À Strasbourg, H2OPE a mis au point une sorte d'aspirateur flottant qui ramasse les déchets dans les rivières. Il est baptisé "river whale" car sa forme et son fonctionnement se rapproche de la baleine. À Dijon, Metiway invite les salariés et les entreprises à poster des vidéos sur leur travail quotidien pour inspirer les candidatures. Les deux jeunes sociétés qui ne font pas encore vivre leurs créateurs, attirent les investisseurs publics.


• H2OPE collecte les déchets dans les rivières

 
8 millions de tonnes de plastiques se retrouvent chaque année dans les océans. Alarmé par ces chiffres, le strasbourgeois Sébastien Marchal, policier de profession, s’est penché sur un moyen de réduire cette pollution. Constatant que 80% des déchets plastiques proviennent des cours d’eau, il décide de créer une structure permettant de collecter les déchets sur l’eau. Il parle de son idée à son collègue, Brice Pasquier, et en août 2017, naît le concept de « river whale », ou baleine nettoyeuse de rivière est né.
Avec ses deux bras et des fanons sous-marins, le « river whale » ressemble bel et bien à une baleine. Le collecteur n’est équipé d’aucune motorisation ; deux points d'ancrage sur un cours d’eau reproduisent le principe de l’obstruction par amoncellement des débris flottants. Les fanons qui ressemblent à de grands peignes ramassent les déchets mêmes les plus fins.
Le premier prototype sort en février 2018 et les deux créateurs présentent leur projet à la Ville de Strasbourg. Intéressée, l’Eurométropole commande un test grandeur nature dans le bassin de la presqu’île André Malraux en février 2019, et sur l’Ill entre Ostwald et Illkirch. En quatre semaines sur la presqu’île Malraux, le collecteur récolte 110 kg de déchets et en trois semaines sur l’Ill, 24 kg.

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Après cet essai concluant, l’Eurométropole de Strasbourg, la Région Grand Est, le Port autonome de Strasbourg ainsi que Voies navigables de France qui se répartissent la gestion des cours d’eau de l’agglomération, décident d’installer l’an prochain 55 collecteurs sur 150 km de cours d’eau. L’ouverture de captage peut s’adapter à la configuration des lieux, de 2 mètres à 5,50 mètres.
Entre temps, les deux créateurs du river whale se sont rapprochés d’un industriel, le groupe Maillard Industrie, installé à Autechaux, dans le Doubs, pour fabriquer les collecteurs en PEHD (polyéthylène haute densité), un matériau neutre et recyclable. L’industriel est capable de produire 3.300 collecteurs par an.
Le contrat avec l’Eurométropole de Strasbourg est un véritable tremplin pour H2OPE, la société à Geispolsheim (Bas-Rhin) créée en janvier de cette année avec un troisième associé, David Bourcart, consultant en e-business. 

Si bien que les trois dirigeants espèrent quitter leurs emplois actuels et recruter une dizaine de salariés courant 2020.

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Les trois associés de H2OPE (de gauche à droite) : Brice Pasquier, directeur général, Sébastien Maréchal, PDG et David Bourcart. © H2OPE.

Car H2OPE ne limite son activité à la location des collecteurs, elle fournit une prestation de service complète allant de l’étude du cours d’eau jusqu’au pré-tri, à la pesée des déchets collectés et à la rédaction de rapports détaillés de collecte. « L’étude du cours d’eau nous permet de placer nos collecteurs au plus près des zones de pollution », explique Sébastien Marchal. H2OPE facture son service 30 € par jour et par appareil loué pour un contrat de cinq ans. 
Après Strasbourg, la start-up espère séduire d’autres villes en France et à l’étranger.
« Nous avons déjà des contacts en Suisse, en Allemagne et aux Etats-Unis », sourit Brice Pasquier. Au départ, le développement du concept et de la société a été financé sur fonds propres. Aujourd’hui, H2OPE a le soutien d’EDF, de Bpifrance et du réseau Entreprendre Alsace. « Nous avons souhaité rester maîtres de la société car nous recherchons la pérennité avant la rentabilité », assure Sébastien Marchal. Julie Giorgi


(*) Dans le cadre du Booster Rhinespace, une conférence sur H2OPE lors du Salon Be 4.0 à Mulhouse, le 20 novembre 2019. Plus d'infos :
www.vehiculedufutur.com

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• La plateforme Metiway invite à partager son job en vidéo

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La vidéo, selon Barbara Chevret, montre efficacement la réalité des métiers. © Metiway

Partage ton job ! Le slogan choisi par Barbara Chevret, la fondatrice de Metiway, résume on ne peut plus clairement l’activité de la jeune entreprise, née en avril dernier. Il s’agit d’une plateforme sur Internet où à tout chacun peut faire connaître son métier. L’objectif est d’aider les recruteurs à trouver chaussure à leur pied et vice versa.
« Les personnes qui exercent un métier sont les mieux placées pour en faire comprendre toutes les facettes », explique la jeune femme qui opère une reconversion après un début de carrière comme conductrice de travaux dans le bâtiment. La vidéo se présente comme la plus explicite des explications.
Ce sont les salariés eux mêmes qui se filment dans leur travail ou le font faire par un collègue puis ils postent la vidéo, en résumant les compétences requises. Comme Sylvain qui explique que pour exercer son métier de commercial, il faut « être bien habillé, avoir son permis car on est beaucoup sur la route, et le sourire ! » Geay, lui, a filmé une séance de pose de carrelage, une tâche qui requiert d’être « rigoureux et polyvalent. » Stéphane, imprimeur 3 D, fait une démonstration de son travail quotidien qui commence par une bonne maîtrise de l’informatique.

 

nouveau reseauconcept


La plateforme veut aussi mettre le doigt sur la diversité d’un même métier, et chasser les idées reçues que véhiculent certains. Elle donne comme exemple, le technicien de maintenance dont les missions diffèrent selon le secteur d’activité, la clientèle, de particuliers ou de professionnels, et l’entreprise. « La jeune génération va changer quatre fois de métier dans sa vie et elle a soif de s’informer », explique Barbara Chevret.
Metiway s’adresse aussi aux entreprises, surtout les petites, qui pour recruter, épousent le besoin de montrer la réalité. Elles aussi peuvent poster des vidéo pour valoriser leurs savoir-faire et faire connaître leurs besoins de recrutement.
Le modèle économique repose sur la recette des offres d'emploi, qui émanent des candidats et des entreprises. Accompagnée par le réseau d’entrepreneures Les Premières, Metiway est aussi épaulée par Bpifrance et l’AER, l’agence régionale de développement économique Bourgogne Franche-Comté. Un soutien nécessaire avant de pouvoir se dégager un salaire. Christiane Perruchot

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Démonstration de pose d'un carrelage.© Geay/Metiway
1 commentaire(s) pour cet article
  1. CHERREI ERICdit :

    Un excellent moyen de montrer les savoir-faire des métiers et de lutter contre les idées préconçues de nombreux métiers manuels trop souvent délaissés mais qui sont un ascenseur social valorisant pour ceux qui les exercent.

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