AUTOMOBILE. Une fois de plus, la société FAM Automobiles, placée depuis en redressement judiciaire, a tenu le devant de la scène aux rencontres annuelles Mobilis, les 15 et 16 novembre 2001.

Les stands d’exposition à l’Atria de Belfort se sont centrés autour de la F-City de la PME d’Etupes (Doubs), comme pour bien matérialiser le rôle fédérateur que la petite voiture électrique joue pour plusieurs programmes de recherche. Le plus notoire a été la mise au point de la version combinant hydrogène et pile à combustible, qui associe quatre partenaires dont un centre de R&D de Michelin (1).

Dans quelques semaines, la F-City H2 deviendra le premier véhicule roulant à l’hydrogène immatriculé en France.

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Pascal Bernard, le directeur général de FAM Automobiles, le concepteur de la F-City, commence à être rôdé à l’exercice :  il a multiplié rendez-vous de presse et professionnels aux Rencontres Mobilis pour exposer sa dernière trouvaille.

De la F-City standard, la nouvelle version garde la chaîne de traction électrique. Elle rajoute un refroidisseur à l’avant et un enfûtage pour remplir le réservoir d’hydrogène. Surtout, elle remplace le rack « pur » électrique par une boîte contenant le réservoir d’hydrogène (27 litres, 350 bars de pression), la pile à combustible, les raccordements et la batterie lithium.

La dimension est strictement la même que celle  de la version tout électrique (1,20 m de long et 80 cm de large).  Le rack se range sous les deux sièges avant, le reproche d’encombrement des systèmes pile à combustible n’a donc pas lieu d’être. «On a réussi à miniaturiser le système. Les deux types de rack deviennent interchangeables sur le même véhicule», souligne le chef d'entreprise.

L’hydrogène forme la source principale. La pile à combustible vient en sus jouer le rôle de «prolongateur d’autonomie», explique Gino Paganelli, du centre de recherche de Michelin en Suisse qui est associé au projet lancé en octobre 2010.

Les avantages, Pascal Bernard les voit nombreux par rapport à la version tout électrique. «Le poids du module énergie se réduit de 280 à 120 kilos, la recharge s’effectue en deux à trois minutes, et l’autonomie en usage normal passe de 100 à 150 kilomètres », énumère-t-il. «Il donne en plus de la chaleur gratuite pour chauffer l’habitacle, c’est bien mieux que le véhicule électrique dont on sait que la température ambiante n’est pas des plus élevées», ajoute Gino Paganelli.

La sécurité ? Le véhicule a passé avec succès les tests de choc et de résistance au feu, ce qui rend son homologation imminente. Le réseau de distribution ? Les partenaires de F-City H2 espèrent que les gaziers suivront le mouvement.

Immatrication avant le 19 décembre

Pour le "carburant", «le prix de l’hydrogène aujourd’hui équivaut à un diesel entre 1,50 et 1,60 euro, ce n’est donc pas délirant», ajoute Fabio Ferrari, de Symbio F-Cell, un développeur de piles à combustible au Bourget-du-Lac (Haute-Savoie).

Le prix ? Mystère encore, mais Pascal Bernard estime réaliste de pouvoir proposer d’ici à trois ans un tarif égal voire inférieur à la F-City électrique.

On n’en est pas encore là, de loin. Le véhicule sera immatriculé «avant le 19 décembre, date de sa présentation au Sénat», annonce Pascal Bernard. Il le sera à titre de «véhicule isolé». Il restera dans un premier temps un prototype à affiner. Sa production en série supposerait une nouvelle homologation. Et de trouver son marché.

Sa grande sœur électrique commence à rencontrer le sien, mais de manière encore timide : FAM vend 250 F-City par an pour l’instant, le véhicule reste donc marginal dans les 20 millions d’€ du chiffre d'affaires annuel de la PME de 110 salariés.

L’innovation a en tout cas apporté de la lumière à des Rencontres qui ont paru plus moroses que les précédentes éditions. Planaient sur elles le  comité central d'entreprise d’un PSA (2) très discret à Mobilis.

(1) Les partenaires sont : FAM Automobiles, Michelin (centre d’innovation à la mobilité propre de Givisiez en Suisse), l’entreprise EVE System (adaptation de la chaîne de traction et intégration des batteries), le laboratoire belfortain FC Lab (analyse des risques) et l’Institut Pierre Vernier de Franche-Comté.

(2) Lire à ce sujet, le plan de suppression d'emploi de PSA dans "L'Essentiel" de ce jour.

Relire les articles de Traces Ecrites News : Fam Automobiles monte sa puissance électrique et Les voitures électriques prennent de la vitesse Photos : Christian Robischon
1 commentaire(s) pour cet article
  1. Charlierdit :

    Comment peut on expliquer ce prix aussi élevé de l'hydrogène, élément le plus abondant de l'univers ?

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