Planté au milieu du haut-Jura, Jurembal, transformateur de cartons, se spécialise dans la fabrication d’emballage sur mesure, en petites séries. La société que dirige Brigitte Chavériat – l’une des 60 entrepreneurs de l’édition 2019 du Best of de Traces Ecrites News –, cherche à améliorer sa rentabilité, tout en investissant dans un fonctionnement plus respectueux de l’environnement.

Quoi de plus banal, ordinaire, qu’un carton ondulé ? Et pourtant, derrière l’apparent immobilisme de ces emballages du quotidien, les évolutions du métier sont nombreuses. « Nous essayons de sortir des caisses américaines (NDR : les cartons classiques, dont on doit scotcher le fond) et de commercialiser des emballages plus techniques, en petites séries, ce qui oblige à investir dans des outils modernes », commente Jérome Gras, le directeur de Jurembal, implanté à Moirans-en-Montagne (Jura).
Classiquement, un carton se fabrique avec une énorme machine nommé slotteur, qui se charge de la découpe, droite, des rabats des plaques de carton, lesquelles sont rainurées, puis pliées. Éventuellement, le recours à un outil de découpe, qui fonctionne sur le principe d’un emporte-pièce, permet de ménager des poignées, mais, globalement, l’outil industriel demeure rustique, et taillé pour les gros volumes. 
« Classiquement, les volumes de commande se situent dans les dizaines de milliers d’unités, mais nous avons développé un processus de transformation plus souple, qui nous permet de proposer des toutes petites séries, de quelques dizaines d’unités », analyse Brigitte Chavériat, la présidente de Jurembal depuis 1988.

Brigitte Chavériat, présidente du transformateur jurassien de cartons Jurembal, aime plaisanter sur sa position. « Comme j’ai épousé le fils du patron, je suis rentrée dans cette société familiale en 1985. J’avais une formation de compatibilité, j’ai appris la gestion d’entreprise sur le tas, c’est la meilleure manière. »
Depuis, avec la méthode consensuelle qui caractérise cette Lyonnaise de 62 ans, Jurembal qui fait partie du groupe familial Chavériat de robotique et fournitures industrielles se développe et se spécialise.

 

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Un chiffre  d'affaires en progression

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Un carton se fabrique avec une énorme machine nommé slotteur, qui se charge de la découpe, droite, des rabats des plaques de carton, lesquelles sont rainurées, puis pliées. © Arnaud Morel

Pour accompagner cette mue, Jurembal s’est équipé, en 2012, d’un slotteur à commande numérique : il permet de gagner en rapidité pour le façonnage des plaques de carton que l’industriel reçoit directement de son fournisseur, un Français. L’investissement, à hauteur de 600.000 €, a suivi l’achat, en 2005, d’une immense table à échantillons. Sur celle-ci, une tête cutter contrôlée électriquement permet d’effectuer des découpes complexes, y compris en courbes, sur le carton et d’autres matériaux.
Pour compléter l’outil industriel, Jurembal a aussi racheté, en 2014, l’imprimerie Caire, voisine de son usine de Moirans-en-Montagne. « Le carton ondulé ne s’imprime pas, il faut contre-coller les feuilles imprimées sur celui-ci. À cet effet, et pour pouvoir également proposer des emballages en carton plat, nous avons investi dans une machine à impression numérique nous permettant de sortir des feuilles de 2 mètrees sur 3  », précise la présidente.

 

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Ces investissements et cette spécialisation permettent à la SAS (Société par Actions Simplifiée) d’afficher, en 2018, un chiffre d’affaires de 4,37 millions d’€, en progression (il était de 3,6 millions en 2008). L’entreprise, qui fait partie du groupe familial Chavériat (robotique et fournitures industrielles) emploie 17 salariés et occupe 6.000 m2 de locaux, principalement situés à Moirans-en-Montagne. 
En voisine, l’entreprise travaille principalement avec la Plastics Vallée jurassienne, avec qui elle réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires, mais de moins en moins avec les fabricants de jouets.
Car si ceux-ci sont historiquement bien implantés à Moirans, leur activité se réduit. « Notre clientèle est plutôt régionale, mais nous avons de plus en plus de clients « exotiques » comme des Corses, ou des Bretons, qui viennent chercher chez nous ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs : des emballages sur mesure qui peuvent être complexes et techniques, mais aussi fabriqués en petites séries », note Brigitte Chavériat.

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La table à échantillons dotée d’une tête cutter contrôlée électriquement permet d’effectuer des découpes complexes, y compris en courbes, sur le carton et d’autres matériaux. © Arnaud Morel.
Livraison de la matière première par ferroutage

En mars 2019, Jurembal a mis en place un système de livraison par ferroutage pour ses grandes plaques de carton, qui viennent du Pas-de-Calais. « Nos matières premières sont chargées sur le train, à Calais, à 18 heures, arrivent à Mâcon à 4 heures du matin, et nous sont livrées à 7 heures. C’est une grande fierté pour nous de nous approvisionner de manière écologiquement responsable », décrit Brigitte Chavériat.
Avec le renforcement des exigences environnementales des clients, le carton a de beaux jours devant lui, étant plus facilement recyclable ou destructible que le plastique. « Mais notre industrie demeure une grande consommatrice d’eau », tempère Jérome Gras, le directeur.

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