ENERGIE/MOSELLE. La Française de l’Energie poursuit sa phase de recherche en vue d’exploiter le gaz de charbon du bassin houiller lorrain.

La PME mosellane réalise actuellement les forages latéraux dans un puits de 1.500 mètres à Lachambre (Moselle).

A l’horizon 2025, la société compte produire 5% de la consommation annuelle française de gaz.

 

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Le réseau naturel de fractures au sein des veines de charbon ne nécessiterait pas d’employer la technique de fracturation hydraulique en Moselle. © Philippe Bohlinger.

 

Le spectaculaire “ rig ” de forage achève actuellement son office à Lachambre (Moselle) après trois mois de travaux. Dans ce puits de 1.500 mètres de profondeur, la Française de l’Energie (LFDE) creuse actuellement des forages latéraux dans la veine de charbon qu’elle a identifiée à 1.080 mètres.

 

Les analyses qui y ont été réalisées auraient révélé une excellente teneur en méthane, « supérieur(e) à 10 m3 par tonne », indique LFDE dans un communiqué.

 

Toujours en phase exploratoire, la PME n'a pas pour le moment l’autorisation d’extraire ce gaz dit « non-conventionnel » car emprisonné dans un réseau de fractures dans la roche et non accumulé dans des poches-réservoirs. Mais le puits pourrait être le premier à accueillir une plateforme de production.

 

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La société qui a établi son siège à Forbach (Moselle) va maintenant engager une phase de tests qui devrait durer six mois. Dans l’intervalle, elle va démarrer un nouveau forage sur un autre site, un investissement de 3 millions d’€.

 

« Avant de déposer une demande de concession pour exploiter le gaz, nous devons prouver que notre projet tient la route sur le plan commercial. Cela suppose d’avoir quelques puits en capacité de produire », détaille Laurence Franke, responsable de la communication.

 

A l’horizon 2025, la société annonce être en mesure de produire 5% de la consommation annuelle française de gaz.

 

Sur l’enrobé de la plateforme de Lachambre, les drains latéraux attendent de rejoindre leur veine de charbon. Leurs multiples encoches horizontales permettront de récupérer l’eau et le gaz par différentiel de pression.

 

« Nous sommes en présence d’un charbon naturellement fracturé ce qui n’implique pas d’employer la technique de fracturation hydraulique », poursuit la responsable de la communication.

 

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Le “ rig ” de forage achève son office à Lachambre (Moselle) après trois mois de travaux. © Philippe Bohlinger.

 

Interdite en France depuis 2011, la technique est utilisée pour extraire de leur gangue d’argile les gaz de schiste moyennant l’injection sous pression de milliers de mètres cubes d’eau additionnés d’adjuvants chimiques.

 

Sacha Di Ciolo, conducteur des travaux de forage décrit la technique utilisée par LFDE pour exploiter le gaz de houille : « Le puits est mis en dépression par pompage de l’eau. Le différentiel de pression entraîne la désorption naturelle du charbon, autrement dit la libération du méthane emprisonné dans les fissures.»

 

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37,5 millions d’€ levés en bourse

 

Lachambre est le cinquième puits foré depuis dix ans en Moselle par LFDE. La société est née de la reprise des actifs de l’australien European Gas Limited, détenteur de permis exclusifs de recherche dans le bassin houiller lorrain  -  des « Permis bleue Lorraine » accordés en 2004 par le ministère de l’Economie -.

 

La PME de 20 personnes présidée par Julien Moulin y bénéficie des connaissances accumulées par près de trois siècles d’exploration.

 

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Les multiples encoches horizontales ménagées dans les drains latéraux doivent permettre de récupérer l’eau et le gaz par simple différentiel de pression. © Philippe Bohlinger.

 

Dans les Hauts-de-France, second bassin charbonnier où LFDE est présent, sa filiale à 100% Gazonor exploite depuis 1991 le gaz accumulé dans les anciennes galeries minières.

 

Elle produit de l’électricité en collectant le “ grisou ” dégazant naturellement avec la remontée des aquifères, consécutive à la fin de l’exploitation charbonnière.

 

Le rachat de Gazonor a pu être bouclé grâce à une levée de fonds de 37,5 millions d’€ réalisée le 13 juin 2016 à l’occasion de l’entrée en Bourse de LFDE.

 

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Les analyses réalisées sur une veine de charbon identifiée à 1.080 mètres auraient révélé une teneur en méthane supérieure à 10 m3 par tonne. © Philippe Bohlinger.

 

Que disent les opposants ?

 

L’association pour la prévention de l’environnement local mosellan (Apel 57) a vu le jour en février 2016 à Longeville-lès-Saint-Avold (Moselle) pour s’opposer à la demande d’autorisation de forer déposée par La Française de l’Energie et ayant fait l’objet d’une enquête publique sur la commune.

 

En désaccord avec à l’exploitation de cette ressource fossile, l’Appel 57 a étendu son rayon d’action et revendique une quarantaine de membres et environ 150 sympathisants.  

 

Son président Hervé-Cyril Losson invoque « des risques potentiels environnementaux quelles que soient les précautions prises par la Française de l’Energie. L’injection de produits dans le sous-sol en phase de forage n’est jamais anodine, même s’il s’agit de produits relativement neutres. »  

 

ll déplore par ailleurs « un manque de transparence » de l’entreprise malgré les comités de suivi mis en place par la Préfecture de Moselle dans le cadre de chaque nouveau forage.

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