A situation inédite, conséquences du même tonneau : Crise sanitaire oblige, les exportations de vin de Bourgogne se rétractent au premier semestre. Le recul le plus important se situe aux Etats-Unis, premier débouché international, en raison de la taxe dite « Trump ». En France, la grande distribution commercialise toujours plus de bourgogne. Quant à la consommation en restaurant, c’est l’inconnu pour l’importance de la chute.

 

A des années record pour les ventes de bourgogne dans le monde succède un trou d’air lié en partie à la crise sanitaire. Sur le premier semestre 2020, les exportations baissent de 4,7 % en volume et 11,9% en valeur.
« Les chiffres à fin juillet sont meilleurs en cumul sur sept mois : moins 2%  en volume et moins 7% en valeur », annonce Louis-Fabrice Latour, l’un des deux co-présidents du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB).

 

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L’alcool rendrait violent au bout de trois verres

Une campagne de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les conduites addictives (Mildeca) sur les réseaux sociaux décrète que : « Un, Deux, Trois verres : l’alcool rend Joyeux, Festif, Violent. » Ce qui était encore la norme il y a 18 mois devient tabou aujourd’hui. Au nom de quoi et dans quel but : vouloir culpabiliser et réduire à néant des filières entières d’activité…
Le BIVB relaie un communiqué de l’Association Vin & Société qui fédère vignerons et interprofessions viticoles. « Cette campagne est révélatrice d’un glissement moral qui s’opère progressivement dans notre société, visant à stigmatiser toute consommation d’alcool », indique l’association.
On n’ira pas plus loin, au risque d’être irrévérencieux envers les donneurs de leçon de tout poil… Evidemment qu’il faut boire avec modération en toutes circonstances, alors santé !

 

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La cuverie de la maison Louis Jadot à Beaune. © Traces Ecrites

La pandémie Covid-19 n’est toutefois pas responsable de tout et a souvent bon dos. Le protectionnisme de certains états, la déconsommation de vin au profit d’alcools festifs comme la bière en plein essor, associés à des mesures de rétorsion telle la taxe dite « Trump », amplifient la mévente. L’exemple des Etats-Unis est typique de la situation.


Le Royaume-Uni sauve la mise

En raison aussi de cette taxe supplémentaire de 25% ad valorem (proportionnellement à la valeur), qui se répercute à 35 à 40% auprès du consommateur, en six mois, le premier marché export des bourgognes plonge de 19,3% en volume et de 29,1% en valeur, soit un manque à gagner de 1,7 million de bouteilles et de 32 millions d’€. « Une situation préoccupante car ce marché attend également le résultat de la présidentielle de novembre prochain », ponctue François Labet, président délégué de l’interprofession.

 

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Tout ne va pas si mal pour autant outre-Atlantique, car le Canada, troisième marché international, progresse de 2,4% en volume et de 2,5% en valeur. Autre bonne nouvelle : le rebond du Royaume-uni, longtemps porte-étendard des exportations bourguignonnes. Les déclinologues qui pensaient ce débouché perdu en raison du Brexit auraient mieux fait, encore une fois, de se taire. Au premier semestre, les ventes augmentent de 15,3 % en volume et 2,5 % en chiffre d’affaires.

tableauexportbivbCliquer sur l'image pour la grossir. Source : Douanes et BIVB


Cette réussite outre-Manche doit beaucoup au crémant (+62,5% en volume), très chahuté par ailleurs tout spécialement en France, ainsi qu’aux vins blancs tranquilles comme le mâcon (+35% en volume) ou encore chablis et petit chablis (+6,3%). Seule incertitude d’avenir, le Royaume-Uni réfléchit toujours à redéfinir ses règles d’importation en raison de sa sortie de l’Union Européenne.

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Les ventes en GMS progressent de 2% en volume et 2,5% en valeur sur le premier semestre 2020. © BIVB

En France, bien des caves se sont vidées durant le confinement. En attestent les ventes en grande distribution, tout spécialement les supermarchés et les drive, les consommateurs boudant de plus en plus les hypermarchés. La croissance atteint 2% en volume et 2,5% en valeur, due en grande partie au vins blancs : aligoté, saint-véran, chablis et bourgogne. Pour les restaurants, très durement touchés par leur fermeture imposée puis les mesures sanitaires, l’inconnue est totale.

Retournons au restaurant

Cette opération, lancée par The Fork (ex-La Fourchette) du groupe Tripadvisor, se veut en soi une belle initiative pour relancer la fréquentation des restaurants très impactée par la crise sanitaire. Depuis à partir du 17 septembre et jusqu’au 17 novembre, dans 22 pays, les restaurants qui le souhaitent proposent une réduction de 50% sur l’addition finale, hors boisson.
Il aurait, mais ce n’est qu’un point de vue, été plus judicieux, de réduire les coefficients sur les vins qui parfois atteignent 5 fois à 7 le prix d’achat... Interrogés, les deux co-présidents du BIVB, Louis-Fabrice Latour et François Labet, bottent logiquement en touche.
« Nous ne nous occupons pas du devenir de nos vins sur table, car ce n’est pas de notre ressort »,  clament-t-ils de concert.  Oui, mais un coefficient à seulement deux, voire trois, rendrait le produit plus abordable, donc attractif.

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Pouilly-Fuissé devient un premier cru

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© BIVB / Aurélien Ibanez

Au bout de dix longues années, c’est fait ! L’organisme de défense et de gestion de l’Appellation d’origine protégée (AOP) « pouilly-fuissé » décroche la mention premier cru pour 22 des parcelles (climats) de ce vin du Mâconnais (24% de ce vignoble de 800 hectares environ et quatre communes).
La première du genre pour une appellation communale de ce terroir à vin blanc. L’AOP pouilly-fuissé regroupe 350 producteurs, produit 40.000 hectolitres et les domaines exploitent 3 hectares de superficie en moyenne.

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