L’Union régionale des entreprises du paysage déploie un « jardin mobile » dans les établissements scolaires de Bourgogne-Franche-Comté pour faire connaître ses métiers et attirer les jeunes. Car les entreprises du secteur recrutent, non sans mal. Illustration dans la société Lantana Cornuet Paysage à Beaune en Côte-d'Or.


La météo est moins clémente qu’il y a quelques semaines, mais le travail continue pour les équipes de Lantana Cornuet Paysage, en cette fin novembre. L’heure est aux dernières plantations dans le parc qui donnera accès à la Cité des Climats et des vins de Beaune, dont le bâtiment en forme de cep de vigne ouvrira ses portes en mai 2023. « Notre clientèle est exclusivement composée de particuliers, à quelques exceptions près comme ce projet », précise Sébastien Marilly, directeur régional pour la Bourgogne-Franche-Comté.

La création et l’entretien de jardins et de tous types d'espaces extérieurs, hormis les piscines, forme le métier de Lantana Cornuet Paysage – du nom de Cornuet, l’entreprise beaunoise fondée il y a 30 ans et rachetée en 2015 par Lantana Paysage, groupe basé près de Tours (Indre-et-Loire). « Notre stratégie depuis toujours a consisté à internaliser l’ensemble de nos prestations », explique Sébastien Marilly. Y compris l’électricité, la menuiserie ou la pose de dallages, par exemple.

 

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En Bourgogne-Franche-Comté, Lantana Cornuet Paysage s’appuie sur deux agences, à Levernois à côté de Beaune (Côte-d'Or) et Mellecey près de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). L'entreprise emploie aujourd’hui 51 collaborateurs, dont 35 à Beaune contre 14 en 2016. Une évolution emblématique de la frénésie que connaît le secteur du paysage. « On constate depuis quelques années, et de manière encore plus marquée depuis la crise du Covid, un engouement grandissant pour le jardin et pour les espaces verts », assure Sébastien Marilly, avec sa casquette de trésorier de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) de Bourgogne-Franche-Comté.

 

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Un ouvrier de Lantana Cornuet Paysage égalise le terrain chez un client qui souhaite refaire sa terrasse. © Sabrina Dolidze


Pendant le confinement, 69 % des Français ont admis que les espaces verts leur avaient manqué, et ceux qui possèdent un jardin ont mesuré leur chance. Un Français sur deux est convaincu que la ville de demain sera d’abord végétale. La proximité d’un parc valorise un bien immobilier – jusqu’à 10.000 € s’il se trouve à moins de 100 mètres, estime l'Unep. Autre facteur qui joue en faveur du paysage : le changement climatique, la prise de conscience de l’intérêt de la végétation pour créer des îlots de fraîcheur en ville, le souhait de plus en plus affirmé de préserver la biodiversité. Pour 80 % des Français, le jardin constitue ainsi un lieu privilégié pour protéger l’environnement.

 

La moitié des entreprises peine à recruter

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Des arbres scrupuleusement taillés devant le bâtiment de l'entreprise à Levernois (Côte-d'Or). © Sabrina Dolidze


Résultat : les entreprises du secteur ont du travail. Et elles recrutent. Du moins, elles tentent de le faire.
Sur les 1.320 recensées en Bourgogne-Franche-Comté, qui emploient 3.400 personnes et réalisent un chiffre d'affaires cumulé de 245 millions d’€, 67 % souhaitent embaucher, mais 40 % avouent rencontrer des difficultés à trouver du personnel permanent et 10 % du personnel saisonnier. La pénurie de candidats a entraîné une hausse des salaires d’environ 10 à 20 %, ce qui pourrait améliorer l’attractivité du secteur.

 

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Les filières dans les centres de formation d’apprentis et en lycées agricoles font le plein, mais la demande sur le marché de l’emploi est désormais supérieure aux effectifs formés. En 2022, 455 postes étaient à pourvoir dans le paysage dans la région, de tous niveaux, de terrain comme de bureau ou d’atelier.

Sébastien Marilly le reconnaît volontiers : « Nous pourrions être 50 à Beaune ! Mais le marché local de l’emploi est éclusé ». Quelles solutions ? « Nous ouvrons une nouvelle agence à Dijon en mars 2023, pour aller recruter localement la main-d’œuvre qui nous fait défaut à Beaune ou à Chalon-sur-Saône. »

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Hugo et Romain, employés de Lantana Cornuet Paysage, mettent en place une chape. La terrasse en train d'être posée est en travertin composée de multiples formats. © Sabrina Dolidze


La formation de nouveaux collaborateurs par les entreprises du secteur constitue une autre piste
– près d’un salarié du secteur sur trois a suivi une formation en 2020. Et pour susciter les vocations dès le plus jeune âge, les entreprises du paysage ne manquent pas d’idées : un « jardin mobile », véritable démonstrateur des savoir-faire de la profession, a été créé par l’Unep Bourgogne-Franche-Comté et officiellement inauguré le 20 octobre dernier à l’école des Blanches Fleurs à Beaune. « Elle a vocation à promouvoir nos métiers auprès des plus jeunes, dans les écoles et les collèges », souligne Cédric Morel, président de l’Unep Bourgogne-Franche-Comté et gérant de Verdalis à L'Hôpital du Grosbois (Doubs).

Ce jardin mobile a été élaboré par des élèves du centre de formation d’apprentis de Quetigny et réalisé par les équipes de Lantana Cornuet Paysage. Il embarque, dans une remorque, plus de 50 végétaux, 300 litres d’eau en circuit fermé, 2 tonnes de matériaux… « Nos métiers ont évolué, ajoute le président régional de l'Unep. On ne pioche plus toute la journée, nos collaborateurs montent en compétences, mais nos métiers continuent d’être de passion. » Le discours pourrait faire mouche auprès du jeune public – des écoles de Dijon ou d’Autun sont déjà sur les rangs pour accueillir le jardin mobile l’an prochain. Auprès des jeunes filles en particulier, dans un secteur qui ne compte que 10 % de salariées.

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Sébastien Marilly est le directeur régional de l'entreprise rachetée en 2015 par le groupe Lantana Paysage basé près de Tours. © Sabrina Dolidze

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