Le fabricant centenaire d’équipements de fournils, qui se revendique leader de sa spécialité en France, a investi 3,7 millions d'euros dans une nouvelle machine de découpe laser sur son site de Holtzheim (Bas-Rhin). Il a également augmenté ses stocks de tôles et de composants électroniques afin de garantir sa hausse d’activité et ses délais de livraison.
Leader en France dans l’équipement du fournil, Bongard connaît une croissance d’activité de 20% depuis 2019. « Le marché est dynamique car les boulangeries, surtout depuis la période Covid, sont devenues des lieux de vie, souvent ouverts de 6h à 20h. Et beaucoup d’entre elles ont fait évoluer leur offre vers du snacking », explique Benoît Sevin, le directeur général de l’entreprise. Dès lors, celle-ci a également fait évoluer sa gamme vers des fours mixtes : pour la cuisson du pain et pour réchauffer des plats traiteurs.
Bongard, qui fête ses 100 ans cette année, emploie 230 salariés sur le site d’Holtzheim en périphérie de Strasbourg (Bas-Rhin) et 480 salariés au total. La société réalise un chiffre d’affaires annuel de 76 millions d’€. Les fours, qui représentent la moitié de ce montant, sont produits sur le site alsacien, tandis que deux autres en France élaborent les chambres de fermentation et de conservation. Enfin, une usine en Italie fabrique les pétrins.
L’entreprise, qui appartient au groupe italien Ali depuis 2008, est également présente à l’international : elle exporte 45% de son chiffre d’affaires. Si les ventes dans certains pays ont connu un arrêt brutal comme en Ukraine, elles se maintiennent en Afrique, se développent en Amérique latine et pourraient se développer bientôt en Asie.
« Avant le Covid, on avait senti un frémissement sur ce marché qui a bien sûr été stoppé par la crise sanitaire. Mais le mois dernier, un de nos distributeurs a participé à un salon en Chine et les retours ont été très positifs. Nous savons que cette zone peut démarrer du jour au lendemain », observe le dirigeant.
L’usine d’Holtzheim tourne déjà à plein régime, surtout dans l’atelier tôlerie où trois équipes se relaient 24h/24. Pour maintenir ce niveau d’activité et anticiper la croissance, Bongard vient d’investir 2,5 millions d’€ dans une nouvelle machine de découpe laser qui sera équipée de neuf chargeurs de tôle. Installée fin octobre et opérationnelle en février prochain, elle viendra remplacer deux machines de découpe laser de 20 ans d’âge. Plus rapide, elle générera une hausse de capacité de production de 30% et un équipement automatisé permettra de dégrapper les tôles découpées, et donc de supprimer un poste manuel à fort risque de troubles musculo-squelettiques. Des travaux ont été nécessaires pour accueillir la machine, car les neuf chargeurs affichent une capacité de 180 tonnes chacun. Au total, l’investissement s’élève à 3,7 millions d’€.
Une augmentation des stocks de 35%

La grande capacité de stockage de la nouvelle machine va libérer des espaces. Des stocks qui étaient externalisés vont pouvoir, ainsi, intégrer un bâtiment attenant à l’atelier tôlerie qui servait de stockage des plaques d’inox et d’acier. « Ces flux externes et internes étaient un cauchemar à gérer au quotidien », avoue Benoît Sevin. Désormais, ils seront réduits et simplifiés au sein de l’usine. Dégager de la place pour cette usine de 22 000 m2 qui ne dispose pas d’une grande réserve foncière était fondamental en cette période où les stocks sont devenus un enjeu.
En plus des tôles d’inox et d’acier, l’entreprise a également fait des réserves de composants électroniques. Surtout depuis l’automne 2021, lorsque l’approvisionnement a été très tendu. « Nous avons même dû redesigner des cartes électroniques pour faire face à la rupture de tel ou tel composant », se souvient le directeur général. Ainsi depuis deux ans, Bongard a augmenté ses stocks de 35%. Elle poursuit cette politique aujourd’hui, afin de se préparer à d’éventuels arrêts de production de certains fournisseurs en raison de la crise énergétique. Car elle souhaite continuer à garantir un délai de livraison de ses produits de trois semaines. « Mais nous avons la chance d’avoir la trésorerie nécessaire pour constituer ces stocks », souligne Benoît Sevin.
L’augmentation des tarifs de l’énergie n'effraie pas le dirigeant pour ce qui concerne l'usine alsacienne. Benoît Sevin pense plutôt à ses clients boulangers, qui y trouvent un véritable sujet d’inquiétude. « Cela fait des années que nous travaillons à la performance énergétique de nos équipements. Nos fours sont mieux isolés, les déperditions de chaleur ont été réduites, la cuisson peut être programmée et modulée suivant les étages, etc. » Les performances énergétiques sont devenues un argument de vente important, surtout en ces temps de crise.
























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