Michel et Bernadette de Saint-Jean, dirigeants des Ateliers Gauthier.
Michel et Bernadette de Saint-Jean, dirigeants des Ateliers Gauthier.

TEXTILE. L'un des derniers fabricants de chemises de l'hexagone accueille  demain Fabien Sudry, le préfet de Saône-et-Loire.

Le représentant de l'Etat ne manquera sûrement pas de vanter le made in France des Ateliers Gauthier.

Il s'intéressera aussi aux contrats de génération mis en place dans l'entreprise de Chalon-sur-Saône.

Depuis sa reprise en 2006 à la barre du tribunal de commerce, les époux De Saint-Jean ont embauché six jeunes.

Histoire de la reconstruction d'une aventure entrepreneuriale motivée par la préservation d'un savoir-faire.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Les années qui ont suivi la liquidation en 2006 des Ateliers Gauthier à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) ne sont plus qu'un mauvais souvenir pour Michel et Bernadette de Saint-Jean, les repreneurs.

Sans crier victoire dans un secteur très fragile, l'un des derniers fabricants français de chemises (2,4 millions d'€ de chiffre d'affaires en 2012), affiche un bilan en équilibre, flirtant même avec les bénéfices ces deux dernières années.

En cet automne, « le carnet de commandes est plein jusqu'en avril », assure Bernadette De Saint-Jean, directrice générale.

Signe d'un patient travail de reconstruction, les effectifs de 33 salariés au moment de la relance de la société sous forme d'une SAS en 2006, ont grossi d'une douzaine de personnes. Parmi elles, six jeunes.

La plupart sont formés au lycée Emiland Gauthey à Chalon-sur-Saône où une formation post bac Art et Couture complète le  bac professionnel de modélisme.

Deux d'entre eux bénéficient d'un contrat de génération, nouveau dispositif gouvernemental : des couturières sénior - certaines dans l'entreprise depuis 40 ans - les accompagnent en alternance pendant trois ans.

Patiente reconstruction

Ce passage de témoin consolide le long travail de reconstruction basé sur le pragmatisme.

« Nos couturières ont un savoir-faire irremplaçable, aussi fallait-il faire preuve d'adaptation avant de retrouver la confiance des fournisseurs et des marchés », explique la directrice générale. Les creux de production - ce fut notamment le cas en 2009 - sont occupés à la formation.

Travaux en perspective dans l'atelier des couturières.
Travaux en perspective dans l'atelier des couturières.

Informatique, langues étrangères : les couturières passent des certificats de qualification professionnelle. « Côté employablité, nous avons fait notre devoir », estime Bernadette de Saint-Jean.

L'entreprise vit à l'économie : elle réutilise le moindre papier de bureau  et morceau de tissu. Puis, progressivement, des investissements rajeunissent le système informatique et renouvellent les machines.

Dernièrement - ultime étape de la liquidation -, les dirigeants viennent, sur accord du tribunal de commerce, de racheter les locaux historiques de la rue Dewet, à deux pas du centre-ville de Chalon-sur-Saône.

Réduisant du coup la charge de loyer par des prêts bancaires intéressants et un différé de paiement grâce à un dispositif du conseil régional, ils vont pouvoir rafraîchir les ateliers datant de la fin des années 1940.

Premiers pas à l'export

Créatif et commercial de la société, pendant que Mme la gère, Michel de Saint-Jean a parallèlement renouvelé la collection de la marque Alain Gauthier (du nom du fils du fondateur).

En plus des détaillants des grandes métropoles, des stations balnéaires et de sport d'hiver, cette marque haut de gamme fait ses premiers pas à l'export : Japon, Russie, Afrique du Sud.

« C'est un travail de fourmi, nous allons sur place car pour l'instant nous ne pouvons pas faire de salon », raconte t-il.

La marque Alain Gauthier représente la moitié du chiffre d'affaires.
La marque Alain Gauthier représente la moitié du chiffre d'affaires.

La marque maison génère aujourd'hui la moitié du chiffre d'affaires.

Le reste est du travail à façon pour l'industrie du luxe.

Tout est quasiment Made In France avec des matières premières provenant d'Europe occidentale (Italie, Suisse, Angleterre…).

L'atelier portugais existe pour la flexibilité, assurent les dirigeants qui lui ont trouvé récemment une nouvelle occupation.

C'est là-bas qu'est fabriquée la toute jeune collection de chemisiers issue du rachat de la licence de la société TSG à Mâcon, liquidée en 2011.

Photos : Traces Ecrites et Ateliers Gauthier.

 
2 commentaire(s) pour cet article
  1. Séverine Thoumindit :

    Merci M. et Mme De Saint Jean pour l'accueil de nos élèves en stage (lycée Emiland Gauthey). Ces moments de formation aux Ateliers Gauthier permettent à nos jeunes d'acquérir des compétences professionnelles solides. Belle vie à votre entreprise !

  2. Xavier Charvetdit :

    Fidèle client de la chemiserie, je confirme vos propos, sur la qualité des produits élaborés par des couturières compétentes et qualifiées dans les ateliers Gauthier.Merci Monsieur et Madame de Saint Jean d'avoir repris cette entreprise et de la redéployer en permettant à des jeunes d'apprendre le métier aux côtés des plus anciens. Je vous souhaite réussite dans votre développement à l'international avec vos nouveaux investissements.

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