Sous réserve d’acceptation des autorités boursières, la fonderie de Saint-Claude pourrait entrer en bourse dès cet été. Elle officialise, aujourd'hui jeudi 7 mars, ce projet rendu nécessaire, faute de financements bancaires suffisants, pour doubler l’activité d'ici cinq ans, par croissance organique et externe.

La fonderie aluminium sous pression, implantée à Saint-Claude (Jura) et reprise en 2012 à la barre du tribunal, avance à pas de géant et table sur une introduction en bourse cet été. La raison est simple. De 45 millions d’€ de chiffre d’affaires cette année, l’industriel compte réaliser 70 millions en 2022.
« Ce sont des contrats fermes signés avec l’industrie automobile qui représente 90% de notre activité », précise Gianpiero Colla, le président opérationnel et actionnaire majoritaire.

 

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Mais le savoir-faire est très capitalistique et impose des équipements performants : presses de plus de 2.000 tonnes et centres d’usinage à commande numérique. Aux 10 millions déjà investis depuis cinq ans, doivent s’ajouter pas moins d'une quinzaine de millions dans les quatre prochaines années.
« Nous sommes, en outre, sur une technologie pointue et uniquement tournée vers les moteurs à essence ou hybrides qui ne souffre aucun défaut », indique Manuel Martins, le directeur général.
Pour preuve, le dirigeant avance les projets à venir avec Renault et Peugeot qui génèreront 26 millions de chiffre d’affaires sur quatre ans. L'entrée en bourse est aussi rendue nécessaire en raison de la frilosité des banques locales.
Un article de notre confrère du Parisien du 4 janvier 2018 explique que l’entreprise, pourtant très peu endettée, est allée de refus bancaire en refus bancaire, au point de recourir à un fonds d’investissement pour qu’il finance 4,2 millions de matériel dernier cri, loué ensuite.

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Îlot de fonderie avec presse de 1.000 tonnes. © MBF Aluminium.


35 ingénieurs et techniciens à la R&D et aux méthodes

Une attitude d’autant plus incompréhensible qu’avec 60 recrutements réalisés et une vingtaine à venir, la fonderie dépassera les 300 salariés et confortera sa place de premier employeur de la région.
Sa force originelle qui convainc les principaux constructeurs, elle la puise en amont au sein d’un service de R&D composé de treize ingénieurs et deux techniciens, auxquels s’ajoute dix ingénieurs aux méthodes. « Je n’ai jamais voulu externaliser ce nerf de la guerre pour préserver nos compétences et notre conjoncture porteuse me donne aujourd’hui raison », note Gianpiero Colla.

 

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L’entrée en bourse pour 20% du capital génèrera des ressources de nature à aussi favoriser de la croissance externe selon les opportunités. « Nous voulons devenir le numéro un français et un leader européen du secteur », assure Manuel Martins. MBF Aluminium produit 60% de pièces brutes de fonderie et le reste en pièces usinées.

Qui sont Gianpiero Colla et Manuel Martins ?

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De droite à gauche, Gianpiero Colla, président et Manuel Martins, directeur général. © MBF Aluminium.
Le premier, président de l’entreprise, ne peut cacher ses origines transalpines, tant son accent et son humour nous transportent immédiatement de l’autre côté des Alpes. Né dans le Piémont, cet homme de 57 ans commence à travailler dans l’entreprise familiale de transport.
C’est cette voie que choisit Gianpiero Colla lorsqu’il arrive en France courant 2004, mais pour ensuite bifurquer vers l’industrie et reprendre à la barre du tribunal MBF Aluminium qu’il relance depuis pour en faire un leader européen.
Manuel Martins, son directeur général et associé (5% des parts) est un ingénieur de formation en mécanique et productique qui s’est spécialisé dans les ressources humaines.
Savoyard, il débute sa carrière dans l’automobile, au sein d’une filiale de Renault. Sa rencontre il y a douze ans avec Gianpiero Colla est décisive et scelle une collaboration pérenne.

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