L'entreprise nivernaise investit plus de 4,5 millions d'€ sur son site de Saint-Péreuse.
L'entreprise nivernaise investit plus de 4,5 millions d'€ sur son site de Saint-Péreuse.

AGROALIMENTAIRE. Le spécialiste des biscuits à la cuillère consacre plus de 4,5 millions d’€ pour doubler la surface de son site de production implanté à Saint-Péreuse (Nièvre), et multiplier par deux et demi, voire trois, ses capacités.

Ce développement reçoit l’appui financier du conseil régional de Bourgogne, du conseil général de la Nièvre et anciennement d’Oséo, aujourd’hui intégré à Bpifrance.

En dépit de ces aides publiques, objet d’une parfaite transparence dans des rapports circonstanciés, ni le directeur de l’entreprise ni les dirigeants du groupe Saint Michel, l’actionnaire de référence, n’ont souhaité répondre à nos questions.

La société Saint Michel Grobost, à Saint-Péreuse (Nièvre), fabricant de biscuits à la cuillère haut de gamme à partir d’une recette d’Eugène Grobost, chef au Carlton au début du siècle dernier, conduit un important projet de développement.

Une nouvelle ligne très performante sera opérationnelle en 2014.
Une nouvelle ligne très performante sera opérationnelle en 2014.

Cette SAS au capital de 250 000 €, créée en avril 2010 à la suite du rachat de Biscuits Grobost par le groupe Saint-Michel, porte un investissement supérieur à 4,5 millions d’€ qui lui permettra, l’an prochain, de doubler de surface - de 700 m2 à 1472 m2 - et d’acquérir une nouvelle ligne de fabrication multipliant par 2,5, voire trois ses capacités de production.

Si la construction immobilière (1,9 million) ne fait l’objet d’aucune aide, le volet équipement matériel bénéficie de contributions publiques.

Sur un coût de 2,64 millions d’€, la région Bourgogne accorde une subvention de 120 000 € et le conseil général de la Nièvre verse 80 000 €.

De son côté, Oséo, aujourd’hui composante de Bpifrance, alloue un prêt de 500 000 €, avec différé de remboursement, en appui à l’innovation que favorisera cette nouvelle ligne.

Car l’entreprise (2,529 millions d’€ de chiffre d’affaires en 2011, une vingtaine de salariés) se distingue par « un process de fabrication de biscuits à la cuillère spécifique à base de blanc d’œuf foisonné », indique le rapport régional.

Ses ventes (85%) se font essentiellement en grande distribution et sous marques distributeurs.

Saint Michel est le numéro un français de la madeleine.
Saint Michel est le numéro un français de la madeleine.

Un groupe d’appartenance très discret

Le futur équipement préservera les caractéristiques gustatives du produit sans ajout d’additifs ou de conservateurs. Il sera de plus polyvalent, autorisant la fabrication d’autres pâtisseries, comme des meringues ou des soufflés aux amandes.

Relancée en 1991 par Frédéric Grosbost, arrière petit-fils d’Eugène Grobost, et indépendante jusqu’en mars 2010, la biscuiterie s’est adossée au groupe Saint Michel. Ce dernier est bien connu de tous les petits becs sucrés.

Il possède huit usines en France qui fabriquent notamment les fameuses Galettes et est le numéro un français de la madeleine en exploitant un site à Commercy (Meuse).

Dirigé de Contres (Loir-et-Cher) par Xavier Gervoson, Saint Michel emploie environ un millier de personnes et aurait réalisé selon nos confrères d’Ouest France, un chiffre d’affaires de 200 millions en 2011.

Xavier Gervoson est le fils de Jean Gervoson et le frère de Frédéric Gervoson. Le premier n’est autre que le fondateur d’Andros, fabricant de confitures et de desserts (Bonne Maman, Marie Nova…), et le second son dirigeant actuel. La fortune actuelle de cette famille, selon Challenges, serait estimée à 350 millions d'€.

Très discret, pour ne pas dire secret, ce groupe agroalimentaire tentaculaire, implanté à Biars-sur-Cère (Lot), atteindrait 1,6 milliard d’€ de chiffre d’affaires.

Malgré nos différentes demandes d’interview, formulées auprès de Vincent Miginiac, directeur du marketing de Saint Michel, nous avons fait chou blanc.

Un process de fabrication unique.
Un process de fabrication unique.

Une étonnante volée de bois vert

Mais quelle mouche a bien pu piquer Frédéric Grobost, directeur opérationnel de l’entreprise qui porte son nom ? Ce chef d'entreprises était des plus affables lorsque nous l’avions rencontré il y a quelques années, au point d’être invité à déjeuner dans la maison familiale et de se délecter de quelques anecdotes vécues durant son service militaire (*).

Aussi, quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous avons voulu refaire le portrait de sa biscuiterie, adossée dorénavant au groupe Saint Michel, à l’aune de ce développement financé en partie par les fonds publics.

«  Est-ce que je vous en pose des questions moi pour savoir combien vous gagnez ; si vous êtes mariés sous contrat ; les impôts que vous payez… ».

On a eu beau plaider, avant qu’il nous raccroche au nez, qu’un rapport du conseil régional de Bourgogne, que tout le monde peut consulter, expliquait tout ou presque, et qu’un article d'une demi-page était paru chez nos confrères du Journal du Centre, avec commentaire de sa part et photos du journaliste, rien n’y a fait. Lire : La Biscuiterie Saint Michel Grobost double sa surface de production

(*) Affecté à l’Élysée dans la brigade des cuisiniers sous François Mitterrand, Frédéric Grobost s’est vu commander en direct par l’ancien président de la République l’un de ses plats préférés : du haddock.

Crédit photos : sites Internet de Biscuits Grobost et Saint Michel

1 commentaire(s) pour cet article
  1. Bruillot Dominiquedit :

    Alors les amis, vous vouliez des biscuits sur cet investissement… on vous a ramassé à la petite cuillère (humour). Cela dit, il doit être difficile, parfois, d'admettre que votre propre nom, devenu marque à part entière, vous échappe.

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