Fabricante des biscuits traditionnels alsaciens en premier lieu les Bredele, la Maison Alsacienne de Biscuiterie de Colmar a fait trois ans de recherches sur les pâtes levées.
Fabricante des biscuits traditionnels alsaciens en premier lieu les Bredele, la Maison Alsacienne de Biscuiterie de Colmar a fait trois ans de recherches sur les pâtes levées.

AGROALIMENTAIRE. Dix entreprises agro-alimentaires alsaciennes (1) se lancent dans une démarche d’innovation au long cours.

Le programme régional dans lequel elles se sont inscrites ne se résume pas à un "coup" pour sortir un nouveau produit génial.

Il vise à insuffler une culture durable de l’innovation qui puisse parcourir toutes les fonctions de l’entreprise.

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Organisé l’Aria (Association régionale des industries alimentaires) et la structure régionale Alsace Innovation, le programme Noviaa a démarré au printemps dernier pour une durée d’un an.

«L’enjeu de l’innovation n’est pas une découverte pour les entreprises, mais elle constitue le processus le moins formalisé en leur sein. La part de la R&D dans les effectifs et le chiffre d’affaires des PME est très minime», relève Isabelle Botzkowitz, d’ Alsace Innovation.

La plupart ne sont toutefois pas novices en la matière.

«Elles étaient soit à la recherche du second souffle, soit manquaient de structuration sur le sujet, ou encore certaines avaient connu une expérience décevante par le fait de retombées commerciales moindres que prévu. Noviaa entend les aider, en les dotant de méthodologies et d’outils qui leur serviront bien au-delà du programme stricto sensu», expose Olivier Klein, dirigeant du cabinet Neologiks.

Ce consultant fait partie d’un groupement de quatre confrères qui accompagne les entreprises et a pris pour la circonstance le nom de Gaia pour Groupement d’accompagnement pour l’innovation dans l’alimentaire.

Signe particulier : à l’exception d’un, ces consultants ne sont pas des purs spécialistes de l’agroalimentaire.

«Le cabinet qui apporterait à lui seul toutes les solutions n’existe pas. Nous avons combiné des compétences diverses en coaching, accompagnement humain au changement, process industriels, marketing, créativité. Et nous pouvons livrer également les enseignements tirés d’autres secteurs industriels», souligne Olivier Klein.

Ce fonctionnement s’inspire d’une expérience antérieure proche en Rhône-Alpes, conçu par le Pôle alimentaire européen, Critt (Centre Régional d'Innovation et de Transfert de Technologie) spécialisé en agroalimentaire.

La démarche en elle-même suit un parcours classique par étapes, avec alternances de phases collectives et individuelles.

Elle a commencé par un diagnostic de l’innovation dans chaque entreprise,  puis un séminaire commun sur la créativité, avant la restitution du diagnostic individuel.

Une nouvelle séance de groupe sur le processus d’innovation a débouché en fin d'année dernière, sur la définition dans chaque entreprise d’un projet-pilote, sorte de tremplin vers une stratégie de long terme.

Ce parcours laisse 6 000 € à la charge de chaque société. Rentable ?

La finalité, c’est bien une retombée en chiffre d’affaires, grâce au lancement de produits qui sauront rencontrer l’adhésion des consommateurs.  «Noviaa est conçu pour aider à transformer l’essai, c’est-à-dire à aboutir à une mise sur le marché réussie», confirme Olivier Klein.

Olivier Klein, dirigeant de Neologiks fait partie d’un groupement de quatre consultants qui accompagne les entreprises.
Olivier Klein, dirigeant de Neologiks fait partie d’un groupement de quatre consultants qui accompagne les entreprises.

Prochaine cible, les TPE

Les entreprises inscrites sont des PME, employant de 15 à plusieurs dizaines de salariés.

Une seconde vague prévue cette année pourrait s’ouvrir aux TPE, avec un programme adapté à leur taille.

Au sein du premier groupe, la Maison Alsacienne de Biscuiterie de Colmar (Haut-Rhin) voit dans Noviaa un moyen de prolonger et diffuser la culture de l’innovation.

«Pour une entreprise de notre taille, l’innovation implique toutes les fonctions : l’ingénieur, mais aussi le pâtissier de l’atelier de création, l’informatique ou encore la boutique en ligne que nous avons installée depuis onze ans déjà», estime le fondateur Jean-Marc Muller.

Fabricante des biscuits traditionnels alsaciens en premier lieu les Bredele, la PME revendique l’étiquette de «manufacture à taille humaine» (45 salariés et 4,5 millions d’€ de chiffre d’affaires) effectuant encore nombre d’interventions à la main.

Son fondateur a une conviction : «Quand on cherche, on finit toujours par trouver, même si c’est parfois l’inattendu».

Trois ans de recherches sur les pâtes levées débouchent sur un kougelhopf mignardise immergé dans des eaux-de-vie d’Alsace.

(1) Alsace Lait, APM (Alsacienne de pâtes ménagères), Bretzel Burgard, Colin, Feyel, Maison alsacienne de biscuiterie (ex-Coco LM), Moulin des Moines, Pâtes Valfleuri, Schneider Baltic, Vins Wolfberger.

Crédit photos : MAB et Christian Robischon.

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