Cinquante ans déjà que le circuit automobile de Prenois fait rugir les moteurs. Il a investi plus de 5 millions d’euros dans la rénovation et la modernisation de son infrastructure ces dernières années. Il s’est aussi imposé comme un lieu d’événementiel générateur d’importantes retombées économiques pour le territoire.
Il y a 50 ans, le 4 juin 1972, le circuit automobile de Dijon-Prenois accueillait son premier événement, le championnat d’Europe des prototypes 2L. Il célébrera ce mercredi 12 octobre ce qui constitua le début d’une longue histoire ayant marqué l’histoire des courses automobiles et attiré les plus grands noms, de Jean-Pierre Beltoise (le père du tracé) à Alain Prost en passant par Keke Rosberg, René Arnoux et Jacques Villeneuve, les deux protagonistes d’une passe d’armes mémorable dans les derniers tours du grand prix de France 1979, et tant d’autres.
La Formule 1 y connut de grandes heures, à travers donc les grands prix de France organisés de 1974 à 1984. Mais le circuit reçoit bien d’autres formats : événements de véhicules historiques, camions, motos et même vélo, avec trois arrivées du Tour de France. Fondé par François Chambelland qui passa la main en 1995 à un groupe d’actionnaires mené par Yannick Morizot, actuel président, Dijon-Prenois n’est pas qu’un temple du sport automobile.
Il a su en effet s’imposer, depuis de nombreuses années, comme un lieu d’événementiel apprécié par les acteurs économiques. « La rénovation et la modernisation de nos infrastructures, entre 2015 et 2019, nous a hissés au niveau attendu, explique Yannick Morizot. La crise sanitaire est survenue dans la foulée. Si 2021 a été une bonne année, marquée par une reprise des activités, 2022 est notre premier véritable exercice complet depuis la fin des travaux. »
La société d’exploitation du circuit a investi plus de 5 millions d€ dans la démolition et la reconstruction des bâtiments. Les espaces d’accueil avec vue sur la piste s’étendent désormais sur 1.000 m2, modulables à partir de 30 m2. Ils sont dotés de technologies numériques autorisant la tenue de séminaires, de conventions, d’expositions ou de lancements de produits. Prenois « vend » un petit plus : des séminaires d’entreprise associant réunions de travail, repas ou cocktail et activités sportives automobiles sur la grande piste de 3,8 kilomètres ou sur celle de karting outdoor longue de 1,1 kilomètre.
Le second lieu le plus fréquenté de Côte-d'Or après les Hospices de Beaune

Entre les courses automobiles, les journées d’essais ou d’entraînement pour des marques ou des écuries de toute l’Europe – notamment suisses – et les événements, Dijon-Prenois cumule 320 jours de fonctionnement par an. « La clientèle que nous accueillons consomme sur le territoire, elle achète 70.000 nuitées d’hôtel et 220.000 repas dans des restaurants chaque année : véritable booster de l’économie locale, nous générons des retombées évaluées entre 16 et 18 millions d'€ par an », souligne Yannick Morizot.
Le patron du circuit est lui-même sensible à cet enjeu pour avoir été dirigeant d’entreprises agroalimentaires (Panidor, à Gevrey-Chambertin, devenu Elancia, et les franchises Point Chaud). Il peut se montrer d’autant plus fier que Prenois, avec 330.000 « visiteurs » par an, se positionne comme le deuxième lieu le plus fréquenté du département après les Hospices de Beaune ! « Et cette activité économique bénéfique au territoire, nous la générons sans un seul centime de subventions », souligne Yannick Morizot.
Les retombées se mesurent aussi aux investissements récurrents. « Chaque année, nous engageons entre 250.000 et 300.000 € pour la maintenance et le maintien de notre infrastructure de course aux niveaux de qualité et de sécurité exigés par les écuries, les fédérations automobiles et l’État. » Cinquante ans après son ouverture, et même s’il n’accueille plus de Formule 1 avec des week-ends à 100.000 spectateurs, le circuit reste plus que jamais dans la course.
Journée festive du cinquantième anniversaire, jeudi 12 octobre de 9h à 18h : baptêmes de piste, animations, dégustations et expositions sur le paddock, dédicaces de pilotes et acteurs des sports mécaniques. Entrée gratuite.
Le 5 avril dernier, et pour la deuxième fois, c’est à Dijon-Prenois que s’est déroulée la journée emblématique annuelle de Bourgogne-Franche-Comté Mobilité Électrique, l’association régionale de promotion de ce mode de propulsion. « L’endroit est mythique pour organiser une telle manifestation, il permet les essais de voitures électriques et offre une belle image aux mobilités électriques », résume Thierry Brossier, son président. Pour Yannick Morizot, l’accueil du « e-day » représente une opportunité de montrer que le circuit prend le virage des nouvelles énergies, en cette période de « car bashing ». Le président rappelle aussi que des marques automobiles utilisent la piste pour tester grandeur nature de nouvelles motorisations, citant Avia pour ses expérimentations dans l’hydrogène.
Photos fournies par l'entreprise.





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