L'entreprise familiale gardienne de la tradition de la charpente et menuiserie en bois fait converger ses valeurs du travail bien fait vers une modernisation qu'elle juge indispensable pour rester compétitive, à présent qu'elle atteint la taille d'une PME de 30 salariés à Burnhaupt-le-Haut (Haut-Rhin).
Menuisier et charpentier traditionnel, Bitsch illustre le tournant technologique qu’a entrepris la filière bois. L’ensemble de 30 salariés formé par Menuiserie JB Bitsch SAS et Charpente Willemann-Bitsch à Burnhaupt-le-Haut (Haut-Rhin) a investi, ces dernières années, dans des matériels de plus en plus modernes qui l’ont fait entrer progressivement dans l’ère du numérique.
Visité cette fin mars dans le cadre d'un « mois du bois » concocté par la Maison de l’emploi et de la formation (MEF) Mulhouse-Sud-Alsace (voir ci-dessous), l’atelier de menuiserie de l'entreprise familiale s’est largement métamorphosé. « Les équipements ayant une durée de vie d’une dizaine d’années, les investissements entrepris il y a quinze ans ont laissé place récemment à une nouvelle génération, de plus en plus sophistiquée », expose Sébastien Kirscher, ouvrier qualifié chez Menuiserie JB Bitsch.
Une fois stockés les approvisionnements représentant toute la diversité du massif vosgien (chêne, hêtre, douglas, pin, sapin…), la matière destinée à la transformation du bois massif s’insère dans une machine de découpe qui est équipée d’une visée laser pour optimiser la précision du travail et, ainsi, respecter les cotes de dimensionnement inscrites sur l’écran d’ordinateur.
Cette première étape façonne les éléments de structure et d’enveloppe appelés à être installés par l'entreprise - ses effectifs comprennent une équipe de cinq poseurs - sur des chantiers d’habitat ou de bâtiments non-résidentiels : charpentes, ossatures, bardages, menuiseries de maisons, mais aussi d’hôtels, de restaurants, de crèches et d’entreprises industrielles.

Centre d'usinage cinq axes
L’autre partie d’activité, celle du mobilier d’aménagement, s’est dotée d’un trio scie à panneaux – plaqueuse – pôle d'usinage « qui nous amène à un stade semi-numérique », souligne Sébastien Kirscher. Mais Menuiserie Bitsch a franchi un palier de plus, vers l'authentique commande numérique, depuis quelques années grâce au centre d’usinage à cinq axes (du fabricant français Biesse) qu’elle a fait entrer dans ses locaux situés au pied de la vallée sous-vosgienne de la Doller.
Pour piloter cette « bête », des compétences informatiques sont requises « que je n’avoue pas posséder », dit Sébastien Kirscher avec franchise. L’entreprise a recruté un diplômé de BTS, Sylvain Weiss, qui s’était familiarisé avec ce type de matériel. « Mais pas de façon aussi évoluée, c’est un sacré outil que celui-ci », témoigne le jeune homme.

La menuiserie familiale veille aussi à garder la maîtrise interne des opérations connexes. Elle gère sa propre quincaillerie et au fond de ses ateliers, elle a aménagé une cabine de laquage de finition, destinée surtout aux produits issus des bois massifs. Elle diminue régulièrement le recours aux solvants en leur substituant des produits à base d’eau. Elle estime à 80 % la part atteinte aujourd’hui par ces solutions aqueuses.
Elle poursuit ainsi une voie de croissance qui lui fait atteindre un chiffre d’affaires annuel proche de 3 millions d’€.

La Maison de l’emploi et de la formation (MEF) Mulhouse-Sud-Alsace a organisé en mars un mois d’animation autour des métiers du bois et de la forêt, en association avec la représentation régionale de la filière, Fibois Grand Est. La manifestation s'est terminée par plusieurs visites d'entreprises qui étaient ouvertes au public sur inscription préalable. Outre Bitsch, les Haut-rhinoises Papeteries du Rhin à Illzach et Bois & Techniques à Soultz se sont prêtées au jeu. La MEF a terminé le mois par une soirée avec deux témoignages de reconversion dans cette filière : d'une part Timothé Nehlig, ancien enseignant en mathématiques puis professeur des écoles, entré en formation pour devenir facteur d’orgue ; d'autre part Emmanuel Schneider.
Cet ex-commercial dans divers industries a terminé son long parcours de cinq ans – CAP de charpente par alternance au lycée Nessel de Haguenau (Bas-Rhin), diplôme de technicien d’études en construction bois à l’Afpa à Colmar (Haut-Rhin), couveuse d’entreprise à Strasbourg… - par la création, depuis un an, de sa micro-entreprise de plans pour la construction ou la rénovation en bois de petites surfaces.
Cette réorientation remonte même à plus loin, d’une certaine matière… à l’enfance. « J’ai toujours eu la passion du bois, sans doute quelque chose transmis par mon grand’père qui travaillait dans le négoce de la matière. Enfant, je bricolais des objets en bois. Quand j’ai voulu changer de vie, j’ai cherché à lui donner une tournure en rapport avec cette passion. Le parcours a été long, mais bien soutenu notamment par les dispositifs de Pôle Emploi, et elle débouche aujourd’hui sur ce que je voulais faire : la conception bois, par la confection de plans pour les particuliers et les structures trop petites pour les effectuer en interne », témoigne le Strasbourgeois, dont la structure est également active dans la menuiserie d’agencement.






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