AMÉNAGEMENT. La Zac de 57 000 m2 au sortir de la gare voit pousser ses premiers bâtiments.

Les opérateurs se montrent confiants sur son remplissage, grâce à sa localisation en centre-ville.

Mulhouse (Haut-Rhin) mise beaucoup sur sa Zac « Gare TGV – Canal ». C’est là, au débouché de la gare centrale, que la ville a décidé d’implanter son quartier d’affaires destiné à tirer profit de l’arrivée du TGV Rhin-Rhône.

Elle met en avant deux atouts principaux, géographiques tous les deux : à l’échelle de l’agglomération, la position du projet en centre-ville, à la différence par exemple des zones d’Auxon et de la Jonxion adossées aux gares périphériques de Besançon et Belfort-Montbéliard ; à l’échelle du Grand Est, une localisation également à l’intersection de plusieurs axes.

«Nous pouvons attirer ici des pôles de décision régionaux entre Nancy et Dijon. Et nous sommes dans le Hinterland de Bâle», souligne le maire (UMP) Jean Rottner.

Mulhouse a fait appel au renommé architecte-urbaniste David Mangin pour concevoir le site. Le maître d’œuvre a proposé d’ «étirer» les bâtiments pour faire longer le tout en parallèle du bout de canal Rhin-Rhône qui part du même endroit.

Et ainsi, mettre en valeur cette portion de voie d’eau souvent négligée. «Cela évitera de réaliser ici simplement une nième Zac TGV», estime-t-il.

Une visite du chantier permet de se rendre compte de l’état d’avancement du projet. Côté construction, tout se passe dans le calendrier prévu. Le promoteur strasbourgeois Lazard livre en décembre un premier immeuble de bureaux de 3 000 m2 qui a trouvé son locataire : le groupe industriel Wärtsilä pour son siège France.

Son confrère Nacarat (filiale du groupe lillois Rabot-Dutilleul) suivra avec 7 500 m2 en deux bâtiments dont les permis de construire seront déposés cet automne puis en fin d’année.

L’aménageur de la Zac, la SERM (Société d’équipement de la région mulhousienne) annonce des contacts «bien en cours» avec un autre promoteur. Ce qui donne une «offre potentielle de 14 500 m2». Comparé aux 57 000 m2 constructibles, même déduits les 3 000 m2 loués, il reste de la marge.

Un aménagement à 10 ans

Mais, pas de panique ! D’une part, le total comprend un hôtel de 80 chambres en standing 3 étoiles plus dont le processus de réalisation démarre lui aussi.

La SERM lance le concours pour constituer l’équipe d’architecte, exploitant et investisseur (cette troisième composante étant toujours la plus difficile à trouver dans cette typologie d’immeuble). «L’objectif est d’avoir cette équipe complète au printemps prochain pour livrer fin 2013/début 2014», poursuit Stéphan Muzika, directeur général de la SERM.

On ajoute donc 5 000 m2 au compteur. Quant au solde, Mulhouse se donne une bonne dizaine d’années pour le sortir de terre.

Car il ne s’agira pas de construire pour le plaisir de construire, au risque d’accumuler les bâtiments vides. Le quartier d’affaires s’adaptera au rythme du marché. Pour l’heure, la SERM indique 9 000 m2 de demande exprimée.

Afin de créer un «effet boule de neige», trouver une «signature» serait bénéfique. On entend par là un occupant dont le nom puisse faire tilt auprès des opérateurs immobiliers au-delà de l’agglomération.

Ce n’est pas faire injure, mais Wärtsilä ne remplit pas ce critère et ses 3 000 m2 administratifs seront le vestige d’une aventure industrielle aujourd’hui terminée : ce groupe finlandais avait repris par étapes un pilier de l’industrie mulhousienne, la SACM (l’ancêtre d’Alstom) pour finalement en fermer les derniers ateliers de production.

Crédit photo: Christian Robischon et illustration SERM (cliquez sur ce plan pour l'agrandir).

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