CYCLE/BOURGOGNE. Comment la PME de Nevers (Nièvre) parvient-elle encore et toujours à sortir du peloton des fabricants de vélos, sachant de 80% de la production se fait aujourd’hui en Asie ?

Au point d’être la marque la plus reconnue au monde en termes d’innovation et de fiabilité.

À l’invitation de la société Sylob, éditeur et intégrateur de solutions ERP, Look Cycle dévoile quelques-unes de ses recettes.

 

montagelook
©Traces Ecrites.

 

 

Gilles Cartet (56 ans), le directeur industriel depuis une dizaine d’années de Look Cycle, aime répéter à l’envi que son entreprise est le fournisseur officiel de l’équipe nationale cycliste chinoise sur piste. Dans un secteur dominé par les fabricants asiatiques qui trustent 80% de la production mondiale, ce partenariat a hautement valeur de symbole.

 

Il démontre que la PME de Nevers (Nièvre), qui emploie plus de 150 personnes sur place et jusqu’à 250 en Tunisie, sait utiliser les bonnes recettes pour prospérer. L’innovation fait déjà partie intégrante de son ADN et elle ne compte plus les distinctions reçues depuis 1998, année de sa reprise par Dominique Bergin (président), Thierry Fournier (directeur général) et une partie du personnel.

 

cartetlook
Gilles Cartet, le directeur industriel de Look Cycle International. ©Traces Ecrites.

 

Car l’inventeur et leader mondial de la pédale automatique route (43 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2014, attendu en hausse de 3 à 5% cette année) est aussi celui du cadre en carbone, du pédalier monobloc également en carbone, de freins directement intégrés à la fourche qui offrent 20% d’efficacité supplémentaire.

 

Ou encore d’une pédale route qui mesure la puissance, premier développement vers un futur vélo entièrement connecté. Pareilles références obligent à dépenser pas moins de 10 à 12% du chiffre d’affaires en R&D chaque année.

 

25% de refus

 

Mais cela ne suffirait toutefois pas à assurer la pérennité de l’entreprise. Il faut pénétrer au cœur des ateliers pour en avoir toutes les clés de compréhension. Look Cycle développe une stratégie industrielle qui illustre que le made in France est sa seconde grande force.

 

pedalelook
Montage des pédales automatiques.©Traces Ecrites.

 

« Les 500 000 paires de pédales, soit un million d’unités, que nous vendons chaque année sont intégralement assemblées ici sur six machines à partir d’une dizaine de composants fournis par des fournisseurs à 90% français, ce qui nous assure une traçabilité totale », assure Gilles Cartet.

 

exercice_illegal_boucle 

 

Tous les cadres, constitués de sept à huit couches de carbone et fabriqués dans l’usine tunisienne, reviennent à Nevers pour être entièrement finis, tant au niveau du design, du traitement de surface que de la décoration finale. Le contrôle qualité, effectué par un personnel féminin, est à ce stade drastique, au point de refuser 25% des produits qui souffrent de la moindre imperfection.

 

« Nous les équipons de nos propres accessoires  en carbone : cintre, pédalier, fourche, potente, tige de selle », précise le directeur industriel. Complétés d’un jeu de direction et de freins avant, ils deviennent des sous-ensembles prêts à la commercialisation et dotés d’une puce électronique pour, là encore, avoir une parfaite traçabilité.

 

Vers des vélos complets

 

Depuis cinq ans, le marché évoluant vers la commercialisation de vélos complets, Look Cycle commence à en proposer aux magasins de revente (300 en France) et à ses distributeurs étrangers. Le client final, à partir de cadres entièrement accastillés, n’a plus, grâce à un intégrateur, qu’à choisir ses roues, le dérailleur et le plateau de selle pour se constituer son propre engin.

 

controlelook
Opération de contrôle.©Traces Ecrites.

 

Gilles Cartet le reconnaît volontiers : « nous ne sommes pas les moins cher, notre éventail de prix commence 2000 € et s’achève à 15 000 €, au point que nous lancerons prochainement un modèle VTT plus abordable. »

 

Pour maîtriser ses charges et améliorer sa productivité, une robotisation progressive de l’usinage verra bientôt le jour sur le site tunisien. Un premier équipement est actuellement en test sur Nevers et devrait permettre de diviser par deux les coûts de main d’œuvre et par cinq ceux des outillages. Sur les deux sites, l'entreprise investit en moyenne chaque année, de 1 à 2 millions d'€ dans son outil industriel.

 

robotisationlook
Le premier robot d'usinage en test. ©Traces Ecrites.

 

De tout cela, l’équipe Bretagne-Séché Environnement (BSE), qu’équipera Look lors du prochain Tour de France, n’en a cure. Elle attend fébrilement la centaine de vélos pour la fin du mois. De vraies formules 1 qu’achèvent dans l’atelier de prototypage ingénieur(e)s et technicien(nes) et qui font partie du budget sponsoring (10% du chiffre d’affaires).

 

« Ici, aucune photo n’est autorisée et nous ne resterons pas longtemps », tonne Gilles Cartet. Nous sommes là dans l’un des fins du fin avec le bureau d’études qui n’accueille jamais personne. Avec plus de 200 brevets à son actif, la société nivernaise entend préserver son ingénierie, bien qu’elle constate depuis une année de jolies contrefaçons du côté de l’Empire du Milieu et vient d’employer un cabinet spécialisé pour défendre sa propriété intellectuelle.

 

Quant on a presque toujours un coup d’avance sur la concurrence, on ne transige pas.

 

velolook_1 

 

Cette visite a été initiée par la société Sylob, implantée à Albi (Tarn). Éditeur et intégrateur de solutions ERP pour les PME, elle équipe l’entreprise depuis 2012 d’un progiciel de gestion intégré qui, mis à part la comptabilité et la R&D, toutefois en interface, accompagne l’évolution du fabricant de cycles.

Une centaine d’utilisateurs des deux sites l’utilisent, que ce soit pour la gestion de la relation client (CRM), le calcul des besoins (MRP), le plan industriel et commercial, le reporting des statistiques et le configurateur.

Le choix de Sylob découle du travail d'une année d'un consultant spécialisé dans ce domaine : la société Productivix.

 

composantspedalelook

 

Crédit photos : ©Traces Ecrites  et Look Cycle.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Productivixdit :

    Pas mal. Mais un autre journaliste invité par l'éditeur, donne le nom du consultant qui a réalisé l'analyse stratégique du besoin de Look et a procédé à une sélection draconienne; ce qui a mené à choisir cet éditeur adapté à ce besoin. Il ne faut pas s'imaginer qu'un ERP satisfait tous les besoins des entreprises, donc le choix est toujours différent. La méthode de sélection des éditeurs d'ERP pour entreprises de productions est décrite à partir de cet article suivant : Choix du PGI / ERP idéal chez un fabriquant international multi-site sur http://www.productivix.com/article320.html

Commentez !

Combien font "10 plus 8" ?