Traces Ecrites News prend ses quartiers d'été. Nous vous souhaitons également une belle pause régénératrice et vous proposons un retour sur des informations marquantes du second trimestre écoulé, avant de vous rendre compte de nouvelles actualités à partir du 28 août prochain. Aujourd'hui : Les Eugène. Embarqué dans un véhicule utilitaire léger, le système de nettoyage Les Eugène s’attaque au nouveau et considérable marché des conteneurs de déchets bio. Cette innovation marque un net changement de dimension pour l’entreprise dijonnaise qui en est à l'origine, Le Signe de l’Environnement. Sa solution séduit un nombre croissant de villes d’importance.


ARTICLE PARU LE 13 JUIN 2023. Confiant et heureux, il peut l’être, François-Xavier Desertot : le patron de la petite société dijonnaise Le Signe de l’Environnement a remporté, il y a 18 mois, un appel d’offres de la métropole de Lyon pour installer et nettoyer des bacs à biodéchets. « Aujourd’hui, nous gérons dans cette agglomérfation un millier de bacs après une phase d’expérimentation à échelle plus modeste. Dans un an et demi, ce chiffre sera porté à 2.500 », complète le gérant de la Sarl.

Pour l’entreprise, ce premier marché hors de Dijon (Côte-d’Or) s’avère très prometteur, d’autant plus que le cas lyonnais est scruté de près par d’autres collectivités, qui s’intéressent à cette expérimentation grandeur nature de la gestion du flux de biodéchets. L’article L541-21-1 du code de l’environnement, né de la loi du 10 février 2020 Agec (anti-gaspillage pour une économie circulaire) impose, en effet, à ces collectivités locales de proposer des solutions de collectes des déchets biodégradables de leurs habitants.

Il y a donc urgence. « Nous sommes en contact avec Nantes et Bordeaux qui commencent à installer leurs bacs et nous expérimentons le nettoyage de 150 de ces contenants pour Plaine Commune Grand Paris », détaille François-Xavier Desertot.

 

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Derrière ces conquêtes de marchés se cache une vraie innovation de l’entreprise dijonnaise : un automate de lavage des bacs, monté dans un véhicule léger, capable de fonctionner en autonomie pendant une journée entière, avec cinq fois moins d’eau qu’un dispositif classique. L’eau de lavage est récupérée par le camion, avant d'être filtrée et remise dans le circuit.

Chaque nettoyage est rigoureusement documenté : l’opérateur, seul ou accompagné selon l’ampleur des tournées, active la balise RFID (identification par radiofréquence) du bac qu’il lave, puis le photographie en fin d’opération. L’automate a été développé par un autre Dijonnais, Automatismes du Centre Est (ACE), sur la base du cahier des charges fonctionnel défini par l’entreprise de nettoyage.

 

Un clin d’œil au préfet Poubelle

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L’eau de lavage est récupérée par le camion, avant d'être filtrée et remise dans le circuit. Chaque nettoyage est rigoureusement documenté. L'opérateur, seul ou accompagné selon l’ampleur des tournées, active la balise RFID du bac qu’il lave, puis le photographie en fin d’opération. © Arnaud Morel


La phase de développement s’est étendue sur 18 mois. Le premier véhicule fonctionne dès à présent au sein de Dijon Métropole, il se veut le préfigurateur d’une petite série. L’entreprise compte en effet atteindre une flotte d’une dizaine d’unités à l’horizon 2024. Un premier pas vers une extension plus large encore. « J’espère faire tourner entre 60 et 75 camions en 2025 », annonce le gérant du Signe pour l’Environnement.

L’entreprise, qui emploie 12 salariés, a réalisé un chiffre d’affaires de 2 millions d’€ en 2022. Elle compte parvenir à un montant de 4,5 millions cette année, puis bondir à 13 voire 15 millions en 2025. Il faut dire que le besoin est énorme : les bacs destinés à recevoir des déchets organiques doivent être lavés une à deux fois par semaine, là où leurs homologues pour les ordures ménagères classiques se contentent d’une fréquence de une à deux fois…à l’année.

Pour appuyer son développement, François-Xavier Desertot a breveté son automate de lavage. Il lui a donné un nom de marque : Les Eugène, référence au préfet Eugène Poubelle, qui établit à Paris une obligation de mise à disposition de contenant à ordures, dès 1883.

L’entrepreneur ne compte pas étendre son affaire, mais chercher des partenaires locaux qui puissent louer ses camions de nettoyage. « L’expérience lyonnaise m’a montré que si nous pouvions gérer simultanément des contrats comme Dijon et Lyon, nous ne pouvions pas aller au-delà sans faire trop grossir l'entreprise. Dès lors, nous proposons à nos partenaires un contrat de location, avec une accréditation de chacun des salariés à opérer un camion Les Eugène », précise-t-il.

 

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Le Signe de l’Environnement a d’abord été une entreprise de nettoyage écologique des tags, et c’est par ce biais qu’elle s’est intéressée au lavage des bacs. Elle a débuté dans cette filière grâce au contrat de nettoyage des bacs à ordures ménagères de la métropole dijonnaise décroché il y a cinq ans.

Le développement de l’automate a été largement financé par un prêt innovation de Bpifrance. « Ce crédit permet un vrai effet de levier : pour 1 € investi par l’entreprise, la banque publique en prête deux », note François-Xavier Desertot.

La prochaine phase de développement sera accompagnée d’une ouverture du capital en 2024. Le Signe de l’Environnement cherchera à lever autour de 2 millions d’€. « Nous passerons définitivement de la TPE que nous sommes actuellement à une belle et prometteuse PME », escompte son dirigeant.

 

« La vie d’entrepreneur, c’est jour et nuit »

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S'étant remis d'une première expérience d'entrepreneur mal terminée, François-Xavier Desertot rencontre le succès avec le développement du Signe de l'Environnement. © Les Eugène

« J’ai 53 ans. Les Eugène, c’est ma dernière cartouche d’entrepreneur »
, annonce, philosophe, François-Xavier Desertot. Dijonnais de naissance, il a suivi ses études au lycée Eiffel de la ville, avant d’intégrer une école de commerce à Lyon. Il est rapidement revenu en Bourgogne, « pour y faire naître » ses enfants et s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale. Sa première société, spécialisée dans l’enlèvement des graffitis, fonctionne puis périclite quand il tente de monter un réseau de franchises. « Je n’avais ni l’assise financière ni la structure pour cela, ce qui m’a conduit à la liquidation », explique-t-il. Il fonde ensuite le Signe de l’Environnement en 2005. Aujourd’hui, ce sportif, amateur de rugby et qui pratique encore le vélo et le ski, développe sa structure à un rythme maîtrisé. « On apprend de ses erreurs. La vie d’entrepreneur, c’est jour et nuit », glisse-t-il dans un sourire.

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