Mieux comprendre comment fonctionne un bâtiment, comment ses utilisateurs vivent à l’intérieur, tout en facilitant l’utilisation des équipements et des services, et en mettant en relation les employés : telles sont les promesses du « Smart Office », un secteur en plein développement sur lequel se positionne l’entreprise dijonnaise Tévolys.


Fanny, cadre dans une succursale de son entreprise, vient pour la première fois au siège social de celle-ci. Dès son arrivée, elle consulte, sur son iPhone ou son Android, les plans du bâtiment, et envoie une demande de localisation à son collègue, Louis, avec qui elle doit effectuer une présentation devant le conseil d’administration.
Elle est guidée vers le bureau qu’elle a réservé dans l’Open Space pour revoir les derniers points de la présentation avec Louis, tandis que la température de la salle de réunion qui sera utilisée grimpe jusqu’à 21°. Quand arrivera l’heure du grand show, les stores se baisseront automatiquement pour révéler toute la beauté des PowerPoint que le tandem compte projeter.  

Voici, en une situation imaginaire, résumées les notions de « Smart Office » et « Smart Building », qui sont au cœur de l’activité de Tévolys, qui se présente comme le leader français de la cartographie d’intérieur en entreprise. La SAS installée à Chenôve, dans l’agglomération de Dijon, mise gros sur ces nouveaux concepts qui visent de rendre plus « intelligents » les bureaux, et plus efficaces et collaboratifs ses employés.

 

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« Nos solutions ont pour vocation de gérer l’ensemble des services dans un bâtiment, ainsi que les interactions entre les employés au sein de celui-ci », résume Alexandre Fund, le CEO (directeur général) de Tévolys. Avec ses quatre associés, qui ensemble détiennent l’intégralité du capital social de l’entreprise, ils ont décidé de faire pivoter l'activité pour se centrer sur ces métiers nouveaux du « bon » et « bien » travailler au bureau, sous « assistance » numérique. 

Le pari est aussi risqué que porteur d’avenir pour cette entreprise, qui tire sa notoriété historique d’une activité de service numérique plus classique, création de site intra / extranet et accompagnement à la « mue numérique » notamment.  
Mettre en place cette nouvelle stratégie aura exigé trois années de recherche et développement consacrées à bâtir Geolys, un moteur numérique des services, qui représente un investissement de l’ordre de 1,5 million d’€, pris en charge pour moitié par BpiFrance.  Le chiffre d’affaires réalisé en 2018 - 533.000 €, contre 1,12 million d’€ en 2017 - témoigne de l’importance de l’investissement pour l’entreprise de 11 salariés.


Le frein de l’abolition des espaces privés

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Alexandre Fund, président de Tévolys. © Traces Ecrites
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Sophie Savini, associée et responsable marketing. © Traces Ecrites

Pour l’essentiel, Geolys est un outil de cartographie d’intérieur, qui peut gérer de multiples sites (si l’entreprise client dispose de plusieurs implantations), et qui s’appuie sur OpenStreetMap, la plus importante base de données cartographique libre au monde, concurrente de Google Maps ou de Plans d’Apple. Une fois dessinée la carte des locaux – ça se fait assez simplement –, Geolys permet d’y ajouter de l’intelligence numérique, notamment en déployant une multitudes de petits capteurs de l’Internet des Objets (IoT). Hier, on parlait de domotique, aujourd’hui ces capteurs dialoguent sans fil, et donc sans installation coûteuse, et sont capables de piloter les appareillages et dispositifs électriques (climatiseurs, cafetière, éclairage…) et de localiser les personnes.

 

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Tévolys a tenté de grouper les besoins des entreprises et des utilisateurs dans 4 packs d’abonnement, dont le prix est calculé selon le nombre de personnes concernées, ou les mètres carrés de surface des locaux. L’heure est désormais à la commercialisation de ces offres, ce dont se charge Sophie Savini, associée et responsable marketing de la société. « Les premiers retours de nos clients potentiels sont bons. Leurs besoins sont clairement identifiés, il y a une vraie demande pour les services que nous proposons. Mais ce domaine reste très jeune, il faut convaincre des entreprises qui seront précurseurs », analyse-t-elle lucidement.
Comme toute innovation technologique, les activités de Tévolys peuvent générer le meilleur – mieux gérer les coûts de fonctionnement d’un bâtiment tout en offrant des services utiles à ses utilisateurs – ou exposer au pire – une surveillance étroite des activités de chacun abolissant les espaces privés. Le risque, assure Alexandre Fund, est pris en compte. « Nous respectons scrupuleusement les règles de la CNIL et du règlement général sur la protection des données (RGPD) : nous ne stockons pas les localisations des personnels, et quand ils sont localisés, ils sont prévenus. Ils peuvent, en outre, choisir de se rendre invisibles », précise-t-il.

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Scénario à l'échelle d'un quartier, accessible depuis un mobile. © Tévolys
WTF, l’app anti-irritant au bureau 

appliExperte en communication, l’équipe de Tévolys propose un service dont le nom suscite l’intérêt : WTF, pour « Who To Fix » (« qui pour corriger »), acronyme que l’on rencontre d’ordinaire dans un autre sens, « What The Fuck ».
Avec l’app WTF, il s’agit de faire la peau aux « irritants » au bureau : plus de papier aux toilettes, plus de café à la machine, un copieur en panne, un dossier de chaise cassé, les cas sont innombrables… Confronté à un problème de ce type, un salarié peut très simplement le signaler depuis l’app WTF, en le décrivant en langage naturel.
« Notre moteur d’intelligence artificielle va alors analyser le problème, et, à l’aide de l’annuaire interne de l’entreprise, prévenir la personne en charge de le régler, sans même que l’utilisateur ne la connaisse », explique Sophie Savini. Le problème sera ainsi plus rapidement et plus efficacement pris en compte, et la vie au bureau s’en trouvera d’autant facilitée.

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