La société familiale compte rééditer dans les trois ans un investissement d'une ampleur similaire à celui de 7 millions d'€ opéré il y a une dizaine d'années pour accompagner l'élargissement de sa palette de matières traitées. Les hausses qui s'annoncent de volumes de déchets professionnels à récupérer et valoriser motivent ses nouvelles ambitions.
Le recycleur de déchets Seteo se prépare à entrer dans une nouvelle dimension. L’entreprise familiale dijonnaise pose les jalons de l’extension de son site principal « Ecozone » à Saint-Apollinaire, aux portes de Dijon. Le projet représentera un investissement de plusieurs millions d’€. « Nous devrions nous situer très près de l’enveloppe de 7 millions d’€ consacrée à une première grande phase de développement qui est entrée en service en 2014 », souligne Pierre Gouverneur, le dirigeant de Seteo avec son frère Bastien, en succession de leur père Hervé.
Pour cette « tranche 2 », Seteo poursuit l’objectif de l’organisation de l’enquête publique dans le courant de cette année, en vue d’effectuer les travaux en 2024 et 2025. La PME entend ainsi atteindre les capacités qui lui permettront de répondre aux volumes attendus croissants de déchets à collecter et valoriser, auprès des professionnels qui constituent son cœur d’activité. « Les responsabilités élargies des producteurs (REP) qui se mettent en place progressivement pour de nouvelles filières en ce moment ont été décidées pour susciter une telle dynamique », rappelle Bastien Gouverneur.
L’une d’entre elles, installée en ce début 2023, concerne le secteur d’activités pilier de Seteo : le bâtiment. C’est lui qui a fait entrer l’entreprise dans le monde du recyclage de déchets en 1976, à l’initiative de Jean, le grand’père des actuels dirigeants.

Seteo s’est positionnée comme prestataire des sociétés locales et, pour l’essentiel, cette stratégie géographique n’a pas changé. « Pour les déchets non dangereux, nous limitons volontairement, et sauf exception, notre rayon d’action à la Côte-d’Or et plutôt à l’agglomération de Dijon et à ses zones limitrophes. Intervenir plus loin n’aurait pas de pertinence économique », exposent les deux frères dirigeants.
Une telle expansion requérerait d’acquérir un ou des confères, mais la croissance externe n’est pas inscrite à l’ordre du jour de la stratégie. L'augmentation de la liste des matières traitées l'est, en revanche. Seteo a grandi par élargissement de son offre aux bois usagés, aux ferrailles – principalement celles de démolition, en cohérence avec les places fortes de la société dans le BTP – ainsi qu’aux papiers, cartons et plastiques d’origine professionnelle. Ces derniers sont regroupés au centre de tri de l’autre site à Saint-Apollinaire, route de Gray, équipé d’une presse récente (elle date de 2017).
Au total, la PME a porté ses volumes traités à quelque 100.000 tonnes annuelles toutes catégories confondues, générateurs d’un chiffre d’affaires annuel de 15 millions d’€, ayant doublé en huit ans. Ses effectifs ont également progressé dans le même temps, passant de 32 à 50 salariés. Outre les déchets d'activités économiques (DAE), elle a commencé à percer auprès de collectivités locales, pour la gestion de déchèteries.
Rare traitement des déchets dangereux

Dans la palette des gisements traités sur le site Ecozone, figurent les déchets industriels dangereux. Peintures, solvants, résines et autres substances ont mobilisé les efforts de recherche et développement de Seteo. « Nous nous sommes dit qu’il existait un créneau qui pouvait nous démarquer des confrères et justifier alors un périmètre d’intervention plus large : le traitement des effluents générés par les déchets dangereux et leur regroupement et leur entreposage sécurisé, que nous assurons aussi, au demeurant », soulignent Pierre et Bastien Gouverneur.
Une fois déchargés par les camions dans deux dégrilleurs et « tracés » par un bordereau faisant foi, ces effluents (boues, eaux souillées, eaux de séparation des hydrocarbures, lixiviats...) rejoignent de grandes cuves d’une capacité de stockage totale de 650 mètres cubes. Ils vont y séjourner, le temps d'être acheminés dans l'atelier dédié, où ils font l’objet de trois types de traitement : physico-chimique, biologique et par évapo-transpiration qui s’apparente à une distillation. Le tout sous la validation d’un laboratoire faisant face au centre de traitement. La petite équipe qui le compose prélève des échantillons pour analyse, chez le client d'abord, ensuite à l'arrivée du chargement sur l'Ecozone, puis en fin de process. Ce centre de traitement a la capacité de « purifier » 35.000 tonnes par an. De quoi accompagner la suite de l’histoire Seteo pour un certain temps.

Les deux frères ont repris en 2018 les rênes de l’entreprise, à l’occasion du départ en retraite de leur père Hervé, qui garde un œil actif – et bienveillant – sur les destinées de Seteo et en assure formellement la présidence. Leur parcours est proche, mais pas complètement parallèle. Pierre, 39 ans, directeur général, a suivi des études commerciales supérieures puis s'est tourné rapidement vers le monde de l’environnement, chez un major du secteur avant de rejoindre l’entreprise familiale. Bastien, 42 ans, a également suivi une fonction commerciale qui aurait pu le mener dans d’autres univers. « Mais quand on entre dans le déchet, on n’en sort pas », plaisante-t-il. Exerçant la direction commerciale, il complète avec pertinence le profil plus technique de son frère.






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