La filiale locale de Keolis, opérateur international de transport, revendique 80.000 utilisateurs en onze mois et gagne 300 clients par jour. L’initiative séduit notamment les utilisateurs ponctuels : touristes et habitants extérieurs à la métropole dijonnaise.

Près d'un an après son lancement en première nationale, le 27 mars 2018, le paiement sans contact par carte bancaire des transports en commun dijonnais se révèle un vrai succès. Keolis Dijon Mobilités, l’exploitant et la filiale locale de l’opérateur international de transport éponyme, assure globaliser pas moins de 80.000 utilisateurs en onze mois.
« Nous en avions 3.900 au bout de trente jours, 39.000 après un semestre et nous gagnons actuellement 300 clients par jour », indique Bernard Baron, le directeur de la relation client, qui estime les objectifs plus que dépassés, voire surprenants pour un centre urbain de cette importance (près de 260.000 habitants dans l'agglomération.

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Avec sa carte bancaire qu'il présente devant une borne spécifique à l'intérieur du véhicule – et différente des bornes de lecture des tickets et cartes d'abonnement –, le voyageur valide son trajet, mais aucun ticket ne lui est délivré. Le montant est débité directement sur son compte bancaire. Les contrôleurs sont dotés d'un appareil de lecture qui vérifie l'achat d'un trajet par l'identification de la carte bancaire.
Cette solution dite d’« open payment », initiée à l'origine sur les deux seules lignes de tramway, a été étendue à d’octobre à décembre derniers à l'ensemble du réseau de transport en commun qui compte également 23 lignes de bus. Plusieurs raisons expliquent ces résultats. Mise au point par le spécialiste des modes de paiement innovants, Worldline, filiale du groupe Atos, le dispositif n’a pas rencontré de problèmes sérieux de dysfonctionnement.
« Il a juste fallu l’adapter aux nombreuses cartes bancaires en circulation dans le monde, ce qui a été fait progressivement dès les premiers mois et, en outre, réduire le temps de lecture des cartes lors des contrôles », précise le directeur de la clientèle.

Un réseau de transport très fréquenté

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Un effectif de 67 personnes sur 500 collaborateurs travaillent aux services techiques des matériels roulants sur Dijon, pour notamment s'occuper de vingt-deux rames de tramway. © Keolis.

La facilité offerte de ne pas avoir à acheter de titre de transport séduit surtout les touristes et les habitants extérieurs à la métropole dijonnaise, clients ponctuels. Le phénomène est particulièrement topique lors de grands événements comme les matchs du DFCO, l’équipe de football de ligue 1, les grands concerts et plus généralement le vendredi, pour les sorties en soirée.
A la question de savoir si cela réduit la fraude, évaluée entre 10 et 15% des trajets, Keolis n’a pas encore de données fiables, mais le juge cette éventualité « très probable ».

 

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Le coût global d’investissement du système s’est élevé à 500.000 € pour équiper les matériels roulants : 22 rames de tramway et 200 bus en bornes de validation, logiciels et appareils spécifiques de contrôle.  « Pour l’année en cours, nous avons par ailleurs provisionné 100.000 € au titre du fonctionnement pour 765.000 trajets », détaille Bernard Baron de Keolis Dijon Mobilités.
Le délégataire de service public, reconduit en 2017 pour six ans, exploite un réseau très fréquenté qui recense 47 millions de trajets annuels, aussi performant que ceux de métropoles plus importantes comme Toulouse ou encore Rennes.

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Le réseau de transport intègre également 23 lignes de bus et 200 véhicules roulants simples ou articulés. © Keolis.

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