Jannin-Carnet emploie 35 personnes et fabrique principalement pour les domaines de l'énergie embarquée et de l'instrumentation.
Jannin-Carnet emploie 35 personnes et fabrique principalement pour les domaines de l'énergie embarquée et de l'instrumentation.

METALLURGIE. La tôlerie fine de précision Jannin-Carnet a été l’une des toutes premières entreprises à s’installer sur l’ancien site Kodak de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), reconverti en vaste zone d’activités après le départ du géant de l'argentique.

Après s’être battu contre le poids des charges de copropriété pratiquées par l’ancien gestionnaire, Gérard Jannin-Carnet, son dirigeant, dénonce l’attitude du Grand Chalon, le nouveau propriétaire des espaces publics qui, selon lui, reste sourd à ses demandes.

Signalétique insuffisante, défaut de parking, manque de concertation…, il regrette avec quelques autres de ne pas s’appeler Amazon à qui rien n'est refusé.

Cette situation n’empêche fort heureusement pas l’entreprise de tourner et d’investir lourdement dans du matériel toujours plus performant.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Gérard Jannin-Carnet est un personnage haut en couleurs. Connu comme le loup blanc dans le secteur de la tôlerie fine de précision et reconnu pour son professionnalisme, le dirigeant de l’entreprise qui porte son nom n’a pas sa langue dans sa poche.

Installé parmi les premiers sur l’ancien site Kodak de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), reconverti en vaste zone d’activités baptisé Campus Industriel, il s’est déjà battu contre le poids de charges « démentielles » facturées par L’A.S.L (Association Syndicale Libre) née en 2005 et regroupant tous les propriétaires.

« Le site était fermé, gardienné, vidéo-surveillé, ils l’ont joué à l’américaine sans regarder à la dépense », indique Gérard Jannin-Carnet. « Les charges atteignaient jusqu’à 1,5 million d’€ à l’année, c’était impossible à assumer pour des PME », confirme Hervé Juillet, patron du plasturgiste API (1,5 million d’€ de chiffre d’affaires, 15 salariés).

Depuis mars 2012, l’agglomération du Grand Chalon a repris les espaces publics, les a ouverts et y investit 8 millions d’€ principalement dans la voirie et les réseaux divers.

Ce qui aurait pu être un bien ne l’est pas vraiment devenu aux yeux de nos deux industriels. « Je dénonce depuis l’absence de concertation, une signalétique très insuffisante et le fait qu’on m’interdise d’acheter un petit morceau de terrain pour faire des places de stationnement face à mon entreprise », vitupère Gérard Jannin-Carnet.

Jannin-Carnet s'est équipé d'un matériel de production de plus en plus performant.
Jannin-Carnet s'est équipé d'un matériel de production de plus en plus performant.

La refiscalisation des heures sup : « une belle connerie » 

Très remonté contre les édiles du cru, il nous prouve par A + B ses dires lors d’une découverte des lieux : le GPS ne reconnaît aucun nom de rue et de fait, de nombreux chauffeurs de poids lourds implorent à qui passent à leur portée leur chemin (*).

« On serait prêt à payer une signalétique, mais on nous le refuse et pire, les services du Grand Chalon ont retiré le peu d’indications qui permettaient de nous trouver », certifie Hervé Juillet qui regrette avec son collègue de ne pas s’appeler Amazon à qui l’on a fait un pont d’or pour venir installer une base logistique sur le territoire communautaire.

Interrogé officiellement, la communauté de l’agglomération du Grand Chalon précise qu’il y avait déjà «  urgence à refaire tous les réseaux secs et humides, ainsi les voiries et l’éclairage pour assurer la pérennité du site ». Elle ajoute qu’il faudra encore « patienter juste encore un peu de temps pour la signalétique et les parkings, évidemment prévus ».

Cette polémique ne doit pas faire oublier l’essentiel : l’entreprise Jannin-Carnet (4 millions d’€ de chiffre d’affaires, 35 personnes) où travaillent la femme et les deux filles du fondateur.

Née en 1973 à Rully (Saône-et-Loire), elle fabriquait au départ des armoires électriques et des pupitres pour Saint-Gobain, puis elle s’est lancée avec Bull à Belfort dans les coques d’ordinateurs.

