TEXTILE. Après les paratiques, voici les anti-moustiques ! Leur dernière nouveauté lancée en avril le confirme : les chaussettes Labonal de Dambach-la-Ville (Bas-Rhin) continuent de révolutionner leur petit monde.

C’est la condition pour continuer à produire français et tenir le pari lancé il y a douze ans par quelques cadres, repreneurs de ce vieux fleuron au groupe Kindy qui voulait le fermer.

Mais, le "made in France" dans la chaussette, ce n’est pas si simple.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

L’entreprise de 110 salariés combine des investissements réguliers pour une qualité irréprochable (1 million d’€ ont été injectés dans l’outil de production ces deux dernières années), le lancement de nouveaux produits, mais aussi la recherche de voies innovantes de distribution.

La production pour marque de distributeur vendue en hypermarchés garde sa place prépondérante, avec un peu plus de 60 % du chiffre d’affaires, mais cette part diminue au profit des produits sous la marque Labonal.

Née dans les années 1920, tombée dans l’oubli dans les années 1990, elle a été ressuscitée par la nouvelle équipe dirigeante. Elle est écoulée auprès de distributeurs spécialisés et de la VPC (environ 20 %) et en vente directe.

Ce dernier créneau, le plus récent, représente 10 % des débouchés. Il prend trois formes. Quatre boutiques mobiles sillonnent les marchés du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et du Nord de la Franche-Comté.

Il y a ensuite le site Internet et enfin deux petits magasins fixes aux couleurs rouge de Labonal. Après celui au siège créé il y a trois ans, un second a ouvert en novembre dernier en centre-ville, à Obernai (Bas-Rhin).

Dominique Malfait, Le PDG et l’un des cadres qui avait refusé la fermeture par Kindy, compte poursuivre ce mouvement au rythme d’un nouveau magasin par an, au besoin par franchise.

«La vente directe connaît un début encourageant. Elle a l’avantage de nous restituer le ressenti du consommateur final sans passer par l’intermédiaire d’un distributeur. Nous avons ainsi détecté la montée de la notion d’achat responsable, nous avons vu que des consommateurs se montraient prêts à payer 5 ou 10 % plus cher pour cela», observe le dirigeant.

Peu de fournisseurs en France

Le débat sur le "made in France", Dominique Malfait se sent forcément concerné, puisque ce fut précisément le pari de la reprise. «Dans notre domaine, c’était une hérésie il y a douze ans. Six ans plus tard, cela restait ringard. Quand nous avons refait notre packaging, nous l’avons mentionné, mais en tout petit. Aujourd’hui, nous le mettrons sans doute plus en avant».

Du point de vue industriel, le patron témoigne que le produire en France n’est pas négligeable. «Nous produisons moins de 1 % de la consommation française et cela fait tout de même vivre 110 personnes. Songez si on démultipliait cela», ajoute t-il.

Mais le made in France dans la chaussette, ce n’est pas si simple. Si parmi les projets en cours de labellisation, le critère de la part du sourcing en France s’avérait trop exigeant, Labonal n’est pas certain de pouvoir y prétendre.

«Nous privilégions les fournisseurs et la matière première proches…mais parfois il n’y en a pas. Du cachemire, on n’en trouve pas en France. Des filatures, il en existe de moins en moins et les teintureries, il en reste deux», observe Dominique Malfait.

Si on prend l’entreprise Labonal (abréviation à l’origine de LA BOnneterie ALsacienne) et non plus seulement la marque, on objectera aussi qu’un tiers de la production destinée aux marques de distributeurs a été délocalisée dans une filiale en Tunisie. «Nous l’avons fait à contre-cœur, on ne pouvait plus lutte », confesse Dominique Malfait.

Pour l’exercice en cours qui se clôture le 30 septembre, la PME s’attend à une baisse de chiffre d’affaires de l’ordre de 15 % par rapport aux 8,5 millions d’€ réalisés en 2010-2011, au regard des tendances des premiers mois, reflet de l’affaiblissement général de la consommation.

Sa priorité va toutefois à la restauration des marges. Pour la première fois en douze ans, l’exercice 2010/2011 a été  significativement» déficitaire, note le PDG.

Photos : Christian Robischon.

3 commentaire(s) pour cet article
  1. Philippe PENILLARDdit :

    Bravo ! Car j'imagine la quantité d'énergie à développer, d'embûches à éviter... et bon courage pour restaurer la rentabilité, seule garante de la pérennité des emplois. Bien qu'étant dans un domaine très différent, on se sent un peu moins seul ! Bien cordialement, P. Penillard

  2. Bernard BOULYdit :

    Bel exemple de détermination entrepreneuriale et de résistance à une stupide guerre des prix ; qualité, innovation, circuit court sont de bons leviers. Merci.

  3. Pascal DENISdit :

    Merci pour cette découverte de la société LABONAL ! Merci et bravo à l'équipe en place qui prouve que certains prennent encore le parti du risque et du combat, y compris dans des secteurs très concurrentiels... A quand la 1ère boutique LABONAL en Bourgogne ? Bonne journée à vos lecteurs !

Commentez !

Combien font "7 plus 3" ?