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L’usine chimique PPC (Potasse et Produits Chimiques) à Thann (Haut-Rhin) a mis en place 17 mesures qui ont procuré 200 000 € de gains, le double de leur investissement. ©PPC.

 

ENERGIE/ALSACE. Dernière-née des certifications, l’ISO 50 001 sur l’énergie commence à creuser son trou en Alsace.

Vingt-six entreprises de la région l’ont décrochée ou sont engagées dans son processus, selon le décompte de l’Afnor et de l’Ademe.

 

Le pionnier fut l’usine PSA de Mulhouse en 2012, elle-même se plaçant dans le sillage de son homologue de Sochaux, première entreprise en France à avoir obtenu, l’année précédente, la norme ISO 50 001 qui vise la performance énergétique.

 

Depuis, des filiales de groupes implantées en Alsace : les lampes Osram, l’équipementier pharmaceutique Merck-Millipore, le papetier DS Smith Kaysersberg, l’aluminier Constellium, le chocolatier Mondelez…, mais aussi des PME lui ont emboîté le pas. Le cercle s’est même élargi au secteur public, grâce à la Ville d’Illkirch (Bas-Rhin) et à l’Université de Haute-Alsace.

 

Cette dernière a d’ailleurs bénéficié d’un mécénat de compétences de PSA Mulhouse dans l’accompagnement de sa certification. Des entreprises du tertiaire manifestent également leur intérêt : « l’Iso 50001 n’est pas que l’affaire des sites industriels énergivores », souligne Florence Huc, chargée du dossier à l’Ademe Alsace.

 

Une démarche collective de préparation à la certification initiée par l’Afnor (association française de normalisation), l’Ademe Alsace (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et la CCI Alsace a été largement privilégiée.

 

« Vingt-trois entreprises se sont engagées par cette voie, en deux vagues, en décembre 2013 (pour des certifications décrochées à partir de juin suivant), puis en décembre 2014 », relate Pascal Thomas, délégué régional Est (Alsace-Lorraine-Bourgogne) de l’Afnor. Un nouveau groupe pourrait être constitué en fin d’année.

 

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Retour sur investissement inférieur à 2 ans

 

La formule collective semble idéale pour retirer d’un collègue les enseignements pour soi-même en matière de motivation du personnel, de planification des actions, de choix des priorités… Tous les participants au colloque régional Iso 50 001 à Mulhouse (Haut-Rhin) le 10 février dernier s’en sont félicités. Signe que le sujet attire malgré son âpreté : la manifestation a fait le plein des 160 places de l’amphithéâtre de l’Université de Haute-Alsace qui l’accueillait.

 

Il faut dire que la certification Iso 50 001 peut s’avérer assez vite « rentable ». « Sept actions sur dix ont un temps de retour sur investissement inférieur à deux ans », observe le cabinet Utilities Performance sur la base des six entreprises alsaciennes qu’il a suivies au titre de la démarche collective. « Au total, ces actions leur procurent 17 %  d’économies d’énergie, dont 8 % » dès la première année », poursuit-il. 

 

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Pascal Thomas (Afnor) et Florence Huc (Ademe), les deux chevilles ouvrières de la certification Iso 50 001 en Alsace. ©Christian Robischon.

 

La certification donne lieu à des bonifications de CEE (certificats d’économies d’énergie) récemment revus à la hausse, ce qui constitue un facteur d’attraction évident. La réalisation du diagnostic initial et l’organisation interne à monter pour motiver tout le personnel restent les points de difficulté pointés par Utilities Performance.

 

La communication efficace auprès du personnel, l’usine chimique PPC (Potasse et Produits Chimiques) à Thann (Haut-Rhin) semble l’avoir bien atteinte. 

 

Le vieux site bicentenaire d’un peu plus de  200 salariés a accompagné sa démarche de certification par la construction d’un système d’indicateurs d’alerte – en clair, les dépassements de niveaux normaux de consommation – qui permet de remonter jusqu’à la cause.

 

Il a organisé une série d’ateliers de type Kaizen afin d’impliquer les collaborateurs, en suscitant notamment des « suggestions énergie ». L’usine a effectué en parallèle un travail complexe de détermination des consommations de référence des différentes énergies.

 

Sur ces bases, PPC a établi un plan de 100 actions représentant 2,1 millions d’€ d’investissements cumulés. Leur hiérarchisation en fonction du retour sur investissement et du gain unitaire s’avère très efficace. « Les 17 mesures sélectionnées comme prioritaires ont procuré 200 000 € de gains, le double de leur investissement », assure Sandra Bonnet, responsable qualité.

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