L’entreprise basée dans la Nièvre avec un second site à Dijon va réaliser le meilleur chiffre d’affaires de son histoire (8 millions d’€) à l’issue de son exercice en cours. Un gros contrat pour la SNCF vient couronner plusieurs années de percées auprès d’industries variées, en particulier dans les produits spéciaux, pour le levage de pièces lourdes non manipulables de façon manuelle. Portée par ses succès, Kremer vient d’accroître ses effectifs d’une douzaine de nouveaux postes.
Kremer bouclera, dans bientôt cinq mois, le meilleur exercice de ses 45 ans d’histoire. Le concepteur et fabricant d’accessoires de levage pour l’industrie basé à Guérigny dans la Nièvre portera, sauf accident, son chiffre d’affaires à 8 millions d’€, mieux qu’avant la crise sanitaire et pas moins de 40 % au-dessus du montant de 2021/2022 (clôture au 30 septembre) qui s’était situé à 5,7 millions d’€.
L’explication principale de cette croissance spectaculaire se nomme SNCF. Auprès de la compagnie ferroviaire, la PME familiale avait conclu à la mi-2021 un important marché dont la concrétisation intervient à présent. « Nous recueillons les fruits d’une relation construite avec la SNCF depuis plus de dix ans, marquée par des collaborations régulières. Elle a joué un grand rôle dans notre déploiement à l’échelle nationale qui remonte au début des années 2010 », décrit Sébastien Kremer, le dirigeant de l’entreprise avec sa sœur Laurence Lagoutte - à la suite de leur père André fondateur en 1977 - et qui est en charge plus particulièrement de la production.
L’industrie ferroviaire constitue ainsi un pilier de l’activité de Kremer, de par la nature même des pièces qu’elle produit : « Elles ont toutes un poids tel que la règlementation interdit leur manutention manuelle, soit exactement le créneau sur lequel nous nous situons », poursuit Sébastien Kremer. L’entreprise de Guérigny est devenue en effet une spécialiste des équipements pour les manœuvres de levage des pièces lourdes, de fait de 15 kilogrammes à 250 tonnes. Elle en fabrique les accessoires, « c’est-à-dire ce qui va se situer entre le crochet d’une grue ou un pont-roulant et la pièce à lever », précise Sébastien Kremer.
Ce sont ainsi des pinces, des palonniers, des agrès, des cés de levage (équipements en forme de C), des câbles ou des élingues qui sortent des locaux de Kremer, après y avoir été conçus. Tout en proposant une offre « catalogue », la PME se démarque en effet par sa capacité à mettre au point des produits spéciaux, en quantités conséquentes : elle comptabilise la mise au point de 350 exemplaires spécifiques par an, par son bureau d’études de 8 personnes élaborant des plans 2D et 3D à partir du cahier des charges rédigé avec le client.
Ce positionnement sur le sur-mesure met l'enteprise en rapport direct avec le client utilisateur final, comme un équipementier de rang 1, en somme. « Une de nos forces sur notre marché vient de notre organisation intégrée : nous réunissons conseil, conception en bureau d’études, fabrication et distribution », appuie Laurence Lagoutte. La société a également ajouté une activité de maintenance depuis deux décennies, incluant de la maintenance prédictive.

Titulaire de la labellisation « La French Fab », Kremer brandit ainsi avec légitimité le drapeau d’une offre 100 % tricolore qui s’impose bien au-delà du ferroviaire : le transport routier, le BTP, la sidérurgie, l’équipement pour l’énergie et l’aéronautique composent également le portefeuille de clientèle.
Celle-ci est livrée à partir de deux sites : Guérigny le principal, ainsi que Dijon où Kremer s’est implanté en 1992 la reprise de son confrère Corderies et Câbleries de Bourgogne, opérant aujourd’hui sous le nom de la maison-mère. L’ensemble des moyens de production représente une surface de 6.000 m2 abritant une dizaine de ponts-roulants de 3 à 25 tonnes et des machines d’usinage (tours et fraiseuses) et cumulant un stock de quelque 10.000 références.
Française, la production de Kremer reste aussi pour l’essentiel dans l’Hexagone : la PME ne réalise qu’une petite part d’activité à l’exportation. Son domaine d’activité reste régi par les règlementations différentes d’un pays à l’autre sur la manutention de charges lourdes, ce qui supposerait de s’approprier chacune d’elles.
Localisation avantageuse

Les développements commerciaux requièrent des investissements matériels, « mais notre premier investissement, il concerne la main d’œuvre », relèvent les deux dirigeants. Kremer n’a pas lésiné sur leur « montant » : sur les 18 derniers mois, la PME a procédé à 17 embauches, « dont 80 % de création de postes », précise Laurence Lagoutte. Soit une progression conséquente par rapport à l’effectif, porté ainsi à 50 salariés au cumul des deux sites, auxquels s’ajoutent quelques intérimaires (cinq actuellement, en cohérence avec la proportion habituelle pour la PME de 10 % de personnel temporaire par rapport à son effectif permanent).

Le frère et la sœur à la tête de Kremer indiquent avoir recruté dans tous les métiers de l’entreprise : conception, marketing, production avec l’embauche de mécano-soudeurs et d’usineurs qui s’est avérée moins compliquée qu’on pourrait l’imaginer. « Nous avons pu intégrer des jeunes ainsi que des personnes plus âgées en reconversion, nous dédions nos propres mécano-soudeurs à leur encadrement.» La localisation du site principal dans la Nièvre n’a pas été pénalisante de ce point de vue, ni d'autres, au contraire : Kremer peut y capitaliser sur une réputation locale et un statut de pilier industriel de son bassin au nord de Nevers, dans une position plutôt centrale par rapport à la géographie de ses débouchés.
Photos fournies par l'entreprise.






















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