Héritière de la SACM qui a construit l’histoire industrielle de Mulhouse, MHI Equipment Alsace (MEA), filiale du nippon Mitsubishi Heavy Industries se met en ordre de marche pour passer à 200 unités supplémentaires, des puissants moteurs qu’elle fabrique pour les groupes électrogènes, les bateaux et, nouveau vecteur de croissance, les data-centers.


Depuis 2004, c’est en japonais que s’écrit la suite de la glorieuse histoire de la SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique) entamée à Mulhouse au 19ème siècle. Mitsubishi Heavy Industries (MHI), la branche industrie lourde du conglomérat nippon, avait repris le site occupé en dernier ressort il y a 17 ans par le finlandais Wärtsilä, avec les 70 salariés qui avaient survécu aux différentes phases de déclin. Les 24.000 m2 qu’il a investis ne représentent qu’une petite partie du vaisseau d’antan, cette « Fonderie » dans les ateliers de laquelle 8.000 ouvriers de la SACM se pressaient encore au début des années 1970.

 

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Mais la pente est remontée, légèrement : MEA (MHI Equipment Alsace), la société fondée sur place par les Japonais, compte aujourd’hui 107 salariés, hors les intérimaires. Et elle n’exclut pas de poursuivre la hausse des effectifs, si ses investissements les plus récents procurent de façon effective la montée en cadence qu’ils rendent possibles pour la fabrication de gros moteurs.

D’un montant de 3 millions d’€, cet effort industriel a concerné l’usinage de bielles l’an dernier, mais surtout l’installation d’un nouveau centre d’usinage de blocs moteurs. Mis en service au début de cette année, cet équipement « améliore les finitions, raccourcit les cycles de production et elle place le site en configuration d’augmenter sa capacité de 30 % dans les moteurs terrestres, notre  spécialité principale », décrit Grégory Janey, responsable des ressources humaines de MEA, arrivé il y a un peu moins de deux ans après une carrière RH chez Alstom puis General Electric à Belfort.


Relocalisation de l'approvisionnement plus près de Mulhouse

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Ligne d'assemblage des moteurs. © MEA/Adira


Aujourd’hui, l’usine assemble chaque année 600 de ces mastodontes de 2,5 mètres de long et 1,5 mètre de haut, de type V12 et V16. Elle se met donc en ordre de marche pour passer à 800 unités. Même si la crise sanitaire et, plus récemment, la flambée des prix des matières premières pèsent, la conjoncture semble suffisamment robuste à ses patrons japonais pour franchir cette nouvelle étape.
Mulhouse fournit des intégrateurs de moteurs, alternateurs et composants périphériques. Ceux-ci envoient ces ensembles à des fabricants de groupes électrogènes qui, in fine, se retrouvent dans des hôpitaux, des hôtels, des centres commerciaux, des sites sensibles… « Un vecteur nouveau de croissance vient des data-centers », souligne Grégory Janey.  

Ces moteurs-là représentent les deux tiers de l’activité de l’usine mulhousienne, qui en possède l’exclusivité d’assemblage en Europe au sein de MHI. Le solde est procuré par les moteurs marins, pour une intervention plus ciblée : leur personnalisation (customisation) à partir de leur production au Japon en vue d’en modifier des paramètres et des pièces pour adaptation au marché du Vieux Continent des ferries et autres navires de pêche.

 

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Prudent et discret, le board japonais n’en démontre pas moins sa confiance en ce site alsacien. En 2017, il avait déclenché une précédente phase d’investissements pour l’accueil d’une activité complémentaire de production de certains groupes électrogènes et déménager à Mulhouse le centre de logistique de moteurs importés au Japon qui se trouvait aux Pays-Bas, la base européenne de MHI depuis laquelle il assure d’ailleurs la commercialisation des productions mulhousiennes.

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Grégory Janey, responsable des ressources humaines de MEA. © Mathieu Noyer

MEA a également orchestré un mouvement de fond : la relocalisation de son approvisionnement plus près de Mulhouse. « A l’origine, les pièces ici venaient en intégralité du Japon, depuis ils proviennent à 50 % d’Europe », expose Grégory Janey. Une donnée non négligeable, sachant que chacun de monstres de la « Fonderie » résulte de l’assemblage de 2 000 pièces !
MEA s’attache également à entretenir les relations de proximité pour le recrutement de personnel, la formation continue et l’insertion. Elle mène des actions avec Papillons Blancs (emploi des handicapés), travaille avec le pôle formation de l’UIMM Alsace pour l’apprentissage (elle compte 9 apprentis en ce moment) et avec l’organisme Alemploi pour le recrutement de personnes en réorientation professionnelle. Histoire de bien montrer que la SACM vit toujours, 

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