Plus aucun guichet de gare ne sera fermé d’ici la fin de l’année prochaine, le temps pour le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, gestionnaire des TER (Trains Express Régionaux), de valider les solutions alternatives de vente des billets qui font largement appel au numérique ou déportent la vente, des halls de gare aux commerces ou lieux publics en ville.


Marie-Guite Dufay a obtenu du directeur régional de la SNCF, un moratoire sur la fermeture des guichets des gares jusqu’aux prochaines élections régionales en 2021. Ces dernières années en effet, dans plus d’une centaine de petites villes, les agents ont laissé place à des distributeurs automatiques ou autre variante, les horaires d’ouverture avaient été considérablement réduits. Dix-sept autres guichets devaient fermer d’ici 2025, avaient convenu de concert la SNCF et la Région Bourgogne-Franche-Comté, gestionnaire des TER (Trains Express Régionaux) l'automne dernier. La Région s’est aussi engagée à rouvrir les salles d’attente fermées et à augmenter le nombre d’abris sur les quais.
De la mobilisation des usagers, des élus locaux et régionaux, et des syndicats de cheminots, résulte « des avancées » qui finalement ont satisfait les conseillers régionaux. Réunis en séance plénière, vendredi 14 février, la majorité régionale de gauche et l’opposition de droite ont voté en faveur de la nouvelle feuille de route des TER, à l’exception du Front National et d’anciens élus frontistes.


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Ce moratoire est cependant temporaire, a précisé Marie-Guite Dufay « le temps de consolider les solutions alternatives » de vente des billets de trains. Celles-ci sont diverses : achat en ligne, commande par téléphone avec livraison à domicile, billet dématérialisé sous la forme d’un code SMS, vente dans des commerces ou autres lieux publics.
A titre expérimental, une douzaine de communes ont mis en place cette année des permanences de 2 à 3 h hebdomadaires, tenues par des agents SNCF. Et en septembre 2020, on pourra acheter un billet TER via l’application Mobigo de gestion des itinéraires des transports en commun interurbains complété récemment par un service de covoiturage pour lequel le conducteur est rémunéré par la Région.  
 

Des places supplémentaires pour les lignes surchargées

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Dijon-Besançon et Sens-Paris sont les lignes les plus surchargées par les trajets domicile-travail.  © David Cesbron

Dans le même temps, SNCF et Région ont assoupli les sanctions aux voyageurs montés dans le train sans avoir composté leur billet. Lorsqu’ils se présentent spontanément au contrôleur, une majoration calculée sur le nombre de kilomètres « allant de 6 €  à 11€ » remplace l’amende de 50 € prévue pour les fraudeurs. Pour inviter ces derniers à ne pas récidiver, il leur sera remis une carte de tarif réduit.
Le plan résoud aussi la problématique des trains surchargés sur deux lignes, entre Besançon et Dijon où 1.200 places seront ajoutées les vendredis soir et sur la desserte du nord de l’Yonne en direction de Paris,  renforcée de  3.000 places. Dans ce département proche de la région parisienne où 5.000 actifs vont chaque jour à Paris pour leur travail, Marie-Guite Dufay dit avoir « bon espoir » d’obtenir des tarifs préférentiels de son homologue d’Ile-de-France, Valérie Pécresse (une partie du trajet étant situé en région parisienne).

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Ces services supplémentaires ont naturellement un coût. 501.302 € de plus en 2020, pour un budget total de 229,6 millions d’€. Si l'on ajoute l'achat des rames et une contribution à la rénovation des gares, les transports deviennent un poste majeur de la Région puisqu’il représente 40% de son budget, soit 575 millions d'€.

« Des contrôleurs dans tous les trains »

 Les syndicats de cheminots, CGT en tête, qui filtraient l’entrée de l’hôtel de Région vendredi 14 février où étaient réunis les conseillers régionaux, ne se disent pas complètement satisfaits. Manque à leurs revendications, la présence d’un contrôleur dans tous les trains. En outre, ils restent circonspects sur les canaux de distribution en dehors des guichets. « Les expériences de vente de vente chez certains commerçants virent rapidement au fiasco pour des raisons de sous-rémunération, d’absence de SAV ou de service incomplet. »

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