Immobilier d'entreprise. Signe de raréfaction des crédits publics, dans le nord Franche-Comté, deux initiatives dans le secteur de l'immobilier d'entreprises font appel au privé.

Dans l'aire urbaine, 24 entrepreneurs et bureaux d'études du bâtiment et des travaux publics (1) du Territoire de Belfort, du Pays de Montbéliard et de Haute-Saône se rassemblent pour bâtir 50 000 m2 de bureaux sur la zone d'activités de la gare TGV de Belfort-Montbéliard.

Initiée par la société d'économie patrimoniale du Territoire de Belfort (Sempat), la SAS Alliance, en création, se dote d'un capital de 5 millions d'€.

La société d'économie mixte garde toutefois la main. Elle sera actionnaire à hauteur de 51%. Chaque entreprise apportera un ticket d'entrée de 125 000 euros, les bureaux d'études entre 75 000 et 80 000 euros.

La moitié du capital sera libéré fin mars 2011 afin de démarrer la construction d'un premier immeuble avant la fin de l'année.

«Symboliquement, nous voulons qu'un premier chantier soit ouvert au moment de la mise en service du TGV Rhin-Rhône, en décembre 2011», indique Christian Proust, P-DG de la Sempat.

«Les acteurs locaux doivent s'impliquer pour que l'urbanisation autour de la gare soit une réussite», indique Claude Jacquet, dirigeant du bureau d'études BEJ qui réalise les études d'aménagement de la zone d'activités TGV et futur actionnaire.

Les entrepreneurs du BTP ne cachent pas leur intérêt quant à l'apport de business pour leurs entreprises respectives.

Le statut privé de la SAS autorise une attribution plus souple des marchés. «Les entreprises n'ont pas l'assurance de décrocher tous les marchés, mais elles peuvent porter de sérieux espoirs», affirme Christian Proust. «En outre, le statut privé de la société permet de décupler sa capacité d'emprunt».

Dans le Pays de Montbéliard, l'engagement d'investisseurs privés prend la forme plus classique d'une société d'économie mixte patrimoniale. Historiquement maître d'ouvrage directe de l'immobilier d'entreprise, la communauté d'agglomération de Montbéliard change toutefois de stratégie.

«L'économie mixte est plus réactive, de plus les collectivités locales sont dans une période budgétaire difficile», affirme Pierre Moscovici, président de Montbéliard Agglomération.

Actionnaire majoritaire, l'agglomération met dans la corbeille 25 000 m2 de bâtiments en partie rénovés et occupés : La Roche à Bart et les anciens locaux de PCI.

Elle a prévu un «éventuel» apport en numéraire d'1,2 million d'€, en fonction du succès de la constitution d'un capital de 6,2 millions d'€.

La Caisse des dépôts, une filiale d'EDF, la CCI du Doubs et Bâtifranc sont sur les rangs. Pierre Moscovici annonce aussi un accord de principe avec des industriels et des entreprises du BTP du Pays de Montbéliard. La finalisation est prévue pour le 1er trimestre de 2011.

Outre l'aide à la commercialisation des bâtiments apportés en capital, la SEM patrimoniale prévoit de construire, principalement sur la zone d'activités de Technoland, 1000 m2 d'ateliers, 800 m2 de bureaux et 15 000 m2 d'entrepôts logistiques. Elle pourra aussi faire du sur mesure pour des industriels locaux.

La communauté d'agglomération ne met toutefois pas ses œufs dans le même panier. Elle conserve dans son patrimoine 75 000 m2 de locaux professionnels qui génèrent 3 millions d'€ de loyers par an.

Les deux projets voisins d'une quinzaine de kilomètres et à la même finalité auraient-ils pu n'en faire qu'un ? Des deux côtés, la réponse est sans équivoque.

«La mutualisation des outils ne peut se faire que s'il y a une politique économique commune», déclare Pierre Moscovici.

«Une super Sem n'aurait pas beaucoup d'intérêt car les opérations immobilières doivent s'analyser une à une et les politiques ne sont pas forcément les mêmes», dit pour sa part Christian Proust.

(1) - Territoire de Belfort (14) : L'Aube (groupement d'entreprises, Belfort), Albizzati (gros œuvre, Danjoutin), Curti (peinture, Bavilliers), Enebat (bureau d'études, Châtenois-les-Forges), France Fermetures (menuiserie, Belfort), Espace INGB (bureau d'études, Belfort), MDTE (chauffage, Offemont), Negro (menuiserie, Bavilliers), Sogycobois (construction bois, Froidefontaine), Mirolo (sols, Belfort), Zannolfi Technologies (bureau d'études, Belfort), Mancini (peinture, Belfort) et à titre personnel, Kadir Cevirgen, architecte et Patrick Robert, chef de centre de Colas Est, Eguenigue).

- Pays de Montbéliard (8) : Climent TP (Voujeaucourt), Cetec Ingénierie (Montbéliard), BEJ (bureau d'études, Audincourt), Loichot (menuiserie métallique, Dampierre-les-Bois), Antonietti (construction métallique, Exincourt), SPCP (plafonds, Vieux-Charmont), Eimi (chauffage, Etupes) et Eimi Electricité (Seloncourt).

- Haute-Saône (2) : Cotta (bâtiment, Plancher-Bas), Santini Ingénierie (Vesoul).

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