TRANSPORT FLUVIAL. La conjugaison de mauvaises conditions de navigation sur le fleuve et de la conjoncture économique entraînent une baisse de trafic de près de 15 % dans le port haut-rhinois, troisième port intérieur français après Paris et Strasbourg.

Le transport des produits chimiques, pétroliers et les minéraux destinés au BTP est le plus affecté. Le ferroviaire limite la baisse du trafic conteneurs.

La confiance sur le long terme encourage la création d’un troisième terminal à l’horizon 2016.

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Les Ports de Mulhouse-Rhin (PMR) n’ont pas échappé par miracle aux circonstances défavorables qui ont pesé sur l’ensemble du trafic rhénan l’an dernier. Leur activité 2011 s’affiche en baisse de 14,7 %, soit un trafic de 4,51 millions de tonnes.

Pratiquement tous les postes du vrac reculent : denrées alimentaires,  produits pétroliers (-16 %, à 1,123 millions de tonnes), minéraux (-24 %, à 801.859 tonnes), produits chimiques (-22%, à 402.641 tonnes).

Le chavirage du bateau-citerne Waldhof en début d’année en Allemagne, puis les perturbations de navigation sur le Rhin engendrées par les basses eaux au printemps et à l’automne ont exercé leur impact.

«La conjoncture est venue accentuer ce phénomène, on ressent son effet notamment sur les produits chimiques, pétroliers et les minéraux destinés au BTP», souligne Jacky Scheidecker, le directeur des PMR.

Du côté des conteneurs, le fluvial a baissé pour les mêmes raisons, de 20,3%, et se situe à 49.789 EVP (équivalents vingt-pieds). Son recul a été partiellement compensé par le ferroviaire qui augmente de 6 %, de sorte que tous modes confondus (eau, rail, route), le trafic conteneurs limite sa diminution à 8 %, soit un total de 144.617 EVP.

La confiance sur le long terme envers le conteneur reste entière. Elle pousse les Ports de Mulhouse-Rhin à étudier sérieusement la création d’un troisième terminal à l’horizon 2016.

Les deux actuellement en exploitation menacent de saturation et l’un d’eux va être bien occupé par un nouveau trafic de PSA Peugeot-Citroën vers son usine russe de Kaluga.

Le projet de coopération RheinPorts en suspend

Mulhouse n’a pas freiné son effort d’investissement en 2011, loin de là.

Parmi les principales opérations, figurent l’acquisition d’une grue mobile de 64 tonnes de capacité de levage pour 1,7 million d’€, la construction d’un hub vraquier pour 1,1 million d’€ et l’extension du silo du site de Huningue.

Bien plus lente est l’avancée du dossier de renouvellement de la concession dont l’échéance se rapproche à grands pas, puisqu’il s’agit de 2015.

L’inertie française pénalise le projet de coopération RheinPorts qui vise à terme la fusion avec les voisins de Bâle (Suisse) et Weil-am-Rhein (Allemagne).

Elle bloque la perspective d’une séparation juridique entre les activités foncières et d’exploitation, recherchée pour se caler sur le modèle des deux autres pays.

«Nos collègues suisses et allemands attendent des réponses depuis des années. Je ne suis pas sûr qu’ils attendront encore longtemps», soupire Jacky Scheidecker.

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