BANQUE/Bourgogne Franche-Comté. L’établissement financier mutualiste veut accompagner tous les redressements judiciaires et sauvegardes de Bourgogne Franche-Comté.

Un marché de niche peu exploité en région mais estimé rentable et sans risque vraiment majeur.

La Banque Populaire travaillera en tandem avec les administrateurs judiciaires pour augmenter les chances de survie des entreprises en difficulté.

 

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Préserver les chances d’une entreprise sur deux engagée dans un règlement judiciaire ou bénéficiaire d’une sauvegarde ! L’initiative a de quoi surprendre car elle n’émane ni d’un mécène et encore moins d’un philanthrope, mais d’une banque généraliste : la Banque Populaire de Bourgogne Franche-Comté.

 

L’établissement coopératif, qui revendique 85.000 entreprises clientes, soit trois sur cinq sur son territoire, avec 20% de parts de marché en distribution de crédit, vient de créer à Dijon une agence baptisée "BFC Accompagnement", spécialement dédiée à l’accompagnement des procédures collectives. Et ce, dès le prononcé du jugement.

 

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« Sur environ 1.000 redressements judiciaires chaque année en Bourgogne Franche-Comté, nous savons que la moitié n’ira pas au bout, mais que l’autre peut en sortir à la condition d’un accompagnement immédiat dès la période d’observation et d’un suivi durant tout le plan de continuation », indique Bruno Duchesne, le directeur général de la banque qui réalise 365 millions d’€ de chiffre d’affaires, avec un résultat de 72 millions et emploie 1850 collaborateurs.

 

Un tandem avec l’administrateur judiciaire

 

L’offre se veut complète et intègre déjà l’ouverture d’un compte courant comme la mise en place de moyens de paiement adaptés. « Ce sera par exemple, la délivrance d’une carte de retrait jusqu’à 300 euros pour les collaborateurs d’une entreprise qui, sur un chantier, ont un besoin urgent d’acheter du petit matériel », décrit Claude Nicpon, le directeur des engagements et responsable de BFC Accompagnement.

 

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Bruno Duchesne (à droite), directeur général de la Banque Populaire de Bourgogne Franche-Comté et Claude Nicpon, responsable des engagements et de BFC Accompagnement. ©Traces Ecrites.

 

La banque ne résiliera pas non plus les contrats de gestion des encaissements par un terminal de paiement et elle financera le cycle d’exploitation par affacturage, escompte, Dailly ou encore avance sur stock, ainsi que l’investissement productif par crédit-bail, voire crédit plus classique avec l’accord de l’administrateur judiciaire.

 

Car, rien ne se fera sans les cinq cabinets spécialisés qui officient dans la région. « Nous les avons tous rencontrés longuement et formerons un tandem aux côtés de l’entreprise », souligne le directeur des engagements.

 

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Philippe Jeannerot, administrateur judiciaire à Besançon confirme : « j’applaudis des deux mains cette initiative, car les grands réseaux bancaires ne comprennent pas, faute de proximité, que financer une entreprise en difficulté n’est pas forcément aggraver son propre risque. »

 

Pas d’altruisme

 

C’est même aux yeux du management de la Banque Populaire régionale une activité jugée « rentable ». « Avec toutes les garanties solides que nous pouvons prendre, cela se révèle parfois moins compliqué que financer une reprise ou une création », confesse Bruno Duchesne.

 

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©Traces Ecrites.

 

Le dirigeant assure en outre vouloir appliquer, contrairement aux quelques spécialistes nationaux du genre, une grille tarifaire standard à toutes les banques pour les agios et autres commissions. Pas question donc de se payer sur la bête.

 

Une question quand même taraude : pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? « Il nous fallait trouver une bonne équipe, composée de trois personnes actuellement et sans doute dix à terme, structurer notre offre et bien appréhender ce marché dont nous ouvrons la voie dans la région », justifie Claude Nicpon.

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