AUTOMOBILE. Ce sont finalement deux nouveaux véhicules dont l’usine PSA de Mulhouse (Haut-Rhin) lancera la production cette année.

De quoi conforter l’ancrage dans le dispositif industriel du constructeur du site alsacien, qui fêtera son cinquantenaire en 2012, pendant que son voisin de Sochaux célébrera ses cent ans.

En attendant, il lui faudra gérer la baisse des 206+ et 308. Il le fera par le non-renouvellement de près de la moitié des contrats d’intérim.

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L’annonce du choix de Mulhouse comme site de montage de la 208 était connue depuis plusieurs mois. Le début de sa production en série est programmée pour juin.

Le dernier comité d’établissement de 2011 a pris connaissance d’une autre bonne nouvelle : le lancement fin 2012 d’une seconde nouveauté Peugeot, un modèle "volumique", sans doute un petit cross-over urbain.

Avec la nouvelle C4 et la DS4 démarrées respectivement en 2010 et 2011, ce sont donc quatre modèles en début de vie qui se cumuleront dans le site mulhousien, un privilège exceptionnel au sein du groupe.

«Quatre modèles signifient la garantie d’une grande flexibilité, de la capacité à répondre à la variation de la demande commerciale, sur les segments B et C qui sont le cœur du marché européen», commente avec satisfaction Jean Mouro, le directeur de l’usine.

Les deux nouvelles Peugeot s’assembleront sur les lignes du "système 2 ". Celles-ci retrouveront ainsi un nouveau souffle. Aujourd’hui, elles montent les 308 et 206+ qui ont entamé la seconde partie de leur carrière.

Entre heures supplémentaires surtout concentrées sur le "système 1" dédié aux deux Citroën, et le chômage partiel de fin d’année, le site a augmenté sa production de 8 % en 2011 par rapport à 2010, pour la porter à 317 000 véhicules.

La conséquence de la baisse de demande des 206+ et 308 ne s’est pas faite attendre : le "système 2" passera de deux à une seule équipe, le 3 mars prochain.

550 CDI reclassés en interne

Comme à l’accoutumée, par ricochet, c’est le travail temporaire qui en subira l’impact : 600 intérimaires ne verront pas leur contrat renouvelé à l’échéance de leur mission dans les prochains mois, avec un flux principal concerné début mars.

Ces personnes devront faire place nette pour les 550 CDI de l’équipe arrêtée, qui se reclasseront toutes dans d’autres secteurs de l’usine.

Les effectifs intérimaires fondront ainsi de près de moitié par rapport aux 1 400 actuels. Mais ils remonteront début 2013, lorsque sera reconstituée, sauf coup de théâtre, une équipe pour la montée en puissance des deux nouvelles Peugeot.

Côté effectifs permanents, leur nombre se situe à 8 500. En 2012, la contribution de Mulhouse au plan Varin de diminution des effectifs se chiffre à 123 CDI.

La perspective n’inquiète pas outre mesure Jean Mouro… pas plus que Patrick Schorr, le responsable de la section Force ouvrière. «Des diminutions, on en a déjà géré ces dernières années et du même ordre de grandeur», souligne le syndicaliste.

En 2011, elles ont été de 80 permanents en « net », entre départs et embauches. Patrick Schorr voit dans les annonces du dernier CE «plus de positif que de négatif. Elles vont remplir le carnet de commandes du site».

Ton bien différent, on s’en doutait, à la CGT. Son délégué Julien Wostyn prédit la «détérioration des conditions de travail du fait des suppressions de postes. Car ceux qui restent ont du boulot par-dessus la tête», estime-t-il.

Crédit photos: PSA Peugeot Citroën

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