L’affaire n’est pas banale car encore assez confidentielle dans les milieux du droit. Les cinq avocats associés du cabinet dijonnais Du Parc Avocats accueillent le notaire Camille Sauvadet-Perriau au sein d’une société pluriprofessionnelle d’exercice (SPE) en cours de finalisation. Il s’agit d’une association, dans tous les sens du terme, permise par la loi dite « Macron », lorsque l’actuel président de la République officiait comme ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique sous François Hollande.

 

La loi sur les professions protégées (notaires, greffiers, huissiers) du 6 août 2015, dite Loi Macron, a insufflé un vent rafraîchissant au sein de corporations, certes connues et reconnues, appréciées autant que craintes, mais à tort ou à raison, à l’image surannée, un rien hermétiques et au langage abscons.
Par ce texte législatif, l’ancien ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, devenu le Président de la République en exercice, simplifie l’installation de jeunes, favorise la pluridisciplinarité grâce à des regroupements avec d’autres métiers compatibles comme les avocats. Ce qui a permis une hausse de 50% des effectifs en moins de cinq ans.

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C’est la voie empruntée par le notaire Camille Sauvadet-Perriau qui a rejoint le cabinet dijonnais Du parc Avocats en tant qu’associée. « J’y ai surtout vu l’alliance de compétences, l’esprit d’équipe et puis l’envie de casser certains codes », souligne-t-elle.
Du Parc Avocats fédère une trentaine de personnes (chiffre d’affaires non communiqué) avec à sa tête cinq avocats associés, dont chacun est qualifié dans des domaines juridiques différents. Ils justifient le choix d’accueillir un notaire, outre la personnalité de Camille Sauvadet-Perriau, par la construction d’un «  cercle vertueux. »

Suivre un client tout au long de sa vie

« J’y vois un parallèle à faire avec les maisons de santé où sont regroupés médecins, infirmières, sages-femmes… et le bénéfice de l’interaction entre les activités », argumente Vincent Cuisinier, spécialisé en droit commercial et droit rural. 
« On passe en mode full-service et je prends à dessein l’exemple de la cession d’une entreprise avec, au préalable, la réalisation d’un audit social, puis une problématique foncière à résoudre. Ou encore un divorce avec tout le juridique de la séparation et l’acte liquidatif du régime matrimonial », détaille Pierrick Bêche, spécialiste, lui, en droit social.

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De gauche à droite, Anne Geslain,  Anne-Line Cunin, Pierrick Bêche,  Vincent Cuisinier et Jean-Marie Garinot. © Du Parc Avocat


« Notre association évite la déperdition d’informations en apportant un gain de temps précieux car parfois, il faut agir ou réagir vite juridiquement », note Anne Geslain (droit public, droit pénal, droit de la construction).
« Nous pouvons suivre un client tout au long de sa vie (rires)  : de sa naissance, à son mariage, en passant par son éventuel divorce et jusqu’à sa succession», ponctue Anne-Line Cunin (droit civil, droit de la famille, droit bancaire).
«Nous serons également très précieux pour une certaine typologie de clientèle, un gros client générant inévitablement des besoins transversaux et multiples à satisfaire », assure Jean-Marie Garinot (droit des affaires, droit fiscal, droit des sociétés). 

Sera-t-il alors possible d’aller plus loin en agrégeant les professions d’expert-comptable ou encore d’huissier ? « Pour les huissiers, cela me paraît difficile car il se priverait de la clientèle des autres avocats. Concernant les professions du chiffre, c’est envisageable car ils sont des apporteurs d’affaires, le bémol tient à ce qu’il soit parfois concurrents, mais tout est à imaginer », conclut Jean-Marie Garinot.

camillesauvadetperriauQui est Camille Sauvadet-Perriau ?

Après des études juridiques à l’Université de Bourgogne sur le campus dijonnais, cette jeune femme de 32 ans décroche le diplôme supérieur de notariat major de sa promotion.
De par l’ancienne législation, elle n’en était pas pour autant notaire en titre et devait repasser un concours pour ensuite, soit s’associer ou sein d’une étude, soit s’installer.
Dorénavant, les choses sont plus simples et indique le ministère de la Justice : « Les demandes sont traitées dans l’ordre chronologique de leur dépôt et les nominations sont prononcées dans la limite du nombre de nouveaux offices ou de nouveaux professionnels convenus pour chaque zone concernée. » Camille Sauvadet-Perriau est épaulée par un collaborateur diplômé notaire, en la personne de Jean-Baptiste Boizard.

 

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Le notariat en quelques chiffres (*)

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© Conseil Supérieur du Notariat (CSN)
Au 30 novembre 2019, la profession totalisait 14.827 notaires, dont 8.149 exercent sous la forme associée au sein de 3.840 sociétés et 51% sont des femmes (7.573). On dénombrait 6.164 offices, nombre auquel il convient d'ajouter 1.362 bureaux annexes, soit 7.526 points d’accueil de la clientèle sur tout le territoire.
L’ensemble emploie 57.000 salariés, ce qui porte, en ajoutant les notaires, à plus de 70.000 le nombre de personnes travaillant dans les offices. L'âge moyen de la profession est de 47 ans, un rajeunissement en partie dû à la loi Macron.
En termes économiques, les notaires reçoivent 20 millions de personnes. Ils traitent des capitaux d'un montant de 600 milliards d'€ et établissent plus de 4 millions d'actes authentiques et plus de 320.000 déclarations de succession. Leur chiffre d'affaires global atteint les 7,5 milliards d'€ et ce que l’on ne sait pas toujours, est que leur conseil est totalement gratuit.
(*) Source : Notaires de France/ notaires.fr.

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