Le leader mondial de la transformation de mirabelles va injecter 9,9 millions d’€ sur son site de Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle) afin d’augmenter ses capacités de conditionnement et diversifier la transformation de fruits. La coopérative de 200 producteurs compte entre autres relocaliser la production de variétés de cerises massivement importées des Etats-Unis et de Turquie.



« La planète, c’est l’outil de production numéro un de Végafruits ; à ce titre, nous nous devons d’en prendre soin. » Bruno Colin, le directeur de cette coopérative basée à Saint-Nicolas-de-Port, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle) plante le décor dans lequel s’inscrit l’investissement de 9,9 millions d’€ engagé en ce début d’année. Le programme porté par ce leader mondial de la transformation de mirabelles, a reçu le soutien de Bpifrance à hauteur de 2,1 millions d’€ au titre du Plan de relance national, via le fonds de relocalisation industrielle.


Le soutien de la banque publique accélère les plans de ce spécialiste de la première transformation des fruits : purées pour les fabricants de compotes et glaces, surgelés, fruits secs, fruits de bouche, jus, etc.) et qui a lancé en 2017 sa propre marque de compotes en gourdes. « Le financement est conditionné à la réalisation des investissements sous deux ans. Il nous permettra d’aller plus vite dans la diversification de notre outil industriel et plus loin dans sa décarbonation », résume le directeur de Végafruits.


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En quoi l’investissement de la coopérative qui emploie 95 personnes pour un chiffre d’affaires de 11,5 millions d’€ en 2020, participe-t-il de la relocalisation industrielle appelée de ses vœux par le gouvernement ?
« Les cerises noires et les griottes de Montmorency sont aujourd’hui importées de Turquie et des Etats-Unis, alors que ce sont des variétés de nos terroirs », pointe Bruno Colin.
A ce titre, les arboriculteurs de Végafruits se sont engagés à planter 100 hectares de nouvelles variées de fruits d’ici 2025, sur les 600 existants. Des cerises, mais aussi des cynorhodons ou « églantines », des pêches de vigne, des pommes, etc. L’enjeu consiste également à lisser l’activité sur l’année, la récolte des mirabelles demeurant concentrée sur la fin l’été (août-mi-septembre).

 


Nouvelles installations de production de froid et ligne de de tri optique

 

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Végafruits a lancé sa propre gamme de compotes en gourdes en 2017 à laquelle la coopérative ajoute un nouveau parfum ce printemps. © Végafruits

 

Concrètement, l’entreprise va construire 1.300 m2 d’ateliers supplémentaires pour augmenter sa capacité de conditionnement. Le permis de construire est prêt à être déposé, les équipements industriels sont à l’étude. Végafruits va notamment investir dans de nouvelles installations de production de froid. En termes d’émission de CO2, le recours au propane comme gaz frigorigène aura un impact plusieurs milliers de fois inférieur aux gaz fluorés classiques. Par ailleurs, la nouvelle installation de froid sera couplée à un système de récupération de chaleur. Les calories seront utilisées pour préchauffer l’eau de nettoyage des ateliers et sécher les fruits.

« Nous allons nous doter en parallèle d’un outil de tri optique à haute performance. Il va nous permettre de travailler des fruits plus mûrs et donc d’augmenter les qualités gustatives de nos produits. C’est comme à la maison ! On trie les fruits selon leur degré de maturité », poursuit le Bruno Colin.


Enfin, l’enjeu est numérique pour la coopérative qui compte 15% de surface en bio et s’apprête à certifier sa prochaine récolte Haute valeur environnementale (HVE). La digitalisation permet en effet de gagner en réactivité dans la récolte et d’attendre la pleine maturité des fruits.



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Bon an, mal an, la crise sanitaire impacte peu la production de Végafruits davantage touchée par les aléas climatiques à l’instar d’un été 2020  particulièrement sec. La restauration hors domicile a fortement baissé tout comme l’activité des fabricants de tartes. Mais les distributeurs de produits surgelés ont vu leurs chiffres progresser tout comme la grande distribution.


C’est davantage l’activité de sa société sœur spécialisée dans la distribution de produits de terroir qui souffre. L’activité née de la reprise en 2017 de Clair de Lorraine emploie 75 personnes et compte onze boutiques dans le Grand Est. Elle a notamment développé sous sa marque Les Fous du terroir un important savoir-faire en matière de colis gourmands pour les comités d’entreprises, les cadeaux de société, etc.

 

vegafruitscolinQui est Bruno Colin ?

Ingénieur agronome de formation, fils et petit-fils d’agriculteurs, Bruno Colin s’est passionné très tôt pour la mirabelle, un produit devenu le symbole du terroir lorrain. L’homme a contribué à relancer cette production qui était quasi à l’abandon dans les années 1980. « Une poignée d’arboriculteurs est venue me demander si j’accepterai de gérer leur petite coopérative de mirabelles », raconte l’intéressé.
C’est ainsi qu’est née Végafruits en 1991, avec deux permanents. Plutôt que son parcours personnel, le directeur préfère mettre en avant le travail des 200 arboriculteurs membres de la coopérative. « Moi qui suis fan de rugby, j’apprécie cette organisation collective, par groupe de travail, ça aide énormément ! »

 

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