Longwy, en Meurthe-et-Moselle, est réputée depuis le Premier Empire pour ses céramiques décorées selon la technique raffinée de l’émaillage cloisonné. Malgré une année difficile, la Manufacture des Emaux de Longwy 1798 maintient le cap. Pour 2021, l’entreprise de 30 personnes a fait le voeu de corriger son déficit de notoriété en-dehors de l’hexagone, en mettant le cap sur l'Amérique du nord et l'Asie. Découverte de ce savoir-faire emblématique.


La pépite du luxe à la française part à la conquête du monde. En cette fin d’année, La Manufacture des Emaux de Longwy 1798 prépare le déploiement à l’international de ses splendides céramiques décorées selon sa technique inimitable de l’émaillage cloisonné. Ses services de table étaient appréciés de Napoléon 1er, rappelle son président Martin Pietri. L’argument fait mouche auprès de la clientèle asiatique et nord-américaine, très friande de l’artisanat d’art « made in France ».

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Pour étendre son rayonnement, la manufacture de Meurthe-et-Moselle finalise actuellement un partenariat avec la plateforme américaine Perigold, spécialisée dans la décoration haut-de-gamme, et négocie avec des réseaux de distribution chinois. Bénéficiant du soutien de Bpifrance, l’entreprise se prépare par ailleurs à ouvrir au printemps un espace à New-York au sein du show-room du spécialise du luminaire Atelier Alain Ellouz.
« Par comparaison à d’autres fleurons du luxe lorrain comme Daum, Baccarat ou Saint-Louis, nous souffrons d’un déficit de notoriété en-dehors de l’hexagone. L’enjeu consiste à muscler notre marque, afin de passer la part des ventes à l’export de 15 à 50% du chiffre d’affaires », éclaire le dirigeant.

Ce virage marketing et commercial fait écho au tournant créatif entamé il y cinq ans lorsque Martin Pietri a repris l’entreprise en grande difficulté. « Nous avons retravaillé la désirabilité de la marque, avec l’année 2020 en ligne de mire pour le retour à l’équilibre financier », poursuit-il.
La pandémie a quelque peu perturbé ses plans : le chiffre d’affaires de 1,5 million d’€ en 2019 a baissé de 15% environ. Mais la Manufacture des Emaux de Longwy 1798 garde le cap, à l’image de la collaboration engagée en septembre avec de nouvelles signatures, les designers Pierre Gonalons et India Mahdavi.

• La fabrication d'une céramique étape par étape

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Une modeleuse réalise un vase en plastiline, une sorte de pâte à modeler, à partir de la vue 3D signée du designer français Pierre Gonalons. Cette forme sera ensuite utilisée pour la fabrication d’un moule en plâtre. © Philippe Bohlinger
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La manufacture engage en cette fin d’année son ascension de l’Himalaya, à savoir la fabrication d’une nouvelle version de son plus imposant moule. Ses huit étages permettront la production de vases de 1,5 m de haut, vendus autour de 40.000 € l’unité. © Philippe Bohlinger
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L’argile est combinée à de l’eau dans un mélangeur, afin d’obtenir la « barbotine ». Celle-ci doit être suffisamment liquide pour couler naturellement dans tous les détails du moule. L’eau s’évacue ensuite par les pores de l’empreinte en plâtre. © Philippe Bohlinger
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La pièce en terre crue transite par l’atelier de réachevage afin de faire disparaître les éventuelles coutures, ébréchures et autres trous. Elle est ensuite cuite à 1.400°C. Ici le tabouret Bishop de la créatrice iranienne India Mahdavi, une des nouvelles signatures de la manufacture. © Philippe Bohlinger

 

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Le laboratoire de couleurs dispose d’une palette de plus de 1.000 nuances ! Particularité qui a son importance, l’émail composé de poudre de cristal et d’oxydes métalliques ne prend sa teinte véritable qu’après cuisson. Cette spécificité implique un paramétrage précis et des essais préalables. © Philippe Bohlinger
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Les contours des décors sont déposés un à un au moyen de calques d’impression. Il s’agit concrètement de feuilles de papier de soie imprimées en sérigraphie dont les décors s’impriment sur la céramique par transfert, tel un décalcomanie. © Philippe Bohlinger
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Les décorateurs répartissent l’émail goutte à goutte en la tirant au plus près possible des cloisonnements. Ils n’emploient pas de pinceaux, mais des piques ou des seringues dans le cas de grandes pièces. Un travail d’orfèvre. En effet, l’épaisseur de l’émail peut modifier l’intensité de la couleur et induire des risques de casse. © Philippe Bohlinger
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Un second passage au four (à 750°C cette fois) permet d’obtenir la couleur souhaitée et une céramique qui fait la réputation mondiale des émaux de Longwy. © Emblem / Anne-Emmanuelle Thion

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