L’entreprise Stéphane Gerbe de Saint-Vallier (Saône-et-Loire), célèbre pour habiller dans le haut de gamme les jambes des femmes de collants et bas, vient, contre toute attente, d’être sauvée par son actionnaire chinois et peut repartir avec 33 salariés des 41 salariés.

 

Les élégantes pourront encore s’acheter des bas 100% cachemire et des collants cousus au fil d’or 24 carats signés Gerbe. La fabricant de Saint-Vallier (Saône-et-Loire) ne changera pas de main une septième fois.
Contre toute attente, le groupe hôtelier chinois, Chogquing Tianci Hot Spring, appartenant à Chanlin Yang et sa fille Yunsan, et propriétaire  depuis 2015 de la manufacture Gerbe, a soldé le passif de 300.000 €, mettant ainsi fin au redressement judiciaire.

 

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Cette décision a été prise le 18 juin par jugement du tribunal de commerce de Chalon-sur-Saône. La juridiction s’appuie sur l’article 631-16 du code de commerce pour constater la capacité du débiteur à faire face au passif ainsi qu’aux frais de justice.
Maurice Picard, l’administrateur judiciaire, versant même au dossier un engagement écrit de la société Gerbe assurant qu’elle « règlera la dette si elle devait être supérieure à 300.000 €. »

 

Trois contrats signés pour un rebond espéré

Parallèlement, le tribunal écarte les deux offres de reprise, émanant de Kindy (chaussettes), implantée dans l’Oise, et des Ateliers Peyrache de Haute-Loire, l’une des sociétés d’un petit groupe textile, en ce qu’elles n’étaient pas recevables car « liquidatives » et non de « continuité d’activité. »
Au final des tractations, Kindy ne conservait que quatre personnes et les Ateliers Peyrache dix. Mais surtout, aucune des deux offres ne reprenait l’outil industriel, certes vieillissant mais unique, car les machines à tricoter utilisent jusqu’à 66 aiguilles, permettant une finesse de tissage et une grande solidité.

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Devenues rares en Europe, les machines Cotton de Reading et leurs 66 aiguilles permettent une finesse de tissage. © Arnaud Morel.

Le tribunal de commerce indique aussi que Chanlin Yang a obtenu trois accords pour la commercialisation auprès « d’acteurs incontournables de la distribution sur le territoire chinois. »
« Il s’agit d’un contrat purement commercial, d’un second pour de la vente par Internet et d’un dernier de publicité et de promotion », se félicite Philippe Genoulaz, le directeur d’exploitation de Gerbe.

 

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« Je suis sans doute mal placé pour le dire, mais l’engagement des actionnaires pour sauver l’entreprise a été total et il est par ailleurs pertinent afin d’assurer son rebond », évoque le directeur qui s’appuiera sur 33 des 41 personnes actuellement employées.
Gerbe, qui a connu ses heures de gloire dans les années 1980 avec un effectif de 800 personnes et des clients aussi prestigieux que Jeanne Lanvin, Coco Chanel et Christian Dior, réalise un peu plus d’1,5 million d’€ de chiffre d’affaires.

Le fabricant de dessous féminins commercialise quatre gammes, celle du quotidien avec 30 références, celles des produits fantaisie et de produits de séduction avec 15 références chacune. Enfin une gamme luxe qui illustre la "french touch" de cette Entreprise du Patrimoine Vivant.

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© Collections Gerbe

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