucieux de rester fidèles aux imprimantes Nipson.

Des exemples de produits imprimés avec des machines Nipson : tickets restaurants, cartes plastifiées, titres de transport, etc. © Pierre-Yves Ratti.
Des exemples de produits imprimés : tickets restaurants, cartes plastifiées, titres de transport, etc. © Pierre-Yves Ratti.

Nipson Technology a donc repris pour 1 million d'€ une partie des actifs de Nipson SAS. Le projet consiste, en s'appuyant sur le fichier clients et l'activité commerciale à réinvestir dans le domaine de l'impression.

Avec l'espoir de succès en mettant en oeuvre une organisation moins complexe et moins coûteuse que celle adoptée du temps de Nipson SAS.

Fort de cette stratégie, les effectifs de Nipson Technology sont passés de 26 en 2011 à 43 aujourd'hui : « Nous avons repris quasiment tout l'effectif de Nipson SAS, » se réjouit Etienne Membre.

Le capital de l'entreprise est détenu maintenant à 65% par la société bordelaise Avis d'tempête, qui assure la commercialisation des produits Nipson en France.

Les 35 derniers pourcents sont détenus par trois clients asiatiques et grecs (10%), deux investisseurs privés (18%), et des membres de l'encadrement (7%).

90% des chèques en France

L'entreprise affiche en 2013 un chiffre d'affaires de 12,5 millions d'€ et un résultat net après impôts de 600 000 €. Etienne Membre espère faire aussi bien cette année, mais le résultat net sera sans doute moins important en raison des réinvestissements réalisés dans la recherche et le développement. Sept personnes y sont affectées.

Aujourd'hui, les marchés de Nipson sont répartis à travers le monde entier, ou presque.

La façade du bâtiment rénové sur le Techn'hom de Belfort : l'isolation du bâtiment a été complètement refaite.  © Pierre-Yves Ratti.
La façade du bâtiment rénové sur le Techn'hom de Belfort : l'isolation a été complètement refaite. © Pierre-Yves Ratti.

Leur spécificité est basée sur la technologie de l'impression magnétique : la magnétographie avec procédé de fixation à froid, qui permet d'imprimer sur des supports plus sensibles à la chaleur.

L'entreprise a développé par ailleurs des encres fluorescentes et des encres magnétiques.

Autant de technologies qui lui permettent d'aborder les marchés très spécifiques de l'imprimerie de sécurité : 90% des chèques en France sont imprimés sur des imprimantes Nipson Technology.

Parmi ses clients, on compte aussi les diffuseurs de chèques repas, des fournisseurs de tickets de métro, la billetterie, les tickets de jeux de chance. Ce sont aussi des machines Nipson, installées au ministère des Finances, qui impriment nos formulaires d'impôts, taxes, PV et relances de PV...

Marchés en perspective dans l'alimentaire

Pour ses investissements à hauteur de 325 000 € en 2013 et 70 000 € en 2014, l'entreprise a reçu le soutien des collectivités locales.

Outre la rénovation des bâtiments (isolation complète), ils ont porté, cette année, sur la mise en place d'une salle grise qui a permis d'intégrer à Belfort le collage de puces sur les palettes de têtes d'écriture. D'où un gain sur les cycles de production et au point de vue financier.

Nipson entend poursuivre sa diversification. En dehors des 7 personnes affectées à la recherche et au développement, l'entreprise travaille avec l'UTBM (Université Technologique de Belfort Montbéliard) et l'Université de Nancy.

Etienne Membre, directeur de  Nipson Technology à Belfort. © Pierre-Yves Ratti.
Etienne Membre, directeur de Nipson Technology à Belfort.
© Pierre-Yves Ratti.

Comment Etienne Membre imagine-t-il l'entreprise qu'il dirige d'ici trois ans ?

« Complètement restructurée, avec de nouveaux composants pour des produits encore plus rapides et plus fiables qui permettent une baisse des coûts de fabrication et nous poursuivrons nos développements dans des secteurs de niche. »

Le dirigeant s'est ainsi posé la question de savoir quels pouvaient être les autres domaines d'application que l'impression et est en passe de décrocher de nouveaux marchés dans le domaine alimentaire.

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