Le Medef Côte-d’Or qui invitera en février les candidats aux élections municipales de Dijon à présenter leur programme économique convie ses adhérents, à l’occasion des voeux 2020, à s’interroger sur l’impact de leur activité sur la biodiversité et à s’impliquer dans les projets initiés par les collectivités locales. Dans le Territoire de Belfort, une autre organisation patronale, la CPME 90 exhorte les entrepreneurs à entrer dans les conseils municipaux pour réduire « le fossé entre la décision politique locale et la réalité du terrain. »


Le Medef qui en Côte-d’Or accroit son influence avec 2.000 adhérents (*), n’est pas coutumier des discours sur l’écologie. C’est pourtant vers cette voie que David Butet, son président, veut conduire les entreprises en 2020. « On ne pourra plus mener une action sans penser à la préservation de notre planète », a t-il dit à son auditoire, mardi 21 janvier, à l’occasion des voeux de la nouvelle année.
Pour enfoncer le clou, il avait invité Almir Narayamoga, chef de la tribu Surui au Brésil qui se bat depuis une trentaine d’années pour préserver de la déforestation, les 250.000 hectares de cette partie de la forêt amazonienne où vivent environ 1.400 indigènes. Le chef Almir n’a pas pu témoigner de la lutte qu’il menait contre les intérêts économiques et politiques du gouvernement Bolsonaro qui laissent les déforesteurs grignoter la forêt au profit de mines de diamant et de cultures de café ou de soja. Car il n’a pas pu quitter le Brésil, une énième fois menacé.

 

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Le porte-parole de l’association suisse Aquaverde qui soutient financièrement son action, Thomas Pizer, et sa représentante en France et au conseil de l’Europe, Léa Le-Bricomte, ont narré le parcours de celui que l’on appelle « Le Gandhi de l’Amazonie ». Il a pris en main le sort de son peuple en conduisant un programme REDD+, soutenu par l’ONU, de « gestion durable des forêts avec augmentation des stocks de carbone » pour démontrer qu’une forêt est plus rentable sur pied qu’abattue.
Plutôt qu’inviter à compenser son empreinte carbone en achetant des crédits selon son degré de son pollution, ce système consiste à donner une valeur monétaire à la capacité des arbres, des plantes et des sols à stocker du carbone, en reboisant et en créant des activités d’agroforesterie. Un demi million d’arbres ont ainsi été plantés  en 15 ans sur le territoire de la tribu Surui.
Le président du Medef Côte-d’Or a invité l’auditoire à s’engager auprès d’associations comme celles-ci, mais aussi sur le territoire régional, dans des associations locales, et à s’interroger  sur l’impact de leur activité sur la biodiversité.

La CPME 90 invite les chefs d'entreprises à entrer dans les conseils municipaux


À ses voeux prononcés le 20 janvier à Belfort, Louis Deroin, président de la CPME 90 (plus de 180 adhérents) a encouragé les chefs d'entreprises à prendre part aux futurs conseils municipaux. « Plus il y aura de chefs d’entreprises sur les listes électorales, (..) plus  les choix qui construisent notre devenir seront faits avec pertinence. » Et « plus se présenteront des opportunités pour occuper des sièges dans les organismes qui influent sur les organisations territoriales, comme l’Agence de Développement Economique et les diverses SEM immobilières. »
Car constate t-il, il y a un véritable fossé entre la décision politique locale et la réalité du terrain, et « les modèles actuels de gouvernance ne nous donnent droit au mieux qu’à des strapontins consultatifs.»
Et de citer comme exemple un dossier qui envenime le milieu patronal du Territoire de Belfort depuis maintenant deux ans : la révision du mode de calcul de la CFE (Contribution Foncière des Entreprises), décidée par Le Grand Belfort sous prétexte d'équité. Résultat : « une augmentation moyenne de près de 100% de la taxe, avec des cas à plus de 250% pour les petites PME.» Le courrier adressé avec 11 autres organisations professionnelles aux élus pour qu’une solution corrective soit mise en place n'a pas reçu de réponse à ce jour, regrette Louis Deroin.
Pour 2020, le président de la CPME 90 appelle aussi de ses veux l'aboutissement d'une CCI « de plein exercice » sur le périmètre du nord Franche-Comté, complexe à mettre en place en raison de son étendue sur un bassin d'emploi à cheval sur trois départements, le Doubs (avec le Pays de Montbéliard), la Haute-Saône (avec Héricourt) et le Territoire de Belfort.


Les sujets qui font l’attractivité d’un territoire

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Thomas  Pizer, président de l'association Aquaverde qui soutient la reforestation en Amazonie et sa représentante en France et au conseil de l’Europe, Léa Le-Bricomte. © Traces Ecrites

Les patrons ne peuvent plus rester simples observateurs sur un autre sujet d’actualité, les élections municipales, affirme David Butet. « Parce que l’agilité et la réactivité sont notre quotidien, nous devons assumer notre rôle de dépositaires d’une partie du bien commun. » Fini le temps de laisser l’Etat et les collectivités locales s’attribuer le monopole de l’intérêt général, estime t-il. Et d'appeler ses condisciples à faire oeuvre collective.
Courant février, il invitera les candidats aux élections municipales de Dijon – « sauf les extrêmes, c’est un choix que j’assume » – à présenter leur programme économique. Les chefs d’entreprise pourront les interpeler sur les sujets qui font, selon lui, l’attractivité d’un territoire, à savoir le foncier, les transports, l’emploi ou encore la fiscalité locale. Un brin provocateur, David Butet lance, à la conférence de presse qui a précédé la cérémonie des voeux, que les élus feraient bien de se former auprès des chefs d’entreprise pour savoir gérer.

 

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Dans un climat plutôt favorable pour l’entreprise malgré les mouvements sociaux, un écueil se dresse invariablement dans tous les secteurs d’activité : la difficulté à trouver des compétences. « C'est un incroyable paradoxe dans un pays qui compte 3,5 millions de chômeurs, 215.000 dans la seule région Bourgogne-Franche-Comté », commente le président.

(*) Le Medef 21 compte 2.002 adhérents dont 462 directs (+ 51 en 2019) et 1.540 à travers 6 branches professionnelles qui ont rejoint le syndicat patronal, l’UIMM (métallurgie), l’Umih (hôtellerie-restauration), la FNEB (négoce de vins), la FFB  21 (bâtiment), la CRAEM (négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison) et, dernière adhésion en 2019, la Fnaim (immobilier). 40% des entreprises adhérentes comptent moins de 5 salariés. Les entreprises adhérentes au syndicat patronal représentent près de la moitié des salariés de Côte-d'Or.

 La feuille de route 2020. Parmi les sujets locaux sur lesquels va travailler le Medef Côte-d’Or, on note le recrutement en particulier dans les métiers en tension comme les conducteurs de ligne. Au sein de quatre commissions de travail, une cinquantaine d’adhérents volontaires travaillent aussi sur l’intégration des migrants dans les entreprises et la formation des jeunes avec un rapprochement souhaité avec le rectorat de l’académie de Dijon. Des séquences ponctuelles (actualité réglementaire et juridique, approche d’experts, décrypte des aides publiques etc…) participent à la formation des chefs d’entreprise. 2020 sera aussi le 10ème anniversaire de l’Université d’été ave un événement « exceptionnel. »


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