En ce mois de janvier, le projet de loi anti-gaspillage qui prévoit d'interdire la destruction des invendus d’ici à 2021, suit son cours législatif. En dehors des responsabilités environnementales qu’elle induit, la future loi donne toute sa place à des associations comme la strasbourgeoise La Banque de l’Objet qui collecte des produits non alimentaires neufs pour les publics en situation de précarité.


Grâce à la Banque de l’Objet, les entreprises alsaciennes peuvent participer à une démarche solidaire et écologique. Cette association récupère tout type de produits non-alimentaires utiles au quotidien tels les produits d'hygiène et d'entretien, les vêtements, chaussures, articles de loisirs/bricolage et des articles pour l’aménagement intérieur comme les meubles, la vaisselle, les objets de décoration, etc.
À condition qu’ils soient neufs ou faiblement usagés. Puis elle les redistribue aux associations locales à caractère social. Aujourd’hui, pour les entreprises donatrices, c’est une manière de s’engager dans la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), mais bientôt cette démarche leur permettra aussi de respecter la loi.

 

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En effet, dans le cadre du projet de loi sur l’économie circulaire pour lutter contre le gaspillage, adopté en première lecture par l'Assemblée nationale le 20 décembre 2019 et examiné en ce mois de janvier en commission mixte paritaire, toutes les sociétés devront trouver une solution pour éviter l’élimination de leurs invendus. Les producteurs, importateurs ou distributeurs de produits non alimentaires devront réemployer, réutiliser ou recycler leurs invendus. 

Si le calendrier législatif se passe sans encombre, la mesure pourrait entrer en vigueur au plus tard le 31 décembre 2021 pour les produits couverts par un régime REP (responsabilité élargie du producteur) c’est-à-dire lorsque le producteur doit assurer la gestion financière des déchets issus de ses produits, et au plus tard le 31 décembre 2023 pour les autres cas.

Avantages fiscaux et Responsabilité Sociétale des Entreprises 

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Avec la future loi anti-gaspillage, les producteurs, importateurs ou distributeurs de produits non alimentaires devront réemployer, réutiliser ou recycler leurs invendus à condition qu'ils soient neufs ou peu usagés.© Julie Giorgi

Chaque année, 630 millions d’€ d’articles neufs sont détruits en France, selon une étude menée en 2014 par l’Agence du don en nature et financée par l’Ademe. Il s’agit pour beaucoup de vêtements qui présentent des défauts de fabrication, d’objets électroniques ou d’équipements dont la notice a été mal traduite ou de produits de loisirs qui ont un défaut d’emballage… « Parfois, l’entreprise préfère détruire des articles car trier prend du temps. C’est à nous de sensibiliser pour convaincre de ne pas jeter », souligne Agnès Sadowska, déléguée générale de la Banque de l’Objet.
Depuis sa création en 2014, l’association a collecté environ 150 tonnes d’objets divers et enregistre un taux de réemploi de 80%. Elle emploie 5 personnes dont 3,5 équivalent temps plein, travaille avec une cinquantaine d’associations à caractère social, s’appuie sur un réseau de bénévoles et une vingtaine de donateurs réguliers (surtout des entreprises du Bas-Rhin).
Les enseignes de la grande distribution font des dons réguliers (Auchan, Leclerc, Super U), de même que des hôtels, des établissements publics comme l’Université de Strasbourg et des entreprises, par exemple le Crédit Mutuel, ou les industries pharmaceutiques Millipore, Lilly, etc.

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En faisant un don à la Banque de l’Objet, une entreprise peut bénéficier d’avantages fiscaux : une réduction d’impôt de 60% du prix de revient des objets donnés dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires hors taxes. Elle peut également s’impliquer en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). « L’enjeu est triple : au niveau environnemental, le don d’objets évite leur destruction par incinération et donc la pollution et le gaspillage énergétique qui en découlent, au niveau financier, de réaliser des économies en évitant les coûts de destruction et au niveau social, de permettre à des personnes en situation de précarité matérielle et économique d’accéder à des biens neufs. Tout le monde y gagne », affirme Agnès Sadowska. 

Car, rappelle la présidente, « malgré les apparences », l’Alsace enregistre un grand nombre de personnes en situation de précarité. À Strasbourg, entre 20 et 25% de la population. La Banque de l’Objet a donc vocation plus que jamais à poursuivre son développement. Elle souhaiterait maintenant élargir ses actions hors de Strasbourg.

Pour contacter la Banque de l’Objet :  03.88.44.19.45 -  contact@banquedelobjet.fr

4 commentaire(s) pour cet article
  1. Banque de l'Objetdit :

    Bonjour, Pour connaître les acteurs du réemploi dans la région Auvergne Rhône Alpes, nous vous invitons à vous rapprocher de la CRESS AURA (Chambre Régionale de l'Economie Sociale et Solidaire): http://www.cress-aura.org Ils pourront vous indiquer s'il existe une association équivalente à la Banque de l'Objet dans votre région. Pour la région grenobloise, il existe un guide qui répertorie les différents acteurs du réemploi : http://www.moinsjeter.fr/sites/default/files/mini-annuaire-reemploi_livret.pdf Merci pour vos encouragements ! La Banque de l'Objet

  2. RAPHAELLE Gdit :

    Bonjour, Savez-vous s'il existe le même type d'associations en région AURA ? Votre idée est vraiment super !

  3. Isabelle BROSSEdit :

    Ceci nous fait surtout réfléchir sur nos modes de production et de consommation !!

  4. LAURENT M.dit :

    Bravo pour cet article qui met en avant ces initiatives de bons sens et cette future loi toute aussi vertueuse ! J'ai personnellement déjà assisté à des destructions de matériels (outillage en parfait état)... Je trouve cela insoutenable lorsque l'on sait ce que représente la valeur d'usage de ces objets et les ressources environnementales qu'ils nécessitent pour leur fabrication... Voilà une bonne nouvelle, et ça fait du bien !

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