Mica fédère quinze organismes alsaciens de recherche sur toutes sortes de matériaux, à l'exception des métaux.
Mica fédère quinze organismes alsaciens de recherche sur toutes sortes de matériaux, à l'exception des métaux.

TRANSFERT TECHNOLOGIQUE. Aucune industrie ne sait fonctionner sans matériaux.

Aucune ne peut donc ignorer, directement ou indirectement, l’institut Mica de Mulhouse.

Cette structure qui fédère quinze organismes est devenue à la fois une référence nationale pour la R&D dans les matériaux et la passerelle idéale vers l’application en entreprise.

Comme tant d’autres acteurs de la recherche, elle est d’un naturel  discret. Entrons un peu dans son intimité.

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Mica, pour Materials Institute Carnot Alsace, situé à Mulhouse (Haut-Rhin) n’a pas vocation à couvrir le champ de l’ensemble des matériaux. Mais tout de même, la liste de ceux dont elle s’occupe est longue :  fibres textiles et synthétiques, polymères en tout genre, oxydes, carbones, nanomatériaux, biomatériaux… seuls ou en interaction les uns avec les autres.

Ne manquent guère à l’appel que les métaux, en fait.  « Compte tenu de la présence d’autres structures déjà spécialisées sur le sujet dans l’Est dont le Cetim-Cermat à Mulhouse, nous ne les abordons que sous l’aspect spécifique de la corrosion, ou dans leur  interface avec d’autres matériaux », expose Cathie Vix, la directrice de Mica.

Il serait à la fois trop long et vain de lister de façon exhaustive toutes les spécialités. En voici quelques-unes. En santé : les revêtements antibactériens,  les implants et les textiles intelligents pour la stérilisation ou le rétablissement de fonctions mécaniques. Les nanomatériaux en électronique, optique et photonique.

En transport : les vitrages hydrophobes, les peintures anti-corrosion, les plastiques qui vont alléger le poids de véhicules. En environnement, énergie  et bâtiments durables : la photocatalyse, le traitement de l’air (la chasse aux formaldéhydes).

«Notre périmètre d’action couvre tout le process, de la conception à l’analyse du cycle de vie en passant par la caractérisation, la validation et la pré-industrialisation. Le dénominateur commun de nos spécialités, c’est la conception/élaboration pour les surfaces et interfaces», appuie Cathie Vix.

Mica représente un total de 287 enseignants-chercheurs, 220 ingénieurs et techniciens, 350 doctorants et post-doctorants, pour 17 millions d’€ de projets de recherche collaboratifs (en réponse à des appels à projets nationaux ou européens) et 5,2 millions d’€ de contrats de recherche directs avec les entreprises en 2012.

Cytosquelette d'une cellule.
Cytosquelette d'une cellule.

Des start-up prometteuses

Mais l’ensemble de ces effectifs n’est de loin pas regroupé sur le seul site mulhousien : l’entité basée sur le campus universitaire haut-rhinois est en fait la tête de pont d’un réseau de 15 acteurs répartis sur le territoire alsacien (8 laboratoires et 7 CRT-Critt pour centres de ressources technologiques et centres régionaux d’innovation et de transfert de technologie). Avec, sans surprise, une concentration dominante dans les agglomérations de Strasbourg et Mulhouse.

Cette organisation simplifie la recherche de partenaire : «Nous orientons vers l’interlocuteur adéquat dans le réseau, en fonction de la demande», expose Cathie Vix.

La relation avec l’entreprise peut prendre la forme d’un contrat de recherche, d’un transfert de technologie, de l’accompagnement pour le licensing  de brevets.

Des pépites sont aussi sorties des laboratoires des membres de Mica pour devenir des start-up prometteuses, comme les strasbourgeoises Beam (machines-outils spéciales permettant de créer une pièce par dépôts successifs de métal mis en fusion par laser) et In Air Solutions (détection de COV en très petites quantités dans l’air).

Autre forme de relation, la prestation de service pour des essais grâce à la vaste palette d’équipements : les entreprises peuvent confier aux membres de Mica un test de conception, de caractérisation, de performance au stade du prototypage ou de la pré-industrialisation.

«Notre raison d’être, c’est bien de fluidifier la liaison entre la recherche et l’innovation», résume Cathie Vix. C’est l’état d’esprit qui anime le réseau national dans lequel Mica s’insère lui-même : celui des Instituts Carnot qui apportent deux des lettres de son sigle.

Cellules sur une surface en titane.
Cellules sur une surface en titane.

Contrairement à une idée reçue, la mise à disposition de telles capacités n’est pas réservée aux grandes entreprises.

En 2012, les PME  ont représenté 40 % du montant des contrats de recherche.

«Nous souhaitons aller de plus en plus vers elles… ou qu’elles viennent vers nous». A bon entendeur….

Informations complémentaires sur Instituts Carnot Mica

Photos : Mica.

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