La fonderie Les Bronzes d’Industrie à Amnéville, en Moselle, engage un investissement de 6 millions d’€ sur trois ans en vue de développer son activité. L’usine lorraine, vaisseau amiral d’un groupe de 350 personnes aux racines familiales, s’offre un « ballon d’oxygène » pour son centenaire.


Les Bronzes d’Industrie (LBI) s’offre un nouveau terrain de jeu pour ses 100 ans d’existence. La fonderie installée à Amnéville (Moselle), dans la vallée de l’Orne, a récemment acquis auprès d’ArcelorMittal une parcelle de 22 hectares attenante à son site. Luc Lajoye, PDG de LBI, compare l’opération à « un ballon d’oxygène qui double la surface de notre site et donne à notre activité une visibilité sur trente ans ».
L’usine lorraine de 215 salariés engage, grâce à cette acquisition foncière, un plan d’investissement de 6 millions d’€ étalé sur trois ans. Elle va se doter d’un nouveau magasin d’expédition de 1.400 m² à l’horizon fin 2020 et s’équiper de nouveaux moyens de fraisage et de tournage.
Le site centenaire s’inscrit dans un groupe métallurgiste au capital majoritairement familial composé d’une mosaïque de cinq usines regroupées sous la bannière LBI Foundries. Celui d’Amnéville cultive sa singularité en fabriquant par centrifugation des pièces annulaires ou tubulaires de 55 grammes jusqu’à 20 tonnes. Spécialisée à l’origine dans les alliages non-ferreux à base de cuivre, d’où son nom, l’entreprise s’est ouverte aux alliages ferreux ou à base d’aluminium.

 

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« Nous nous démarquons en élaborant des alliages sur mesure pour nos clients. En cela, nous nous distinguons de nos concurrents qui produisent des tubes au kilomètre. Cette stratégie de niche nous a permis de perdurer. A titre d’exemple, nous fournissons à l’US Navy des pièces destinées aux catamarans de transport rapide de troupes », livre Bertrand De Mattia, responsable marketing du groupe. L’usine produit aussi bien des bagues d’étanchéité pour l’industrie navale que des pièces à destination de l’imagerie médicale.
À la demande du Centre national d’études spatiales (Cnes), elle a également mis au point un alliage destiné à la mission InSight qui s’est posée sur Mars en novembre 2018. Également positionné sur la fonderie d’art, le groupe signe aussi des pièces monumentales, à l’instar des six fontaines des frères Boullourec inaugurées en mars dernier sur le rond-point des Champs-Elysées à Paris.


Les trois métiers de métallurgiste, fondeur et usineur

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L’entreprise Bronzes d’Industrie conçoit et usine des pièces jusqu’à 6 mètres de diamètre. © Philippe Bohlinger

Particularité, Les Bronzes d’Industrie utilise peu de lingots d'alliage "prêt à l'emploi", mais compose ses recettes d'alliage à partir de métaux neufs et de déchets métalliques. « Notre activité totalement intégrée demeure un précieux atout compétitif. Nous réunissons sur notre site les trois métiers de métallurgiste, fondeur et usineur. Nous aurions des difficultés à être rentable si nous ne conservions que la seule activité d’usinage »,  éclaire Bertrand De Mattia. « Cet atout nous a permis de signer cet été un contrat d’un million d’€ dans le secteur de l’éolien off-shore. Il s’agit de fournir des bagues de 3,4 m de diamètre en cupro-aluminium à un client allemand. »
Véritable « couteau-suisse » de la métallurgie, le groupe LBI Foundries (350 salariés, chiffre d’affaires de 51 millions d’€ en 2018) peut compter sur ses sociétés sœurs, acquises par opportunité ces trente dernières années. Il s’agit, dans l’Est, de Tecnacem à Homécourt (Meurthe-et-Moselle), et ailleurs, de Fonderie Atlantique Industrie à Nantes, Inoxyda à Rouen, et Saint-Rémy Industrie dans l’Allier.
À titre d’exemple, le représentant de la nouvelle génération de sous-marins nucléaires, le Suffren, lancé le 12 juillet dernier à Cherbourg, est équipé d’une hélice issue des ateliers de Fonderie Atlantique Industrie.

 

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Qui sont Luc Lajoye et Bertrand De Mattia ?

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Luc Lajoye (à gauche) et Bertrand De Mattia. © Philippe Bohlinger
Fondée en 1919 à Clermont-Ferrand, l’entreprise Les Bronzes d’Industrie s’est rapidement implantée dans un petit atelier à Amnéville au cœur de la sidérurgie lorraine. C’est là que trois générations de dirigeants familiaux ont fait prospérer l’activité de fonderie. « Dans les années 70, LBI s’est développé à l’export pour sortir d’un périmètre commercial de 50 Km autour de l’usine. Résultat, le site exporte aujourd’hui 80% de sa production, principalement en Allemagne », éclaire Luc Lajoye qui a récemment succédé à son frère à la tête du groupe.
Leur neveu Bertrand De Mattia, responsable marketing de LBI Foundries, devrait lui succéder dans les prochaines années.

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