Comme pour la découpe, la zone de soudage est très automatisée.
Comme pour la découpe, la zone de soudage est très automatisée.

De fil en aiguille, l’entreprise prospère au point d’avoir besoin de place (**). Faute de pouvoir s’étendre à Rully, elle achète à Chalon-sur-Saône, l’un des nombreux bâtiments de Kodak et reprend sept salariés de l’ancien géant de la photographie argentique (ndlr : ils ne sont plus aujourd'hui que trois).

Ici, l’espace ne manque pas. Une visite attentive fait découvrir 6000 m2 d’ateliers divisés en quatre grandes zones : découpe laser, formage, soudure et traitement de surface.

La première retient plus particulièrement l’attention.

On y découvre un gigantesque centre de découpe entièrement automatisé et installé depuis 2008 pour 1,5 million d’€. « Nous allons réinvestir, toujours en découpe pour un million d’€, car il faut être toujours plus réactif et productif », explique Gérard Jannin-Carnet qui n’a pas son pareil pour dénoncer la refiscalisation des heures supplémentaires.

« Une belle connerie qui ne créera pas plus d’embauche, mais permettait à nos collaborateurs d’arrondir leurs fins de mois de quelques heures mensuelles, car si l’on veut préserver notre industrie encore présente, il faudra qu’un jour ceux qui nous gouvernent comprennent que le coût du travail est bien trop cher en France ».

L'entreprise préserve un savoir-faire de plus en plus menacé.
L'entreprise préserve un savoir-faire de plus en plus menacé.

Relire sur le même sujet notre article : Chalon-sur-Saône : l'ancien site Kodak reprend vie

(*) De guerre lasse, l’auteur de cet article s’est fait guider par téléphone pour trouver la tôlerie fine Jannin-Carnet.

(**) Elle produit aujourd’hui principalement pour les domaines de l’énergie embarquée (coffres à batterie) et l’instrumentation : pupitres et armoires. Elle fait même des châssis pour Cermex, spécialiste dijonnais des machines d’emballages de fin de ligne.

Crédit photos : Jannin-Carnet

5 commentaire(s) pour cet article
  1. GEDdit :

    Bjr Traces Ecrites Connaissant particulièrement bien le site ex-Kodak, je dois dire que vous êtes encore en dessous de la réalité. Mais c'est toujours comme ça lorsqu'une collectivité fonctionnarisée à mort veut faire de l'entrepreunariat. Avec toute l'incompétence qui va de paire. Et là, on est servi ! Les Janin-Carnet ont bien du mérite dans ce contexte.

  2. Hubertdit :

    Bonjour, La ville de Chalon investit dans son Industrie. Il eut été séant que Traces Ecrites soutînt et illustrât ces (trop rares) initiatives des collectivités et des politiques qui les gouvernent. Je n'ai pas noté beaucoup d'articles sur ce thème depuis deux années. Je confirme que les transporteurs ont des difficultés à trouver leur chemin, et j'ai du mal à les orienter via internet quand ils me sollicitent vers 1 ou 2 h du matin, venant du Magrehb ou d'Europe de l'Est. Espérons que ceci sera rapidement réglé car ce n'est pas très compliqué. Bonne journée. Jérôme Hubert

  3. Christiane Perruchotdit :

    A monsieur Chevallier, Merci à votre tour d'étayer vos dires. Où avons-nous failli ? Nos lecteurs nous enrichissent. Bien cordialement, Didier Hugue

  4. CHEVALLIERdit :

    Les articles de ce site sont en général plutôt bien faits. Celui-ci est particulièrement "bordel": les répétitions, les thèmes non étayés,..........

  5. Gilles Delatredit :

    Bonjour Traces écrites, Je suis toujours ébahi par ces témoignages. Des élus sont-ils abonnés à votre newsletter le terrain ? Réagissent-ils? Vous ont-ils déjà invité à témoigner de vos reportages/expériences pour tenter d'améliorer les choses ? Question signalétique fantôme, vous êtes-vous déjà promenés dans la ZI de Lons-Jura? J'imagine qu'il y a de multiples autres cas. Bonne journée. Gilles Delatre

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