Invitée hier 21 septembre à Besançon, au « Petit déjeuner » de Temis Innovation, la jeune entreprise utilise la modélisation en trois dimensions (3D) pour la chirurgie, en particulier crâno-maxillo-faciale.


La 3D pour faciliter les opérations chirurgicales et les implants ? C’est la raison d’être d’Ennoïa, jeune entreprise créée en 2018 dans le Rhône, et hébergée à la pépinière de Temis Innovation à Besançon (Doubs). Benjamin Billottet, son  président fondateur développe des solutions numériques pour faire de la chirurgie personnalisée, en particulier la chirurgie crâno-maxillo-faciale. « Cette chirurgie très complexe exige toujours plus d’innovation », soutient-il.

Cet ingénieur biomédical issu de l’ISIFC (Institut Supérieur d'Ingénieurs de Franche-Comté) à Besançon y répond sur un segment technologique encore peu concurrentiel, l’imagerie, la modélisation et l’impression 3D. « Nous sommes principalement positionnés sur le dispositif sur-mesure, d’où ce terme de « chirurgie personnalisée », par opposition au « one-size-fits-all »  [un seul modèle pour tous, Ndlr ] », précise t-il.

 

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Les clients d’Ennoïa sont à la fois des établissements de santé, des fabricants de dispositifs médicaux et des laboratoires de recherche. Avec son équipe de sept collaborateurs, le jeune dirigeant propose une étendue de services qui va de l’accompagnement, le conseil et l’analyse des besoins aux produits adaptés, avec l’exigence d’une « absolue conformité réglementaire. »

« Nos produits servent principalement à la planification préopératoire, et participent à faciliter ou sécuriser le geste du chirurgien », indique Benjamin Billottet. Les matériaux utilisés, des polymères ou encore du titane ou de l’inox, évidemment biocompatibles, deviennent des implants ou des guides d’implantation pour le professionnel.

 


L’offensive 3D sur plusieurs fronts

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Bejamin Billottet et une petite partie de son équipe. © Pôle des Microtechniques


Ennoïa est impliquée dans le programme Interreg SAIAD, qui réunit entre autres l’Institut Femto-ST, le CHU de Besançon et des entreprises suisses. « Nous travaillons à la modélisation et à l’impression 3D d’un rein comme outil préparatoire à une intervention en cas de tumeur rénale chez l’enfant. » De quoi permettre aux chirurgiens d’anticiper l’opération mais aussi de mieux communiquer avec les parents… Pour le CHU de Besançon, la start-up élabore une plateforme pluridisciplinaire consultable par l’ensemble des chirurgiens de l’hôpital pour le partage de données et une approche globale des soins au patient.

La prochaine étape sera la mise sur le marché de ses propres dispositifs médicaux. Un premier produit est d’ailleurs en attente d’obtention de brevet. Dans les mois à venir, Ennoïa pense à étendre ses prestations et ses offres de produits à un autre domaine, celui de la chirurgie vétérinaire, là encore personnalisée.


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Avec des bénéfices enregistrés « dès le premier exercice », précise le dirigeant, et une demande croissante des professionnels de santé, l’entreprise envisage une hausse de ses effectifs à court terme et se prépare même à « une croissance exponentielle. »

Ennoïa sera présente au 56è Congrès national de la Société Française de Stomatologie, Chirurgie Maxillo-Faciale et Chirurgie Orale (SFSCMFCO), à Besançon du 29 septembre au 2 octobre.

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