L’entreprise alsacienne qui a lancé les maisons Booa, maisons individuelles à ossature bois pré-industrialisées, vise désormais le marché du tertiaire et de l’habitat collectif. Bertrand Burger y consacre 3,5 millions d’€ en R&D. Il étudie un agrandissement de l’une de ses unités de production estimé à 5 millions d’€.
Burger et Cie, basé à Lièpvre dans le Haut-Rhin, fait un pas de plus vers l’industrialisation de la construction. Fort du succès des maisons individuelles Booa, lancées en 2011, dont le chiffre d’affaires de 30 millions d’€ 10 ans plus tard représente près du tiers du total, le groupe regarde vers le futur et cherche à élargir ses marchés.
« On ne peut pas se limiter à la maison individuelle. On estime que les constructions vont devoir gagner de la hauteur et intégrer de nouveaux systèmes de fabrication pour répondre aux contraintes environnementales et aux demandes de logements », annonce Bertrand Burger, le président du conseil de surveillance du groupe.
Aussi, depuis deux ans, Burger et Cie a investi en R&D et en outillage industriel pour concevoir des modules alliant bois et métal et équipés de tout le second œuvre dès la phase de production. Seules les préparations du sol et les finitions (par exemple le revêtement de sol suite à l’assemblage de deux modules intermédiaires) sont réalisées sur le chantier.

« Alors que pour les maisons Booa, nous sommes sur une construction en deux dimensions, là nous évoluons vers du tridimensionnel. Nous allons plus loin en termes de procédé de fabrication », explique Bertrand Burger. Les modules seront standardisés pour répondre aux contraintes de transport (ils doivent tenir sur un camion) et pourront être assemblés comme des briques jusqu’à trois étages.
Le groupe estime avoir encore besoin d’une année pour mettre au point tout le process avant de passer à la phase industrielle. Pour ce projet, il a consacré une enveloppe de 3,5 millions d’€ en R&D, aidé par la Région Grand Est, et en a dépensé les deux tiers pour le moment.
Un projet d’agrandissement du site de Châtenois (Bas-Rhin) où une seconde usine a été implantée en 2019, est également à l’étude. Car pour mener à bien ce projet de constructions modulaires, le site devra passer de 10.000 à 15.000 m2, moyennant un investissement d’environ 5 millions d’€.
Un développement national avec l’implantation d’usines

Le groupe haut-rhinois a déjà commercialisé des prototypes de cette nouvelle gamme de constructions. Des bureaux sur trois étages ont été livrés en 2021 à Wettolsheim près de Colmar. Un projet de 80 modules est en cours dans la même zone d’activité. Un autre, cette fois d’habitat collectif d’environ 200 modules pour une trentaine de logements est mené à Sélestat, dans le quartier de la gare. Le permis de construire a été déposé.
Quand la phase industrielle sera lancée, Burger et Cie vise à produire un millier de logements par an. Bertrand Burger ne s’est pas encore fixé d’objectif en termes de chiffre d’affaires, mais il sait que les besoins du marché sont importants, surtout dans le domaine de l’habitat collectif. « De plus, si nous avons accès au marché du logement social, les besoins sont énormes, surtout en région parisienne », observe t-il.
Dans un premier temps, l’entreprise vise le marché régional. Le développement au national viendra dans un second temps, et supposera l’implantation de plusieurs unités de fabrication pour ne pas encombrer les routes de camions. La sixième génération aux commandes de l’entreprise, Lou et Paul Burger, aura la charge de pérenniser ce développement.
Burger et Cie qui compte désormais deux usines en Alsace, l'historique à Lièpvre et une récente à Châtenois, emploie 330 salariés et a réalisé en 2021 un chiffre d’affaires de 101 millions d’€. Cette année, le groupe vise les 130 millions d’€. Une croissance qui s’annonce encore dynamique pour les années à venir.


































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