A Sarrebourg (Moselle), BW Industrie accélère sur le marché de l’intégration de robots. L’installation des premiers bras automatisés dans ses ateliers d’usinage et de dégraissage industriels, avait incité cette PME de 40 personnes à proposer cette nouvelle compétence à d’autres entreprises. Elle franchit une nouvelle étape cette année en créant une société sœur, RobotIndus.


Imperturbable ou presque, un robot collaboratif de BW Industrie à Sarrebourg (Moselle) saisit une à une les pièces destinées à une machine d’usinage. En l’absence de cage grillagée – comme c’est le cas avec un robot « classique » –, un scrutateur laser ralentit sa cadence voire arrête la machine, lorsqu’un visiteur imprudent franchit les zébras jaunes et noirs marqués au sol.
L’entreprise de 40 salariés est plus que jamais convaincue que la collaboration homme-robot est l’avenir de l’industrie, de surcroît dans ce que pourrait être l'économie de l’après-coronavirus. Le maintien voire la relocalisation de chaînes de production qu'ambitionnent le Gouvernement comme la Région Grand Est, ne pourra se concrétiser sans accroître la compétitivité par davantage d’automatisation, martèlent les dirigeants de BW Industrie.

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BW Industrie exploite les robots en métrologie, pour contrôler les dimensions des pièces usinées dans ses ateliers. © Philippe Bohlinger


La création en février dernier, de RobotIndus, une société sœur de 4 personnes, vise à développer le savoir-faire acquis ces dernières années dans l’intégration de robots collaboratifs ou « cobots ». L’activité est génératrice de forte valeur ajoutée pour ce spécialiste de la sous-traitance industrielle. Elle implique en effet l’étude, l’installation, la création de supports de fixation, la conception et fabrication de préhenseurs pour le poignet du bras robotisé fournis par un industriel spécialisé.  

Depuis l’installation d’un premier cobot en 2011 dans ses ateliers, la dynamique PME lorraine n’a cessé de grossir, augmentant de 70% son chiffre d’affaires qui s'est élevé à 4,2 millions d’€ millions en 2019, et recrutant 14 salariés. Laurent Wagner, co-dirigeant avec Philippe Boog,  raconte la genèse de ce pari industriel.

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« Nous souhaitions automatiser le chargement d’une machine d’usinage, ce qui nous a conduit à acquérir un premier cobot, le septième vendu en France par le fabricant danois Universal Robots. Nous avions la chance de compter parmi nous un jeune ingénieur très motivé, Raphaël Schwartz, qui nous a aidé à intégrer ce bras robotisé par nos propres moyens. Par la suite, l’installation d’un second cobot dans nos ateliers a suscité l’intérêt d’un de nos clients en usinage, une petite entreprise de dix salariés. C’est ainsi que nous avons commencé à développer l’activité d’intégrateur en robotique. »
A ce jour, le sous-traitant a intégré 55 robots dont cinq dans ses propres ateliers. Ce département industriel désormais filialisé avec RobotIndus, représentait l’an dernier 20% du chiffre d’affaires.


Montage du bloc moteur de la Smart

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BW Industrie a amené de la valeur ajoutée à une opération de dégraissage en sous-traitance, en proposant d’automatiser le contrôle dimensionnel des pièces. © Philippe Bohlinger


La proximité n’est pas le moindre des atouts de la nouvelle société pilotée par Raphaël Schwartz qui en détient une partie du capital aux côtés de BW Industrie. Le co-dirigeant de la société-mère Laurent Wagner, en veut pour preuve la prestation réalisée sur le site d’assemblage de Smart à Hambach (Moselle).
« Le montage du bloc moteur sur le train arrière de la petite citadine impliquait de nombreuses opérations de vissage. Nous avons solutionné cette contrainte par l’installation d’une dizaine de bras robotiques. ThyssenKrupp, le sous-traitant en charge de ces opérations, a pu pousser très loin la robotisation, car notre implantation à 50 km du site, facilitait nos interventions sur place. »

La robotique offre une diversification intéressante à BW Industrie dans un contexte où les motorisations électriques dans l’automobile, secteur qui représente un tiers de son activité, comportent moins de pièces usinées que leurs homologues thermiques. La PME a ainsi su créer des synergies entre son département robotique et ses deux activités « historiques » d’usinage (60% du chiffre d’affaires) et de dégraissage/nettoyage particulaires de pièces industrielles (20% du chiffre d’affaires).

" Une diversification intéressante dans un contexte de développement des motorisations électriques dans l’automobile qui comportent moins de pièces usinées que le thermique. "

Consultée pour dégraisser des pièces automobiles en aluminium, BW industrie a également apporté de la valeur ajoutée à cette opération automatisant le contrôle dimensionnel des pièces qui était jusqu’à présent réalisé manuellement par son client. Surtout, l’expérimentation de cobots sur ses propres lignes a constitué un atout technique et commercial qui a séduit plusieurs de ses confrères usineurs. 


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Qui sont Laurent Wagner et Philippe Boog ?

Le duo fondateur de BW Industrie en 2009 estime qu’avec 150 robots installés en France pour 10.000 employés, la France conserve une marge de progression en matière d’automatisation. D’autant que cette densité est deux fois supérieure de l’autre côté du Rhin et cinq fois plus élevée en Corée du sud, le leader mondial incontesté en la matière.
Philippe Boog et Laurent Wagner y croient d’autant plus que leurs cobots leur ont permis de maintenir une activité industrielle pendant la durée du confinement. « Nous avons fonctionné avec la moitié de nos salariés et nos robots », résume Laurent Wagner, ingénieur en génie mécanique, formé à l’INSA de Strasbourg.

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