Gravipack, le sac à dos de la société Icaunaise Gravibag naît d’une idée géniale : ôter le poids du sac des épaules grâce à un exosquelette intégré dans les bretelles. Depuis la jeune entreprise vole de succès en succès, au point d’en étourdir son créateur, Mohammed Errafi.


L’histoire de Mohammed Errafi tient autant du conte de fée que de la morale existentielle. Ferronnier d’art, travaillant d’abord à Sens (Yonne), puis au Maroc, il quitte pays et emploi après la naissance de son fils non voyant, pour que celui-ci bénéficie de soins de qualité. Revenu en France, mais sans emploi, il exerce une multitude de petits boulots, et vit même un temps dans une grande précarité, portant « sa maison sur son dos ». C’est là que lui vient l’idée qui va infléchir son existence.

« J’ai mis des inserts métalliques, que j’ai formé moi-même, dans les bretelles de mon sac pour soulager mes épaules. Le résultat, après quelques essais, s’est avéré étonnant : le harnais produisait le même effet que lorsque l’on passe ses pouces dans les bretelles, pour alléger le poids sur les épaules », se souvient-il. 
Son idée séduit rapidement son entourage puis au-delà, et Mohammed Errafi dépose, en 2016, un brevet protégeant l’invention de ces inserts en carbone intégrés dans les bretelles du sac qui, du coup, sont rigides.

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En juin 2018, il fonde une SAS au capital de 16.730 € - nommée Gravibag avec le siège à Sens - dont il détient 89,71%. Il lève, en mars 2019, 346.000 € auprès de sa famille, et d’investisseurs, dont le footballeur d’origine sénonaise Bacary Sagna.

Le produit reçoit plusieurs médailles, notamment au concours Lépine, et intéresse de gros distributeurs, comme Adeo (groupe Leroy Merlin). Fin 2019, Gravibag ouvre son site Internet de vente directe, et engrange pour 120.000 € de commandes, avant que la Covid ne vienne geler fabrication et distribution.
Mais ce n’est pas un virus qui arrêtera l’entrepreneur : il profite du confinement pour concevoir un sac « en apesanteur » destiné aux écoliers, qu’il propose au financement participatif – la campagne est encore en cours pour quelques jours. Il espèrait vendre 100 sacs, mais se retrouve avec plus d’un millier de commandes, et un projet financé à plus de 1000 % !


L'emploi des handicapés en ligne de mire

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Mohammed Errafi, le concepteur du Gravipack®, va ouvrir un show-room à Paris dans lequel il emploiera des travailleurs handicapés. © Gravibag


Un succès que Mohammed Errafi compte bien entretenir, en sortant, d’ici quelques mois un porte-bébé avec sa technologie. « Je vous assure, parfois je ne sais plus où j’habite, j’ai l’impression d’être dans un tambour de machine à laver », sourit-il.  Aujourd’hui, Gravibag emploie deux personnes, et travaille avec 11 prestataires. « Nous faisons fabriquer nos sacs en Asie, et nous venons de signer des accords de distribution en Chine, au Japon et en Corée du sud ».


Mohammed Errafi n’oublie pas pour autant d’où il vient, ni pourquoi il en est là. Il reverse 3 € par sac vendu à une association de handisport, et projette d’embaucher deux personnes en situation de handicap pour un showroom qui va ouvrir à Paris.

 

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« Ce que je veux vraiment, c’est créer de l’emploi accessible pour les handicapés. J’aimerais vendre ma technologie et me servir de l’argent récolté pour créer un bureau de téléconseil employant essentiellement des personnes handicapées. J’ai maintenant un super carnet d’adresses, avec plein d’importants PDG qui pourraient, en recourant à nos services, obtenir des unités bénéficiaires Agefip », confie-t-il.

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