Installé à Aloxe-Corton dans la Côte de Beaune, ce viticulteur entré dans le métier par passion fait des vins de garde qui se vendent presque tout seuls. Heureusement, en cette période de crise sanitaire qui voit ses importateurs et distributeurs pointés aux abonnés absents, alors que d’habitude, au moment de la vente des Hospices de Beaune qui a lieu ce week-end, sa cave fait le plein pour des dégustations.

 

Franck Follin-Arbelet vous montre avec plaisir son royaume : la vaste maison familiale  d’Aloxe-Corton, bordée d’un petit parc aux arbres centenaires et voisine du château aux tuiles vernissées Corton André du 19ème siècle.
D’entrée, le vigneron vous invite à passer sous terre, là où ce passionné de la dive bouteille occupe une bonne partie de son temps. Trois magnifiques caves voûtées accueillent en fûts bourguignons de 228 litres les deux derniers millésimes.

 

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« J’ai ici un outil de travail extraordinaire pour faire du bon vin, vous voulez bien le goûter ? » On s’exécute sans rechigner malgré l’heure assez matinale pour un journaliste. Son domaine de 4,3 hectares produit en rouge comme en blanc des aloxe-corton, des pernand-vergelesses, et des corton-charlemagne (*), à hauteur les bonnes années de 25.000 cols. Les 2019 se goûtent vraiment bien, chacune des appellations révélant sa personnalité.

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Trois magnifiques caves voûtées permettent un élévage des vins dans des conditions optimales. © Traces Ecrites


« Je laisse agir la nature, le processus s’opérer, sans technologie, ma seule particularité étant que je ne filtre aucun de mes vins », explique Franck Follin-Arbelet. On tombe sous le charme de ses cortons grands crus qui s’arrachent, notamment dans les grands hôtels.

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Le domain Follin-Arbelet, de 4,3 hectares, produit des aloxe-corton, des pernand-vergelesses, et des corton-charlemagne .© Traces Ecrites


Sa société de commercialisation (autour des 800.000 € de chiffre d’affaires) vend principalement à l’international (80%) : Etats-Unis, Grande Bretagne, mais aussi au Japon - grâce à un de ses fils qui travaille avec lui et parle japonais couramment -, en Russie, Ukraine, Suisse…, la liste s’égrène à l’envi. Alors, le viticulteur rêve de pouvoir s’étendre, non en achetant des vignes de corton rouge, hors de prix, mais en les louant.

A ses yeux, le prix du foncier viticole qui flambe de plus en plus pénalise fortement les jeunes qui souhaitent s’installer et rend problématique les successions. L’autre gros souci qu’évoque Franck Follin-Arbelet tient au réchauffement climatique qui, s’il a quelques effets bénéfices sur les vignes septentrionnales, fait quand même souffrir, voire mourir, le matériel végétal.

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Frank Follin-Arbelet est né il y a 62 ans au Maroc d’un père militaire. Il est l’aîné d’une fratrie de trois enfants (**) et après moult déménagements (îimes, Verdun…), il poursuit des études de géologue et géophysicien à Montpellier. Il exercera ce métier pendant deux années à Chalon-sur-Saône dans une société de génie civil.

Mais là n’était pas sa vocation qu’il a découverte très jeune au pied des ceps, à tailler, rogner, palisser, effeuiller.... « De 14 à 24 ans, je venais souvent ici dans cette maison de vacances et je travaillais à presque à chaque fois au domaine Latour, le régisseur m’aimant bien. » La bascule s’opère définitivement lorsqu’il décide de travailler avec son beau-père, André Masson, ancien régisseur des Hospices de Beaune, qui avait des vignes sur Aloxe-Corton.

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Les bonnes années, le domaine viticole Follin-Arbelet produit jusqu'à 25.000 bouteilles. © Traces Ecrites


Entre-temps, une année d’étude au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) de Beaune, puis de labeur d’ouvrier viticole, achèvent de le former. Une trentaine d’années plus tard, on sent chez lui la même passion pour la vigne et le vin.
Heureusement, car Frank Follin-Arbelet n’aime pas le commercial. Voyageant peu, refusant de participer à des salons, à l’exception d’une semaine londonnienne, le vigneron a une grande chance qu’il provoque à chaque millésime : ses vins se vendent presque tout seuls, assure t-il.

(*) Aloxe-corton village rouge, blanc, 1er cru des Chapitres et les Vercots ; pernand-vergelesses blanc, 1er cru Caradeux et les Fichots ; corton-charlemagne grand cru rouge et blanc.
(**) Stéphane Follin-Arbelet, son frère cadet, également dans le vin, dirige les châteaux de Meursault et de Marsannay-la-Côte, en Côte-d'Or.

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En fond du parc aux arbres centenaires de Franck Follin-Arbelet, le château Corton André, nappé de brouillard. © Traces Ecrites

 

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