REPROGRAPHIE/FRANCHE-COMTÉ. Imprimeur sérigraphe et numérique, Mignotgraphie vient de s’offrir la première presse numérique grand format de l’Hexagone, que l’on peut découvrir aujourd'hui 3 juin et demain, lors de journées portes ouvertes.

Un bijou de technologie qui, assure le dirigeant de cette PME proche de Besançon, lui donne trois ans d’avance sur ses concurrents et lui fournit déjà 25% de son activité. 

 

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La presse numérique qui permet une impression de haute qualité pour des documents de grande dimension, jusqu’à 160 par 320 cm.

 

Alain Mignot, le dirigeant de Mignotgraphie, est un passionné de machines. « Je suis un peu mégalo, je veux avoir la plus grosse », dit-il avec humour. Son entreprise de sérigraphie et d’impression numérique, qui emploie 44 personnes sur la zone d’activités de Chemaudin, dans le Grand Besançon, est plutôt bien équipée de ce point de vue.

 

« Toutes nos machines sont doublées, pas forcément pour doubler le chiffre d’affaires, mais je suis un stressé de la panne. » Selon lui, Mignotgraphie serait ainsi la seule entreprise de l’Hexagone à être équipée de deux lignes de sérigraphie cinq couleurs.

 

La PME est aussi la première à s’être équipée d’une presse numérique grand format (une HP Scitex FB 10.000) permettant une impression de haute qualité pour des documents de grande dimension, jusqu’à 160 par 320 centimètres. Ce qui lui laisse une avance technologique de trois ans sur ses concurrents, affirme le dirigeant.

 

« C’est une machine qui offre un bon ratio finesse - vitesse, puisqu’elle permet d’imprimer 600 m3 à l’heure, dans des qualités parfaitement lisibles », précise Alain Mignot qui organise, ces 3 et 4 juin, des journées portes ouvertes pour faire découvrir son potentiel aux professionnels - offrant la possibilité de repartir avec son portrait grand format dans un décor personnalisé -.

 

Une machine de 1,2 million d'€

 

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Cette belle machine acquise pour 1,2 million d’€ avec une aide de Bpifrance, a été livrée en février dernier. Deux équipes la font tourner. Contre le mur, les restes d’une campagne récente pour la griffe Etam. Plus près, les dernières impressions grand format des Minions (ces petites créatures jaunes issues d'un film d'animation américain), pour une campagne Carrefour.

 

La taille de la presse numérique en impose : elle occupe toute la largeur de l’atelier. « Elle représente déjà 25% de l’activité » explique l'imprimeur, enthousiaste. Par rapport à la technique de sérigraphie, l’impression numérique offre une grande réactivité, la possibilité de sortir rapidement de 2 à 200 exemplaires et un rendu couleur au plus près de la demande, avec ses six couleurs dont un cyan light et un magenta light.

 

La nouvelle imprimante grand format est la quatrième machine numérique de Mignotgraphie, dont le métier ne cesse d’évoluer. D’imprimeur sérigraphe à l’origine, l’entreprise avait commencé, il y a dix ans, à se diversifier dans l’imprimerie numérique qui complète l’offre pour des travaux de petite ou moyenne série exigeant une grande qualité, et désormais de grands formats.

 

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Mais l’évolution du marché est telle que Mignotgraphie est en train de devenir un « décorateur de vitrines de magasins », assure Alain Mignot. Parmi ses clients : Carrefour, Celio, Etam et autres marques ou acteurs de la grande distribution. En lien avec les commerciaux de l’entreprise, ses « deviseurs-fabricants » sortent environ 25 devis par jour. « C’est bien simple : environ un tiers des enseignes de la rue la plus commerçante de Besançon affichent nos produits dans leurs vitrines », dit-il.

 

Mignotgraphie avait dû courber le dos pendant la crise, son chiffre d’affaires avait chuté de 35% et son effectif était descendu à 35 salariés. Mais l’entreprise, qui n’a pas craint de se réinventer, a tenu bon, et les orientations prises semblent être les bonnes. Le chiffre d’affaires 2014 atteint 7,5 millions d’€ avec une petite part à l’export, pour deux clients en sous-traitance (un américain et un africain).

 

Dans le même temps, Olinda, sa filiale parisienne créée pour la vente de décors autres que ceux imprimés à Chemaudin – achat, vente et stockage –, a réalisé 1,2 million de chiffre d’affaires.

 

 

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Une des lignes de sérigraphie cinq couleurs.

 

D’imprimeur à fabricant de décors

 

Aux métiers traditionnels de ce type d’entreprise – graveurs, conducteurs de machines, coloristes, sérigraphes – s’ajoutent désormais des métiers de création et de veille : infographistes, éco-concepteurs, observateur de tendances… Le nouveau slogan de l’entreprise de Chemaudin, c’est « Mignotgraphie fabricant d’image ». L’outil s’adapte à ces évolutions dictées par les nouvelles technologies et les marchés.

 

Dans le bureau d’études, où l’on planche sur les appels d’offres pour les campagnes des clients distributeurs, un cerf stylisé découpé dans du métal côtoie une cheminée en carton. Sur les tables de découpe, des maquettes. Dans un coin, une imprimante 3D.

 

Le responsable de la veille technologique est en train de mettre sur pied une matériauthèque et, désormais, Mignotgraphie sort chaque année un carnet de tendances. « Internet et le numérique ont tout changé, le process est devenu hautement réactif », confie Alain Mignot. « Ici, c’est une révolution permanente. Notre avenir est dans le point de vente et peut-être aussi dans la déco privée. »

 

Photos fournies par l'entreprise.

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