CHAUSSURES/MOSELLE. Le groupe Mephisto, dont le siège se trouve à Sarrebourg (Moselle), s’apprête à ouvrir de nouvelles boutiques à Las Vegas, Vienne et New-York. 

Pour accompagner la progression de ses ventes, il porte sa surface logistique de 7000 à 10 000 m².

Le célèbre chausseur qui emploie 2800 personnes dans le monde dont 600 en Lorraine, ne cesse de rajeunir son image.  

 

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Pour la présentation de la collection automne-hiver 2016-2017, les ateliers Mephisto ont assemblé 13 000 échantillons. ©Philippe Bohlinger.

 

Il y a de l’électricité dans l’air au siège social de Mephisto à Sarrebourg en Moselle. Le bureau d’études règle les derniers détails de la collection automne-hiver 2016-2017. Côté atelier, les petites-mains assemblent les 13 000 échantillons qui seront expédiés dans les filiales commerciales partout sur la planète.

 

En effet, les premières présentations sont programmées début février aux Etats-Unis, un pays où la marque est très présente, avec le continent européen et la Chine. Le chausseur haut-de-gamme exporte 80% de sa production.

 

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Cette année, il va encore allonger la liste de ses 900 « Mephisto-shops » grâce à l’ouverture de nouvelles boutiques à Las Vegas, New-York, Vienne et dans les pays de l’Est. A ces points de vente s’ajoutent  18 000 enseignes multi-marques qui référencent les célèbres chaussures.

 

 « C’est le développement de notre réseau de magasins qui va nous tenir en haleine à moyen et long termes », détaille Marc Michaeli qui codirige l’entreprise au capital 100% familial avec sa sœur Stéphanie.

 

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L’usine de Sarrebourg fabrique les prototypes, échantillons commerciaux et petites séries. © Philippe Bohlinger.

 

« Nous allons conquérir de nouveaux marchés, lancer de nouvelles marques et développer celles qui fonctionnent bien parmi les quatre actuellement commercialisées (Mephisto, Mobils, Sano, All Rounder).»

 

Les deux héritiers de Martin Michaeli, fondateur de l’entreprise et président du conseil de surveillance, règnent sur un empire de 2800 personnes dont le chiffre d’affaires (non-communiqué) est estimé à 1,5 milliard d’€.

 

Seconde usine au Portugal

 

Le site de Sarrebourg emploie 600 personnes (bureau d’études, des méthodes, atelier, service expédition, service commercial) et assure la fabrication des prototypes, des échantillons et des petites séries.

 

La seconde usine du groupe, au Portugal, prend en charge les grandes séries. Ouverte en 1991 à Viana do Castelo, elle s’étend sur 40 000 m² et concentre 70% de la production de la marque.

 

« Nous ne faisons pas de compromis sur la qualité. La fabrication d’une chaussure nécessite 180 à 220 opérations et une heure-et-demie à deux heures de travail », avertit le directeur-général.

 

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Les quelques 80 composants d’une chaussure Méphisto sont assemblés par 150 mains. ©Philippe Bohlinger.

 

Par ailleurs, le siège mosellan conserve la maîtrise des flux logistiques amont (cuirs, semelles, œillets, lacets) et aval (chaussures). Pour accompagner sa croissance, le chasseur va étendre cette année sa plateforme logistique de 7000 à 10 000m². 

 

En termes de sourcing, le principal enjeu pour Mephisto réside dans ses achats de cuirs. Ils représentent l’équivalent de deux terrains de foot par jour ! 

 

Christian Jacquemin, responsable des achats de cuirs, détaille : « Il faut  une centaine de sortes de cuirs différents pour faire une collection, sans compter les variations de coloris. Nous nous fournissons auprès de tanneurs espagnols, allemands et surtout italiens. Sur leurs sites, nos réceptionneurs valident la qualité des cuirs. Il faut compter en moyenne 20% de refus. C’est un combat de tous les instants ! »

 

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©Philippe Bohlinger.

 

Mephistophiles célèbres

 

La réputation du chausseur mosellan est soutenue par des  « Mephistophiles » célèbres comme Georges Clooney, Jennifer Aniston ou encore Tom Cruise. Pour continuer à attirer de nouveaux adeptes, l’entreprise œuvre au rajeunissement de son image. «  Depuis quatre à cinq ans, nous avons bien rajeuni la marque qui conservait une image un peu rétro », se félicite Florian Jacquemin, responsable du bureau d’études design, recherche et développement. Battant en brèche sa réputation de fabricant de chaussures « sport », Mephisto a créé des modèles à talon pour sa clientèle féminine. Pour le marché chinois, le groupe a restylé son modèle emblématique, la chaussure Rainbow. Au final, 600 modèles par saison ne sont pas de trop pour coller aux goûts et aux attentes partout sur le globe.

 

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©Philippe Bohlinger.

Qui est Marc Michaeli ?

 

Fils de Martin Michaeli qui a fondé la marque en 1965, Marc Michaeli, 43 ans, codirige la maison Mephisto avec sa sœur Stéphanie. Celle-ci gère le développement commercial, tandis que lui s’occupe de la production, des collections et de la logistique.

 

Les racines du directeur-général sont pour moitié allemandes par son père et pour moitié alsaciennes par sa mère. Après une école de commerce à Paris, il s’est formé chez des spécialistes de la chaussure en Allemagne et en Italie.

 

« Il était important d’avoir un double regard, en maîtrisant à la fois les volets techniques et managériaux.  C’était essentiel pour être bien préparé à diriger l’entreprise. La chaussure est un produit très technique, nos visiteurs sont parfois surpris.»

 

 

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Christian Jacquemin pilote les achats de cuir équivalents à deux terrains de foot par jour. © Philippe Bohlinger.

 

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Emblématique de la marque, la chaussure Rainbow a été relookée par le bureau d’études dirigé par Florian Jacquemin. ©Philippe Bohlinger.

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